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Critique de Pois0n


Pois0n
  21 août 2020
La plume de Louise Allen m'avait déjà séduit à travers la nouvelle coup de coeur « Snowed in with the Rake » dans le recueil de Noël « Snowbound Surrender ». Dans « Petits secrets et grand mariage », on retrouve certains des ingrédients qui donnaient à la nouvelle sa saveur unique : de la malice, des personnages décomplexés, des dialogues savoureux et des situations hautement improbables. Quitte à faire une croix sur le réalisme historique.

Ici, toutes les conditions étaient réunies pour faire de cette lecture un second coup de coeur : la recherche d'un trésor... particulier doublée d'une affaire de meurtre, des protagonistes hauts en couleur (entre la mère historienne et les différents trafiquants d'art mis en scène, il y a de quoi faire) et le cadre enchanteur de la campagne bourguignonne. … Eh bien, malgré tout ça, le charme n'a pas complètement opéré.

Commençons par le détail le plus à même de fâcher : la romance. Oh, celle-ci n'est pas mal écrite, on retrouve même tout le talent de Louise Allen pour ce qui est d'installer une complicité crédible entre ses personnages. Non, le souci, c'est qu'Elinor et Theo sont *cousins*. Et pas cousins par alliance ni même cousins éloignés, non non : cousins directs, la mère de la première étant la tante du second. Alors d'accord, ce n'est pas illégal (du moins, ni en France, ni en Angleterre) et on peut considérer qu'à l'époque, la chose était plus courante qu'aujourd'hui, maiiiiiis... c'est quand même un peu creepy. Quand bien même Elinor et Theo ne se sont pas vus depuis plus de dix ans, le malaise est présent, à plus forte raison qu'ils ne cessent de s'appeler cousin-cousine et de brandir leur lien de parenté pour se passer de chaperon alors que JUSTEMENT.

Bon. Ceci étant dit, la romance s'installe peu à peu et les tribulations des deux compères parviennent, en partie, à faire oublier ce problème. Il faut dire que Theo est dans les emm... jusqu'au cou, entre un client loin d'être commode, une relique très... sensible à retrouver et le tout, avec un meurtrier en goguette et des rivaux sous le même toit. Sans oublier la mère d'Elinor, scientifique émancipée obnubilée par ses recherches en architecture. Globalement, dans ce récit, les femmes sont très très libérées, comme la Marquesa Ana, aventurière chevronnée qui fait ce qu'elle veut des hommes. Dans le contexte historique du récit, on peine à y croire, mais le tout se pare d'une aura un peu semblable à celle de Zorro et on se laisse embarquer dans l'histoire sans trop regarder les détails, finalement. D'autant que l'autrice met son intrigue en place de façon progressive, Theo ne révélant pas tout de suite ses objectifs. La partie « chasse au trésor » en elle-même constitue la partie la plus palpitante de l'histoire, avec un vieux château, des plans et des indices dissimulés à la vue de tous. Et tant pis si le mystère autour du meurtre se résout tout seul (et n'est pas spécialement dur à deviner).

Seulement voilà : une fois la main mise sur l'objet en question, la narration retombe comme un soufflé et le dernier tiers du livre devient presque poussif, entre un long road-trip où la relation entre les personnages, loin de se dénouer suite à ce qu'ils ont vécu, tourne artificiellement en rond, et un séjour chez des cousins (oui, encore des cousins !) ne servant qu'à démêler tout ça, au prix de longueurs soporifiques et d'une conclusion un peu bâclée.

Bref, malgré la plume de l'autrice toujours aussi agréable, un fort capital sympathie et une chasse au trésor fort réussie, le reste n'est malheureusement pas aussi bon, faisant de « Petits secrets et grand mariage » une lecture divertissante, mais sans plus.
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