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Critique de seblac


seblac
  03 mai 2016
Très gros coup de coeur pour cette série en deux tomes. Quand un auteur parvient à construire une aussi belle histoire en la liant avec une actualité véridique, méconnue et douloureuse, j'ai envie d'applaudir des deux mains. Et si j'en avais trois je le ferais tout aussi volontier.Cette belle histoire, c'est celle d'une mère russe ordinaire. Elle a un mari militaire, alcoolique au dernier degré mais heureusement elle a un fils, un fils d'autant plus merveilleux qu'il est unique. le fiston a aussi une petite chienne à laquelle il a appris toutes sortes de tours.Les années passent, le père a disparu de la circulation, le fils a grandi et a atteint l'âge du service militaire. Un service militaire redouté par bien des mères et bien des conscrits. Il y a tant de précedents douloureux, l'Afghanistan entre autres. Alors quand elle apprend que son fils est envoyé en Tchétchénie...Parlez de Tchétchénie à une mère russe, elle en paliera d'effroi.Le fils disparait, aucune nouvelle, jusqu'à ce qu'une rencontre avec un journaliste l'informe que le chef de guerre Bassiev serait prêt à donner leurs fils prisonniers aux mères russes qui viendraient les chercher.Ni une ni deux la petite mère prend la direction de Grozny...portée par son amour, par sa naïveté elle va faire des rencontres étonnantes, détonnantes même, mais jamais sans se départir de sa sincérité. Une sincérité, un dévouement, un amour qui vont probablement lui sauver la vie dans un univers où la violence et les règlements de compte sont la règle.A la fois légère et sérieuse j'ai vu dans cette série un hommage aux femmes. Toutes dans la bd sont des personnages dont il émane quelque chose d'humain : simple mère ou même amazone de Bassaiev, elles ont cette hauteur sur les choses que n'ont pas les hommes, ces brutes fanatiques, avinées et indifférentes à tout. Oui quand la guerre se déchaine, les femmes apparaissent comme les derniers ilôts de sagesse, comme les derniers rochers auxquels on peut se cramponner pour ne pas sombrer dans la folie meurtrière. Cela est probablement idéalisé, particulièrement dans le contexte de la guerre en Tchétchénie où nombre de femmes ont été impliquées mais cela fait du bien aussi un peu d'optimisme, un peu d'idéal.On sent aussi à travers cette série que l'auteur s'est documenté. Il nous livre le portrait réaliste d'une société russe et tchétchène gangrénée par des siècles de violences. Sans se livrer à une histoire pointilleuse de ce conflit il en donne les grandes clefs de compréhension.C'est un monde désanchanté, cabossé que nous dévoile Aurélien Ducoudray. Mais dans cette grisaille, les différents personnages, et en premier lieu cette maman et sa petite chienne, s'avèrent être de véritables soleils de vie et d'humanité.Une très belle série à croquer à pleines dents. Et n'ayez crainte, elle n'est pas si amère que cela.
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