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3.18/5 (sur 11 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Lyon , 1975
Biographie :

Xavier Deville s’est éloigné de sa formation de géographe pour travailler dans un centre de séjour pour personnes handicapées en tant que musher et pilote de parapente spécialisé en vol fauteuil.

Après avoir vécu en Nouvelle-Zélande et au Portugal, il réside en Isère où il partage son temps entre ses trois jeunes enfants et son métier d’élagueur.

"Melville Street" (2015) est son premier roman.

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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Carolyn fut une blessure au goût d'abandon. Tout le monde répétait en chœur que l'hôpital était bien pour elle, qu'elle avait enfin ce dont elle avait besoin. Pour tous ceux concernés par Melville Street, c'était certain. Nous avions enfin obtenu son départ. Mais je n'arrivais pas à m'enlever de la tête que c'était elle qui payait le prix pour tout le monde. Avait-elle besoin d'être traitée comme un danger public? Les barbelés sur les murs, les portes avec sas de sécurité, et la cellule où elle était enfermée allaient-ils vraiment la calmer? Je lui rendis visite pendant quelques mois. Je me forçai à aller lui dire bonjour dans cet hôpital verrouillé. En voyant les lieux et les portes bouclées, les gardiens, les hublots de surveillance des cellules (que je n'arrivais pas à appeler chambres), je me dis que le grand coup de balai de l'institution que les Néo-Zélandais voulaient faire disparaitre n'était pas terminé. Régulièrement, on me refusa des visites, "Carolyn se repose, c'est bien pour elle". A Chesley aussi, qui un jour voulait m'accompagner, "Il ne vaut mieux pas". Sa chambre à Melville Street fut finalement vidée, la consigne d'aller la voir invalidée. A mon tour, je la laissai. Et finalement je restai dans la confusion qu'elle m'avait transmise.
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J'appréciais le côté un peu provocateur de notre installation en plein milieu du parc, l'occupation massive des balançoires et la petit frayeur ahurie que les gamins avaient devant Carolyn qui tentait de se balancer. C'était toujours agréable de faire peur aux gamins, d'autant que je pouvais le faire en toute impunité, j'avais pour moi le regard de la société sur les handis. Maintenant, ils avaient le droit de sortir, ils avaient droit à la relation sociale, à la confrontation. Les parents expliquaient aux enfants que tout était normal et je me doutais que ça ne devait pas être facile. Quand les petits tombaient sur Tommy qui se roulait sur la pelouse, ils étaient complètement dépassés, certains restaient figés, les yeux équarquillés à cette apparition. Et j'étais content que d'autres partagent mon incompréhension. Mieux valait un regard d'incompréhension que pas de regard. Et les enfants qui s'effrayaient de voir Tommy ramper en prenaient doucement l'habitude et seraient peut-être moins surpris quand viendrait leur tour de s'en occuper, quinze ou vingt ans plus tard.
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Carolyn "is confused". Confus, tout le monde l'était à Melville Street. Mais les autres avaient la confusion facile. Carolyn avait la confusion agressive et contagieuse. Je ne savais pas quoi penser, n'avais ni certitude ni solution. Certains en avaient, mais au final c'était la certitude qu'ils voulaient s'en débarrasser, ne plus la voir, ne plus la subir, et enfin l'oublier. Ses parents aussi paraissaient être un peu perdus, et essayaient chaque fois une nouvelle solution en remplacement du dernier échec.
Un jour, j'arrivai à Melville Street et Carolyn était partie. C'était fini, plus de Carolyn: enfermée pour une bousculade de trop.
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Je cessai petit à petit de sourire à Tommy, puis de lui parler. Finalement, je m'en occupai en silence, sans un mot, et souvent sans un regard. Dans le salon, je tournais mon fauteil de dos par rapport au sien. J'imaginais ma vie après Tommy comme un champ de bonheur infini. Je pensais au dernier regard que je lui jetterais, chargé de la certitude absolue de ne jamais le revoir. J'avais un but: atteindre sans trop de dommage le moment de notre séparation définitive. Chaque instant me rapprochait du moment où j'allais prendre plaisir à le maltraiter.
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Ce n'était pas bon d'être "unsettled". C'était l'inverse de ce que l'on voulait. L'agitation, c'était ce contre quoi chacun devait lutter. Il fallait être calme, tranquille, dans son fauteuil, dans son canapé, dans son lit, devant la télé, avec un café ou des pilules. La vie des handis oscillait entre deux pôles, "settled" et "unsettled", calme ou agité. Personne ne savait vraiment pourquoi quelqu'un était calme ou agité. Mais il ne s'agissait pas non plus de se poser trop de questions. Qui l'aurait fait? Quand? Et avec quels outils? Dans les maisons, les employés vivaient avec les handis et leur état émotionnel. S'ils étaient vaguement formés pour les doucher et les nourrir, ils ne l'étaient pas pour les écouter ou les comprendre.
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Tous les cinq vivaient au rythme de la valse de l'autorité. Chaque matin, une personne différente enrait dans leur chambre et leur ordonnait de se lever, de s'habiller et de se préparer pour partir au travail. La seule poutre de stabilité dans cette maison, c'était Gayna. En dehors d'elle, c'était la ronde. En quelques mois de présence là-haut j'étais déjà le plus ancien avec elle. Alors je m'imaginais à la place de Jon. Régulièrement, quelqu'un de nouveau apparaissait pour le réveiller et lui demander d'obéir. Comme si c'était normal et naturel en tant que handicapé d'être sous les ordres de. Comme si c'était facile d'accepter l'autorité de n'importe qui.
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