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Critique de Erveine


Paolo-San est journaliste et vient de couvrir un sommet sur le climat. Paris vit une atmosphère quasi militarisée en novembre 2015 peu après les attentats. Il y a de belles figures auprès de lui, un jeune physicien, une femme, reporter chevronnée, un spécialiste des nuages du nom de Novelli et un homme de foi. Tous ces gens sont des acteurs de notre monde contemporain et pour autant, ils sont aussi, comme nous, spectateurs, emportés dans la marche du siècle qui ne laisse pas de les réunir ou de les secouer tour à tour comme emportés par un vent fou. Lorenza et Paolo traversent ensemble les turbulences d'une vie de couple bien qu'ils soient posés tous les deux, les pieds bien sur terre. Lorenza renonce à la difficulté de faire un enfant puisque rien ne marche de ces traitements de substitution et Paolo se voit exclu de la prise de décision. Néanmoins, c'est un couple qui marche bien en ce sens que sa construction affective reste inébranlable ; chacun vaquant à ses occupations tout en revenant au port, amarrés l'un à l'autre par un lien solide. On peut soupeser également les liens d'amitié ou de désillusion des uns envers les autres sans qu'il soit énoncé quelques exagérations et en cela le texte, qui est sain et réaliste, m'a entièrement séduite. de même qu'il n'est pas fait état comme souvent d'une quelconque culpabilité envers quiconque ne véhicule pas un esprit rigoureusement écologiste. Au contraire, la manière dont Paolo ressent les diverses inquiétudes quant à notre devenir témoigne du fait qu'il n'est qu'un personnage vulnérable, puisqu'il est confronté comme tout un chacun aux aléas de la vie et de la sienne propre. J'ai beaucoup aimé le personnage attachant de Novelli quand il dénonce le manque d'objectivité lorsque sa collègue a bénéficié d'une récompense alors que sa notation était bien inférieure à la sienne. J'ai aimé qu'il reste sur sa position envers et contre tous allant jusqu'à dire que nous nous accommodons d'un semblant de vérité pourvu qu'elle nous arrange et allant jusqu'à nier le réel. Une façon comme une autre finalement de contrer l'échéance possible de notre propre disparition en ne retenant que ce qu'il est de bon ton de voir et de penser. Novelli ne lui tiendra pas rigueur du reste, de ne l'avoir pas soutenu lorsqu'il s'est vu ostracisé du monde de la bien-pensance, mais nous sentons bien là que s'il en avait été autrement Paolo en aurait durement souffert.
Paolo-San, c'est ainsi que le nomme et le reconnaît Terumi Tanaka lors de la cérémonie de Nagasaki, la seule cérémonie qui par le fait de la présence de cet enfant rescapé donne un sens au livre qu'il va écrire sur l'explosion de la bombe atomique. Il ressort de toutes ces menaces passées ou à venir que c'est notre humanisme qui nous sauve, comme l'amitié et puisque nous sommes mortels j'aime à penser comme le suggère le narrateur à la fin du livre que ceux du passé nous accompagnent comme le spectre irradié d'une planète étoilée. Je remercie babelio pour cette belle découverte et le bruit du monde ainsi que l'auteur que je vais retrouver sans coup férir dans les nombres premiers par exemple.
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