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Critique de Kenehan


Kenehan
  30 juillet 2015
Challenge Pavés 2014/2015

Des quelques tomes que je possédais de la collection des Royaumes Oubliés, il ne subsiste que cette "Trilogie des Avatars" dans ma bibliothèque. Pourquoi avoir conservé ces tomes et vendu les autres ? Tout simplement parce que, adolescent, j'avais adoré cette histoire de dieux déchus. Jusqu'à aujourd'hui, j'avais un très bon souvenir de lecture et gardais une certaine sympathie pour le personnage de Minuit.

Vous l'aurez compris, cette chronique est à propos d'une seconde lecture, bien des années après la première. "Valombre" fait partie de ces productions qui ne doivent pas être redécouverte à l'âge adulte. Au fil des ans et de mes lectures, j'ai développé une certaine exigence que ce premier opus de la trilogie n'arrive pas à atteindre.
L'envie de me replonger dans cette trilogie vient de ce que je rejoue à mon bon vieux jeux Neverwinter Nights (qui se déroule dans le même univers). Si le jeu est toujours aussi plaisant, le livre n'en mène pas large face à mes attentes.

Les tablettes du destin ont été volées et les dieux sont chassés par Ao (sorte de Zeus de cet univers). Privés de leurs privilèges, chaque déités va devoir se trouver un avatar pour entamer sa rédemption jusqu'à ce que l'affaire soit réglée. Cette chute olympienne provoque le chaos au sein de Faerûn et c'est mon premier reproche car ce chaos est l'excuse parfaite pour que Richard Awlinson fasse tout et n'importe quoi. C'est un véritable foutoir entre les créatures, les sorts, les environnements, etc. qui sont instables au point de créer des situations plus farfelues les unes que les autres sans que jamais la logique soit invoquée. Ben oui, c'est le chaos !

Ce premier point de déception passé, évoquons le style. Là encore, j'ai eu du mal. Je n'avais aucun souvenir quant à l'état de l'écriture. A plusieurs moments, je n'ai pas compris le sens de phrases comme celle-ci : "Une théorie de minuscules yeux luisants se mit à danser autour des doigts agiles du vieux mage, avant de laisser place à un disque d'argent" (p.174). Est-ce que le mot "théorie" trouve un nouveau sens en fantasy ?
De plus, tout est trop rapide. On sent l'influence du jeu de rôle "Donjons et Dragons" mais ce qui peut fonctionner dans un médium ne fonctionne pas nécessairement dans les autres sans un peu de travail. Et, à mon avis, cette histoire n'est pas assez étoffée. Nos héros tombent de Charybde en Scylla tout au long des chapitres et très souvent c'est discutable. Non seulement tout se joue en quelques lignes comme pour l'agression d'Adon : le groupe s'apprête à partir, des cavaliers arrivent, tailladent le visage du prêtre, et repartent le temps que le groupe d'aventuriers s'enfuient… WTF ??! Tout ça pour ruiner la beauté du disciple de Sunie et ébranler sa foi en vue de la fin de l'histoire ? C'est n'importe quoi cette façon d'écrire !
On retrouve cette fâcheuse tendance à instrumentaliser les faits et les personnages au détriment d'une histoire plausible dans le chapitre "Les bois des araignées", et ce de manière plus qu'évidente. A peine arrivés, oh surprise, des araignées gigantesques attaquent et s'occupent de rétrécir les rangs de nos héros avant que Minuit ait la bonne idée de téléporter les survivants à l'abri. Cette artificialité du récit est exaspérante à la longue. Sans compter que l'on commence à se demander "comment se font les déplacements dans les Royaumes si chaque coin est bourrés d'ennemis mortels ?" La réponse ? Ben y'a pas de commerce, chacun reste dans sa petite ville. On est d'accord, c'est pas réaliste pour un sous !


Je me tâte à poursuivre avec les deux autres tomes. Un récit excessivement superficiel qui ne fait pas honneur à l'univers des Royaumes Oubliés. A mon avis c'est soit un brouillon soit un massacre d'édition et de traduction. Pour en avoir le coeur net, il me faudrait lire la version originale et je n'en ai pas l'envie.
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