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Citation de wentworth23


Extrait de l'introduction

Dans son ouvrage devenu classique Klimageschichte der Neuzeit, Franz Mauelshagen a proposé, lors d'un remarquable passage de ce livre, une brève chronologie «millésimale», restée peu connue jusqu'à présent mais tout à fait intéressante, de la naissance précisément et des premiers développements de l'histoire du climat, à partir du XIXe siècle ; il s'agit de l'histoire ou de l'historiographie du climat concernant pour l'essentiel nos deux derniers millénaires et surtout le second depuis l'an mil. Ces développements initiaux d'un Savoir ad hoc s'individualisent chez Mauelshagen depuis les années 1820 jusqu'en 1985. Voici les millésimes en question :
1824 : «Le baron Ehrenheim explique l'effondrement des établissements viking(s) au Groenland par un rafraîchissement du climat régional à la fin du Moyen Âge et au cours de l'âge moderne.» Une telle appréciation fut maintes fois contestée, à tort ou à raison, mais il est hors de doute qu'elle correspond comme l'indique Mauelshagen à une étape de la pensée clio-météorologique.
1836-1637 : L'Helvète Louis Agassiz, après observation de moraines frontales extraordinairement éloignées des glaciers contemporains, conclut à l'existence de grands âges glaciaires antérieurement à la période historique.
1935 : «L'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) définit les trois décennies qui courent de 1901 à 1930 en tant que période climatique normale», laquelle sert et servira de base pour comparaison avec des phases trentenaires et autres ultérieures, définition qui se révélera précieuse pour toutes études sur le réchauffement du XXe siècle et des années suivantes. Notons incidemment que les observations, thermométriques et autres, dites de Paris Montsouris, sont très peu influencées par le réchauffement artificiel, d'origine urbaine, du moins jusque vers 1900.
1939 : François Matthes propose le concept de «little ice age». Cette période inclut la fin de l'ère pré-chrétienne et d'assez larges portions de nos deux premiers millénaires, y compris le XVIIe siècle. François Matthes connaissait bien les archives de la paroisse de Chamonix telles que les avait publiées et analysées pour les XVIe et XVIIe siècles l'ingénieur des Eaux et Forêts P. Mougin dans ses Études Glaciologiques à partir de 1910.
1955 : «Le professeur G. Utterström lance le débat sur les conséquences économiques des fluctuations du climat européen aux XVIe et XVIIe siècles dans la Scandinavian Economic History Review.» J'ai moi-même critiqué dans un article paru aux Annales ESC en 1959 les thèses de cet auteur Scandinave. Je voulais proposer à l'époque une sorte d'histoire «pure» du climat, détachée de l'événementiel historique proprement anthropique, et cela de façon à éviter les critiques à mon gré trop faciles de mes collègues historiens, eux-mêmes soucieux de purger la discipline historique de toutes incidences météorologiques, pourtant évidentes lors des grandes crises de subsistance et autres famines. Depuis, le dogmatisme de certains s'est beaucoup assoupli et j'ai maintenant tendance à rendre justice à l'audacieuse entreprise d'Utterström malgré telle ou telle divergence d'avec lui sur tel ou tel point, généralement mineur.
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