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Citation de JacquesBonhomme


On était à la fin de l’automne. En conséquence, pour moquer le mesquin tour de rôle des saisons, symbole de l’unité successive des maris selon le préjugé, elle n’imagina rien de mieux que de gonfler quand même la pulpe ridée des raisins feus, et de donner, sur la joue du palais impérial, un simulacre de vendanges en l’honneur de son mariage de ce jour-là et de Bacchus, pupille de Priape.

Au milieu d’ormeaux en caisses, arqués sous les grappes ensachées, et de la danse et du chant d’esclaves maquillées en Bacchantes, au gémissement, jusqu’au sang, des pressoirs et au bouillonnement des cuves, le couple nuptial, en déshabillé de peaux de boucs et Messaline cheveux épars et secouant un thyrse, sentit l’encens du vin baiser ses cothurnes, puis enfumer sa tête jusqu’à ce que tout prît pour eux l’allure désordonnée d’une ronde, comme les dieux se réjouissent au tournoiement des soleils.

Et cette gyration d’hommes, plus confuse que l’écrasement des raisins, c’était le monde de tous les anciens amants de la nouvelle mariée, depuis Mnester en Pan, vêtu d’une peau de loup, jusqu’au prostitué Césoninus, en Bacchus couronné, imberbe, coiffé d’une calotte de lierre, et de qui Messaline avait jadis voulu se prouver le mâle...

Tous, sauf leur doyen, Narcisse, qui s’était abstenu par une jalousie tardive et subite, l’acte nuptial seulement alors apparu réel, parce qu’écrit, à sa nature de secrétaire.
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