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Critique de saigneurdeguerre


saigneurdeguerre
  16 octobre 2021
Province de Liège. Résidence d'écriture du château de Paille. Propriété de Gédéon de Ducart d'Olise, mécène engagé.

Ils sont quatre ! Quatre invités par « La Société des Auteurs en Devenir » pour plusieurs semaines en résidence d'écriture. Tous n'ont à leur actif qu'une seule publication.

Emile, poète, de son nom d'auteur Noirdessin, qui n'avait aucune envie d'être là, arrive avec deux bonnes heures d'avance, et tant pis pour la bonne mal réveillée qui ne l'attendait pas de sitôt. Il tient à visiter toutes les chambres pour choisir la sienne, à l'abri des regards des trois autres invités. Car, il le sait, un seul sera publié ! Mais s'il n'avait aucune envie d'être là, pourquoi est-il venu ? Tout ça, c'est à cause de cette foutue saloperie d'inondation qui avait envahi la chambre de bonne qu'il louait dans un immeuble de rapport à Schaerbeek ! L'inondation en question n'aurait rien été si on ne l'avait pas expulsé. Il en était la cause, d'accord, mais si sa voisine du dessous ne l'avait pas provoqué, il n'aurait pas fait déborder sa baignoire expressément… Eh, oui, il avait aussi quelques loyers en retard, mais bon, faut pas jeter un écrivain dehors avec l'eau du bain pour si peu de choses ! Il lui reste un mois pour se trouver un nouveau logement et pour rédiger ses « Poésies maritimes » …

Nadine est soulagée de voir les grilles du château se refermer derrière elle. Elle peut enfin échapper à Roger, son mari, et à ses disciples, les « Inspirationnistes ». Ceux-ci avaient découvert dans quel château elle se retirait et étaient venus camper dans le champ proche de l'entrée pour lui envoyer des ondes positives. Son premier bouquin avait été un succès fantastique dans le genre bien-être, recherche de soi, chakras, etc.

Nicolas a pondu un roman policier plutôt efficace, mais qui n'a pas ému les foules. Depuis, il n'a aucune inspiration… C'est pourquoi, dans un premier temps, il va surtout examiner ses concurrents…

Jean-Paul Sartondeau ne veut pas pénétrer dans ce château, mais Odile qui l'a conduit jusque là ne veut rien entendre ! Elle est prête à tous les sacrifices pour un écrivain. Alors, soit il pénètre dans ce château et dans un mois elle le récupère, soit il dégage tout de suite et tout est fini ! Bye ! Bye ! Casse-toi !

Critique :

Catherine Deschepper, l'auteure facétieuse, nous balance ici une comédie qui s'apparente à une pièce de théâtre de boulevard. Humour garanti qui sera apprécié par tous ceux dont les zygomatiques ne sont point trop ankylosés suite au port du masque qui contribue à notre sauvegarde en ces temps de pandémie covidienne.

Mais ces auteurs débutants, et leurs deux mécènes, sont-ils si caricaturaux que cela ? le monde de l'édition qu'elle égratigne avec délectation serait-il vraiment aussi éloigné de ce qu'elle laisse entendre ? Et ces critiques littéraires au jugement si sûr qu'il peut faire et défaire des carrières, sur quoi repose leur expertise ?

J'ai adoré les portraits de chacun des « héros » de cette histoire enfermés dans un huis-clos qui ne peut qu'engendrer des confrontations entre eux… Et avec eux-mêmes ! Certains vont se (re)découvrir pour le meilleur, pour le pire… Et pour notre rire. « J'ai encore un peu de causticité, je vous en remets une couche ? » pourrait nous demander Catherine Deschepper tant elle est douée pour créer des situations burlesques. On en vient à prendre en pitié ses "héros" car quelque part, aussi caricaturaux soient-ils, il y a une part de nous en eux.

Je me suis régalé avec ce récit aux dimensions très humaines, où l'auteure fait rire, tout en gardant une dimension bienveillante pour ses personnages. Catherine Deschepper cherche-t-elle à faire passer un message ? Il faudrait le lui demander, mais pour ma part, la détente zygomatesque qu'elle m'a procurée me suffit amplement. Son style est original : « […] il se trouva nez à nez avec un homme hirsute, tout droit sorti de la forêt. On aurait dit un scout périmé qui aurait vieilli dans son uniforme. »
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