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Critique de Zazette97



"Le Voyage dans le passé" est une nouvelle inédite - exhumée en 1976 et traduite en français en 2008 - de l'écrivain autrichien Stefan Zweig.

Après de brillantes études de chimie financées par de longues années de labeur, le jeune Louis entre au service du conseiller G., directeur de la grande usine de Francfort, dont il finit par devenir le secrétaire particulier.
Installé dans la maison du conseiller, le jeune homme ne se sent pas à sa place dans cet endroit qui le renvoie à son enfance servile et démunie. Il lui faudra faire la connaissance de l'épouse du conseiller pour que cette demeure lui devienne si familière qu'il n'aura plus envie de la quitter.
A l'annonce de son départ au Mexique pour deux ans, Louis prend conscience de son amour pour celle qu'il nommera sa "bien-aimée".
Forcés de vivre leur amour dans la clandestinité puis à distance, les deux amants connaîtront la guerre et avec elle, une séparation qui aboutira à des retrouvailles près de 9 ans plus tard...
Louis et sa bien-aimée retrouveront-ils cette flamme qui les liait autrefois ?

Il est des nouvelles qu'on apprécie pour ce qu'elles sont, des histoires courtes dont on sait qu'elles n'auraient pu être autrement.
Et puis il y en a d'autres comme "Le Voyage dans le passé" qui nous laissent cette impression frustrante de roman avorté, comme si quelqu'un avait arraché certaines pages pour les remplacer par un résumé de deux lignes.
J'ai eu le sentiment de lire en accéléré, au point qu'en tournant la dernière page je me suis dit "quoi, c'est tout?".
Je me suis demandée si au fond ce n'était pas là la volonté de l'auteur que de balayer la guerre d'un revers de plume pour nous faire ressentir à quel point cette période bien que grave apparaisse comme vide de sens pour les deux héros dès lors qu'ils sont séparés, comme si en plus de ne pas être présents l'un pour l'autre, ils s'absentaient de leur propre vie.
J'ajouterais que l'épouse du conseiller m'est apparue comme un personnage secondaire qui n'est d'ailleurs jamais nommé autrement que par la "bien-aimée" (alors qu'elle est bel et bien partie prenante dans cette histoire); le récit étant avant tout centré sur Louis dont on ne sait même pas si il s'inquiète pour elle durant la guerre...
Certes, il n'en reste pas moins que l'histoire se tient, que le style de Zweig est toujours aussi beau et précis pour ce qui est de décrire la palette de sentiments humains dans leurs moindres nuances.
Ici encore, il est question de passion intense mais contrariée - à croire que les héros de Zweig ont de l'amour une expérience qui n'est jamais à la hauteur de la puissance de leurs sentiments - et la fin ouverte de cette nouvelle laisse croire à une interrogation dont la réponse est laissée à la libre appréciation du lecteur : l'amour traverse-t-il le temps, les épreuves, la distance ?

Une nouvelle que j'ai aimée mais que j'aurais voulu un peu plus dense.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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