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Critique de Bougnadour


Le comportement de Drieu La Rochelle durant l'occupation n'incite pas à lui faire l'honneur de le lire.
Comme beaucoup de ceux qui se sont fourvoyés dans la collaboration, la lecture de sa biographie wikipédia, montre une personnalité complexe sur le plan politique au parcours tortueux avec une constante : un antisémitisme farouche. Sur le plan personnel il fut une sorte de dandy désabusé, séducteur sans plaisir et intellectuel sans vision.

Le personnage du Feu Follet, Alain Leroy, semble être un double de Drieu. Leroy termine une nouvelle cure de désintoxication mais sait déjà qu'il retrouvera alcool et drogue, son seul atout est sa beauté qui lui permet de séduire des femmes qui l'entretiennent, il ne laisse pas les hommes insensibles mais au fond l'amour physique ne lui procure pas de satisfaction. C'est un homme vide qui déambule sans but dans sa propre vie.

A sa sortie de la clinique, il entreprend une tournée des lieux nocturnes de Paris où il a ses entrées, de bars en cocktails il traine son mal-être, croise des connaissances qu'il est difficile de qualifier d'amis, ceux-ci sont des oiseaux de nuit, des complices de débauches, des drogués, d'anciennes maitresses, tous ont une attirance pour Leroy mais doublée de mépris pour cet être sans qualité qui pourtant n'hésite pas à être arrogant ou provocateur. Leroy remâche des projets sachant qu'il ne les mènera pas, l'écriture le tente mais il ne travaille pas, seule l'idée du suicide lui semble accessible prouvant sa lucidité sur son avenir.

Le Feu Follet n'est pas fait pour les dépressifs, il ne s'en dégage aucun espoir. le personnage de Leroy n'attire aucune sympathie pas plus que ceux qui le croisent, le milieu qu'il fréquente ne semble inclure que des bourgeois décadents qui s'amuse à côtoyer des dépravés qui finiront en épaves. du coup le lecteur en plein malaise n'apprécie peut-être pas la force du roman, sa qualité d'écriture et son ambition. On peut considérer qu'il s'agit d'un précurseur du Meursault de Camus et que le Feu Follet est un roman existentialiste avec un héros dont on examine la vacuité et l'absurdité du parcours.
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