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Par nadejda, le 14/03/2012
Le train zéro de
Ûrij Bujda
... le train zéro est un mirage. Ouvre les yeux, Don. Allez, Don, regarde bien, fais un effort, mon vieux, c'est juste le vent qui court à travers la plaine sans fin, juste un vent qui souffle de la Russie, le pays des mirages, des enfants perdus, des mères et des pères égarés, le pays des amants morts, des traîtres et des fous, un vent qui vient de la Patrie, celle qui dévore ses propres enfants.
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Par nadejda, le 14/03/2012
Le train zéro de
Ûrij Bujda
Elle était toutes les femmes qu'il avait jamais possédées : elle était leur peau, leurs odeurs, leur tendresse, leur passion, leurs émois, leurs cris et leurs murmures, elle était leurs marais qui aspirent et leurs sommets où l'on suffoque, elle était la vie et la tombe. p 83
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Potemkine ou le troisième coeur de
Ûrij Bujda
Il n'y a pas moyen de s'en aller, pas moyen de rester non plus. Ce n'est pas un cul-de-sac, non, c'est un cerle vicieux, un labyrinthe dans lequel se cogne et se débat une conscience stupide qui tente de trouver une sortie là où il n'y a pas d'entrée...
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Le train zéro de
Ûrij Bujda
tout ce qui avait été entretenu pendant des dizaines d'années pour qu'à minuit pile, dans un sens ou dans l'autre, sans ralentir ni dans le tournant ni même sur le pont cliquetant et gémissant, fonce le train zéro - cent wagons aux portes bouclées à mort et plombées, deux locomotives à l'avant, deux à l'arrière - tchouk-tchouk...hou-ou ! Cent wagons. Lieu de départ, inconnu. Lieu de destination, secret. On tient sa langue. Votre boulot n'est pas sorcier : les voies doivent être en état. De là à là. Ric-rac. C'est ce qu'il avait dit le colonel qui, le premier soir, les avait rassemblés dans une pièce minuscule de l'un des baraquements.
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Le train zéro de
Ûrij Bujda
Ils jouaient. Ils fumaient. Ils gueulaient. Après minuit, ils allaient se coucher dans les baraquements, ou bien ils faisaient la queue pour les trois ou quatre femmes qui ouvraient leurs bras aux arrivants, de sacrées gonzesses, de vraies garces, vous pouvez me croire. Des hommes avec une barbe de trois jours, éreintés, qui concassaient tout ce qu'on leur donnait entre leurs machoires puissantes, et étreignaient avec la même énergie sauvage et indifférente leurs putains-du-rail, ces femmes qui sentaient l'oxyde de carbone, avec leurs mamelles de fonte, un rivet à la place du nombril, et une douille en acier à l'endroit crucial.
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Par nadejda, le 14/03/2012
Le train zéro de
Ûrij Bujda
Une cargaison. Parfois, la nuit, tandis qu'on chargeait le charbon sur les locomotives et qu'on faisait le plein d'eau, il se promenait le long du convoi, tendant l'oreille, écoutant attentivement, essayant de saisir ne fût-ce qu'un bruit venant des entrailles des wagons bouclés et plombés. Rien. Jamais. Les wagons étaient remplis de mutisme, de silence, de ténèbres. De mystère. Personne ne répondait à ses questions, s'ils se risquait à en poser. p 43
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Potemkine ou le troisième coeur de
Ûrij Bujda
Il existe sans doute une toute petite seconde pendant laquelle la honte, l'amour, la liberté, la vie et la mort se rejoignent en un seul et même point et se confondent quelque part, là-haut, en quelque chose de sombre et de joyeux, mais qui sait quand cela se produit, et ce que c'est que ce point... Qui sait ce qui attend le Minotaure derrière les portes du labyrinthe ? Il est libre de s'emparer de la liberté, mais après, la liberté prendra son dû, et il peut arriver n'importe quoi. Comme dit le poète : le premier pas est libre, mais nous sommes l'esclave du second.