Par Couperine, le 02/07/2011
Alain Fondary, la voix du souffleur de
Patrick Alliotte
Rolande s'éteint le 22 novembre 1974. Les médecins lui avaient donné un an, son calvaire aura duré un an pile. Elle sera enterrée dans sa jolie robe bleue. On sait l'attachement qu'avait Alain pour ses parents. La disparition de sa mère symbolise pour lui la fin de la verrerie Fondary.
Nounours et Biquette décident alors de vendre l'entreprise et vont s'installer en Normandie dans la maison de Connelles. Mais Alain, pour qui tout dans cette demeure évoque le souvenir de son père, va progressivement glisser dans une déprime insidieuse et se laisser aller, traînant toute la journée en pyjama, annulant ses engagements, cependant que Michèle, pour faire bouillir la marmite, réalise de petits objets en verre ainsi qu'elle a appris à le faire en observant. Pendant une année, Alain va déserter la scène lyrique. Mais à l'approche d'une échéance importante, et avec l'aide de son épouse, il va trouver la force de se ressaisir. C'est à Issy-les-Moulineaux qu'il doit chanter Escamillo pour la première fois, à l'âge de quarante-trois ans. Il était temps ! Alain ne court plus régulièrement et son bon coup de fourchette gratifie maintenant sa silhouette d'un bel embonpoint. De plus, son crâne n'a de cesse de se dégarnir et ses cheveux blonds sont à présent clairsemés. Mais parlons plutôt « psychologie du rôle ».
Alain, jusque-là, s'est posé peu de questions sur le sujet, considérant ces couplets comme les fanfaronnades d'un « m'as-tu-vu » venu expliquer à des Espagnols ce qu'est une corrida.
Y'a de quoi s'taper le cul par terre !
Ce protagoniste assez mineur dans la nouvelle de Mérimée, reste, dans l'opéra de Georges Bizet, un écueil pour nombre de chanteurs. Si la plupart des barytons et des basses sont gênés par l'exigence de sa tessiture ainsi que par la couleur vocale requise, Escamillo convient parfaitement à Nounours, doté d'une voix « longue » et d'un timbre « sombre ». Cependant, après plusieurs Carmen, n'obtenant pas le succès escompté dans son air qu'il qualifie de « promenade de santé », Alain s'interroge sur la pertinence de son interprétation.
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