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Note moyenne 4.75 /5 (sur 4 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) le : 02/02/1943
Mort(e) le : 09/11/2015
Biographie :

Marc Richir est un philosophe d'origine belge, résidant depuis de nombreuses années en Provence, en France.

Phénoménologue, il est l’auteur d’une œuvre centrée sur l’expérience du sublime.

D'abord physicien de formation, il s’oriente rapidement vers la philosophie et plus précisément vers la phénoménologie, dont il est aujourd’hui l’un des principaux représentants.

Il interrompt à 22 ans la recherche en physique pour poursuivre en philosophie à l’Université libre de Bruxelles avant de rejoindre, trois ans plus tard, le FNRS (équivalent du CNRS français).

Durant sa première période d'activité philosophique, il participe à la création de la revue "Textures". À la fin des années quatre-vingt, il poursuit son engagement philosophique et critique en assurant la direction de la collection Krisis, chez l'éditeur Jérôme Millon.

Il y publie les traductions françaises d’importants textes de Patočka, Biswanger, Simondon, Condillac, Schelling, et d’importantes études philosophiques, comme celles d’Henri Maldiney.

Chez le même éditeur, il fait paraître "Phénomènes, Temps et Être" (1987), qui développe sa conception du phénomène comme "rien que phénomène" et "Variations sur le sublime et sur le soi" (2010), l’un de ses derniers livres.

Passionné de littérature, il a écrit de très beaux textes sur "Les Assises du monde chez Hermann Melville" (Hachette, 1996) ainsi qu’un "Essai sur l'intériorité", intitulé "Le Corps" (Hatier, 1995).

Marc Richir a également été professeur à l’Université libre de Bruxelles et chargé de cours à l’E.N.S de Fontenay.

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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
TREMAOUEZAN   04 avril 2017
Melville, les assises du monde de Marc Richir
La blancheur de la Baleine est ce au-delà de quoi personne ne peut aller. La limite de cette région interdite où l'affectivité retrouverait son innocence, se délivrerait de l'indicible souffrance, déjà condensée et marquée par le signe ou l'empreinte de la tyrannie. Blanc étincelant, dont la douceur n'est affreuse que parce qu'elle est, pour nous, d'une inconcevable et inimaginable INTENSITÉ. Mur blanc, avons-nous dit, infiniment proche de la mort (noire), mais différent d'elle, qui est la limite invisible ("le grand principe de la lumière") que doit franchir l'expérience VÉCUE du sublime, c'est-à-dire cette expérience à endurer par l'affectivité tout entière. Expérience dont on voit qu'elle est éprouvée comme IMPOSSIBLE, parce que SURHUMAINE, par Melville. Impossible fondation, car le coeur de la Baleine blanche est aussi insondable que le coeur des dieux, de Dieu. Dieu nous en protège ! semble nous dire Melville, comme il a protégé Ishmaël, le serviteur de Job. Car pour qui a vu cela, et en a été aveuglé, le bariolage chatoyant du monde ne fait que cacher son "charnier intérieur", n'est plus que sa "peau lépreuse", dissimulant, comme un gigantesque suaire blanc, la mort du monde, c'est-à-dire aussi la mort de Dieu et des dieux, et la reprise par l'Abîme.

("La blanche mort de Dieu", page 54)
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TREMAOUEZAN   27 mars 2017
Melville, les assises du monde de Marc Richir
Le Léviathan est (...) implicitement nommé dans la Genèse (I,21) comme les dragons (en hébreu : "tannînîm") ou monstres marins, au cinquième jour de la Création, dans le récit sacerdotal. Monstres marins primordiaux, qui ont à voir avec l'abîme (en hébreu : "tehôm"), proche parent de l'assyrien "Tiamat", "eau salée", qui, dans la mythologie mésopotamienne, constitue avec "Apsû" ("eau douce"), le couple primordial, générateur des dieux les plus anciens, dont Terre et Ciel. Contrairement à ce qu'une théologie bien-pensante a longtemps voulu faire accroire, il est des textes de la tradition juive* qui donnent à penser, aux origines du monde, à une lutte formidable entre le Créateur et la gigantesque puissance de l'Abîme (la masse des eaux), figurée, entre autres, par Léviathan, Géant originaire, à côté de Béhémoth ("la bête", terrestre, mais amphibie). Monstres que Iahvé avait eu à vaincre, et qui sont comme la trace sédimentée, dans la Bible, d'une cosmogonie plus archaïque où les Géants monstrueux auraient été pluriels. Et en effet, dans la mythologie babylonienne de la "glorification" de Marduk (roi des dieux), Tiamat est l'océan premier, féminin, qui, se révoltant contre les dieux d'en haut, leur envoie de terribles monstres, dont des léviathans féroces (assimilés à des dieux) : réaction de la "Mère-Abîme" contre le pouvoir de ces dieux qui tend à s'instituer, et que seul Marduk vaincra, fabriquant le monde en fendant en deux, comme un poisson, le cadavre de Tiamat, jetant par là les assises du ciel et de la terre visibles, et contenant les eaux salées à l'écart des eaux douces. Il y a donc, dans le récit biblique, comme une "mythologie tronquée", comme si tout y avait été repensé, à rebours, depuis Élohim, roi des dieux - tout comme Marduk, Élohim est accompagné d'une cour de dieux que le monothéisme postérieur pensa comme des "anges". Et l'on retrouve, dans le texte biblique, de nombreuses traces de ce polythéisme sous-jacent, bien au-delà de la lutte, abondamment illustrée, de l'unicité de Iahvé contre "l'idolâtrie" - trace elle aussi d'un polythéisme rémanent et sans cesse résurgent.

("Moby Dick : l'intrigue symbolique", pages 38-40)

*Isaïe, LI, 9-10 ; Job, XXVI, 10-13 ; Psaume LXXXIV, 13-17 ; Psaume LXXXIX
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Ravi   18 décembre 2016
La contingence du despote de Marc Richir
Nous sommes en train de changer d'époque, nous en voyons mourir une sans pouvoir imaginer d'aucune façon ce qui va suivre - sinon peut-être dans quelque vision infernale à la manière de Baudelaire. C'est que, globalement, a eu lieu et continue d'avoir lieu l'excroissance parasitaire du capitalisme, et du capitalisme financier , avec la complicité de la technologie comme instrument et comme fétiche. Excroissance qui est aussi expansion illimitée, bouchant l'une après l'autre les issues d'un "monde" devenant sans dehors, d'une bêtise à la mesure de sa croyance en sa supériorité. (p.8-9)
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