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Critiques de Valérie Haudiquet (2)
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Le droit des femmes à disposer de leur corps
  02 décembre 2015
Le droit des femmes à disposer de leur corps de Valérie Haudiquet
Contre les oppositions réactionnaires, religieuses, natalistes ou marchandes, le droit des femmes à disposer de leur corps



Outre un mot d’accueil d’Hélène Bidard et une introduction « Nous sommes à un tournant » de Maya Surduts, les textes du colloque organisé le 27 septembre 2014 sont regroupés en deux parties :



Luttes et réflexions féministes pour faire avancer la société



Comment les luttes pour les maternités et centres d’interruption volontaire de grossesse, répondant aux besoins des femmes participent à une réflexion sur l’importance de la santé dans notre société



Pratiques, réappropriation de notre corps et transmission : sexualité, contraception, avortement : toujours à conquérir – Maternité, maternités : ce que nous voulons



Mouvements homosexuels et mouvements féministes : histoires communes et contradictions



Marginalisation des mouvements féministes dans les luttes sociales et politiques alors que la remise en question du patriarcat garde toute sa capacité de subversion



La Cadac raconte l’avortement, les luttes, toute une histoire



Présentation



Avortement : trente-cinq ans après la loi dite Veil, l’avortement est-il encore un combat (mars 2011)



Maternité des lilas : une lutte emblématique (2011-2015)



Les structures que nous voulons pour l’interruption volontaire de grossesse



Les différentes auteures parlent de l’importance de la reconnaissance du droit des femmes à disposer de leur corps, du droit à l’IVG et des fermetures des centres ou services d’IVG, de l’IVG comme un événement courant de la vie des femmes (« une femme sur trois aura recours à une IVG dans sa vie »), de l’hôpital-entreprise, du terme « production de soins », de surmédicalisation, de l’importance de la non-marchandisation de la santé…



J’ai particulièrement apprécié le texte de Sabine Lambert (voir blog entre les lignes entre les mots). L’auteure parle, entre autres, du site « J’ai avorté et je vais bien merci ! », de « présupposé de souffrance », du droit de disposer de son ventre… et de sa tête, du stigmate de l’avortement, de refus d’un « destin biologique », de décision et de rapidité de décision, de grossesse non désirée comme réel traumatisme, des soignant-e-s et de silence ou de colère, du caractère d’exception « légale » de l’IVG…



Je souligne aussi les textes sur les maternités, les maternités usines, la naissance réduite à un objet de soins, « les professionnels de la naissance s’occupent de ventre dans cette logique de parcellisation et de multiplication des gestes », la logique financière et une certaine idéologie de la naissance, le Planning familial 93 (analyse et déconstruction des rapports sociaux de sexe, conditions d’accès à l’égalité réelle, construction collective des conditions de l’émancipation, accueil collectif, démédicalisation de l’avortement, etc.).



Sans partager toutes les formulations de Marie-Jo Bonnet, je signale le souffle subversif d’émancipation qui sous-tend son texte, sa critique de la Gestation Pour Autrui, son analyse du mouvement LGBTI, sa critique de la marchandisation ou de l’instrumentalisation de la pauvreté et le rappel « On peut s’épanouir dans sa vie sans faire d’enfant et la stérilité n’est pas une malédiction ».



J’ai particulièrement apprécié dans cette partie « Mouvements homosexuels et mouvements féministes », l’article de Jocelyne Fildard, sa critique de l’évolution du mouvement LGBT, de la non prise en compte des impacts sur la collectivité des « propres intérêts », de la prostitution comme « majoritairement un phénomène d’appropriation du corps des femmes par les hommes » (et du rappel que « 99% des prostitueurs ou clients sont des hommes »), du refus de « cautionner un droit à l’enfant s’appuyant sur l’utilisation des corps des femmes » ou de l’« homopatriarcat »…



« Nous appartenons à l’histoire mais il faut encore débusquer la temporalité et trouver les instruments pour démonter cette historicité à chaque tournant de nos luttes ». L’invitation de Geneviève Fraisse à inscrire les droits des femmes dans l’historicité est d’une grande importance. Il vaut mieux parler de « réversibilité » des droits plutôt que de « régression » ou « recul ».



Je souligne aussi, le texte de Valérie Haudiquet et Martine Noël « Avortement : trente-cinq ans après la Loi dite Veil, l’avortement est-il encore un combat ? »



Je n’ai évoqué que certains textes, chacun et chacune trouvera ici de nombreux points de réflexion. Un regret, l’absence de réflexion sur les mutilations sexuelles imposées ou volontaires (pour se conformer, par exemple, aux images distillées par la pornographie), les stérilisations imposées ou le droit pour chaque femme qui le désire de se faire accompagner/soigner par une médecin femme…



« Le droit à disposer de son corps est un point central pour les droits des femmes. Sans avortement, la maîtrise de la fécondité n’est pas totale, et sans cela il n’y a pas de droit à la sexualité pour les femmes, ni d’investissement possible dans le travail : le droit à l’avortement conditionne l’autonomie des femmes »
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Une conquête inachevée : le droit des femmes à di..
  26 octobre 2011
Une conquête inachevée : le droit des femmes à disposer de leur corps de Valérie Haudiquet
Les textes et les interventions présentées sont issus d’un colloque organisé à Paris le 2 février 2007 par la Coordination des associations pour le droit à la contraception et à l’avortement (CADAC).



Si les femmes ont massivement investi le champ du travail salarié, elles continuent de (sup)porter très majoritairement le travail domestique et plus encore l’élevage des enfants. Les principes de liberté et d’égalité énoncés dans la Constitution se semblent pas pouvoir être déclinés jusqu’au bout, face aux assignations et assujettissements essentialistes, à l’identification des femmes à une nature reproductive, au féminin comme non universaliste contrairement au masculin dominant.



Le contrôle des corps par l’Etat (Loi de 1920 criminalisant l’avortement, interdiction de la contraception et de sa publicité) a vécu. Les luttes des féministes ont bousculé les politiques familialistes et leurs interdictions, sans pour autant pouvoir imposer largement ni définitivement le droit à disposer de leurs corps. L’avortement reste un droit limité, souvent considéré en regard d’une contraception défaillante, la contraception non totalement gratuite se résume dans la plupart des cas à une contraception féminine. Le corps médical détient toujours la clé et limite la demande ou l’exigence des usagères qui posent leur diagnostic soit en termes de contraception soit en termes d’avortement. Sans oublier l’usage des corps des femmes dans la publicité, la pornographie comme « découverte » de la sexualité, le retour du religieux et de ses interdits……..



Ce livre collectif est subdivisé en trois parties. La première « Vous avez dit conquête ? » propose quatre textes qui interrogent la contraception et les rapports sociaux de sexe, la politique familiale et l’emploi, les réformes et l’emploi des mères et le plus globalement paysage familialiste.



La seconde « Transfert de pouvoir et permanence de la domination » se compose d’interventions autour de l’enseignement de l’avortement et de la contraception dans les études médicales, des droits des femmes en regard du pouvoir médical, de la paupérisation des étudiant-e-s et des conséquences du désengagement de l’état sur le droit à la contraception et à l’avortement. Les auteur-e-s soulignent les conséquences désastreuses des réformes libérales de l’hôpital pour les services qui pratiquent les avortements (non réévaluation de la tarification, manque de moyens, etc.)



Dans la troisième partie est interrogé l’avenir de la reproduction et la possibilité d’écarter les femmes de la procréation par les nouvelles techniques tirées des « procréations médicalement assistées ».



Chaque partie est complétée de courtes interventions retranscrites du débat.



Ces travaux et réflexions sont toujours d’une actualité brulante. La récente position de la Cours de Cassation sur ce qu’il faut bien nommer le statut de l’embryon en est encore un cruel rappel.



Un livre à diffuser, un combat toujours à mener pour le droit des femmes à disposer de leur corps et donc pour l’émancipation de tou-te-s.
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