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Critique de BazaR


BazaR
  18 novembre 2016
Voilà le genre de livre que j'ai beaucoup de mal à lâcher.

Le deuxième tome de L'Odyssée du Temps est très différent du premier. Il est profondément orienté Hard Science et, donc, la science et la technologie sont les premiers héros du livre.
Bisesa, l'héroïne principale du premier tome, a été renvoyée sur Terre depuis Mir, ce monde patchwork composé de tranches de Terre appartenant à des époques différentes. Mais elle arrive dans un monde qui est sous la menace de la pire tempête solaire de tous les temps, qui s'apprête à griller toutes les planètes telluriques du système dans un gigantesque barbecue. Rapidement les gouvernements se mettent en ordre de bataille et décident de construire un gigantesque bouclier orbital. Mais seule Bisesa se doute que cette tempête a été provoquée par ceux-là mêmes qui ont créé Mir et veulent anéantir l'Humanité: les Premiers-Nés.

J'insiste trop sur Bisesa. En fait elle n'occupe qu'une portion congrue, bien que capitale, du récit dominé par des astronomes et des techniciens spatiaux. L'intrigue est en effet centrée sur la construction de ce bouclier, sur les problèmes techniques insurmontables et les solutions astucieuses ou géniales trouvées par les héros. Là, il se peut que vous vous disiez que ça va être profondément ennuyeux. C'est une affaire de goût et il est clair que j'ai mis 5 étoiles parce que, personnellement, j'adore ces histoires qui font appel à de la vraie, de la belle physique des familles. Pour les amateurs de voyage, sachez qu'on a droit à de belles balades sur la Lune et sur Mars.

Mine de rien, ce roman a été écrit il y a déjà une bonne dizaine d'année, et comme il se passe dans les années 2030, le futur proche y est décrit. Il est évidemment amusant de comparer cette peinture avec la réalité.
On sent beaucoup la patte optimiste et humaniste d'Arthur C. Clarke. Pour lui le progrès représente une direction du temps aussi implacable que la flèche entropique. L'humanité peut rencontrer des écueils mais elle va, elle doit progresser, se regrouper dans des gouvernements de taille continentale (ici un seul gouvernement de Reykjavík à Vladivostok) en attendant le niveau planétaire, puis les étoiles au prochain arrêt. Clarke a probablement été très attristé de l'arrêt du programme spatial, mais son rêve n'était pas mort et il a sûrement été réveillé par les perspectives de mission sur Mars.
Les auteurs ne nient pas l'existence du réchauffement climatique et de l'extrémisme religieux, mais on sent bien que, pour eux, ils font seulement partie des écueils qui ne peuvent que ralentir la marche implacable du progrès. Qu'aurait pensé Clarke du Brexit ? Qu'en pense Baxter ? A mon avis le premier doit se retourner dans sa tombe et le second être profondément désolé. Leur vision de gouvernement continental est pure, à mille années-lumière des dégâts causés par la libre concurrence, le lobbying, le commerce à tout prix, la pauvreté croissante des classes moyennes, les migrations, etc. Ma vision, proche de la leur dans le temps, est devenue beaucoup plus pessimiste et une désagrégation de l'Europe en petits États rivaux marionnettes de populistes locaux et des grands États quasi dictatoriaux ne me semblent plus si impossible.

Quelle est la part de Stephen Baxter dans ce roman ? Je ne le connais pas assez pour le dire. Je vois cependant sa patte dans certaines descriptions scientifiques qui pourront paraître longues et dans les catastrophes que subit la Terre face aux soubresauts solaires.

En résumé, si on aime la Hard Science le récit bourré de suspense se révèle très accrocheur. Les personnages sont suffisamment travaillés et intéressant pour ce genre de roman (en tout cas moi ça me suffit) et la découverte de ces Premiers-Nés qui nous cherchent des poux dans la tête offre de quoi satisfaire l'imagination SF. Mon seul regret, c'est un certain fil trop blanc utilisé pour coudre le tout ensemble ; un élément qui peut paraître anodin mais qui m'explose aux yeux et montre toute la difficulté de construire un scénario solide sans artifices dès que l'on joue avec le Temps.
Mais je n'en dirai pas plus.
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