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Critique de Coetseslivres


Coetseslivres
  07 septembre 2022
. Un excellent moment, je dirais même plus un coup de coeur, pour ce « polar mais pas que ».
Alors oui bien sûr, il y a le côté policier. Un meurtre dans le vieux Lille, celui d'un journaliste retrouvé roué de coups et noyé dans sa baignoire. Qui pouvait lui en vouloir à ce point ? Une deuxième affaire, qui semble simple puisqu'il s'agirait d'un suicide. Mais en est-ce vraiment un ? Pourquoi choisir de mourir en se décapitant ?
Une équipe de flics. Yan, Mika dit Granulé, Barthélémy (Brath) et Michel. Yan et Mika vont enquêter sur le crime, Brath et Michel s'occuperont du suicide. Tous les quatre se connaissent bien et s'apprécient, ils échangent sur leurs affaires respectives, ce qui peut être très profitable.
On suit donc ces deux enquêtes en parallèle, deux enquêtes qui réservent leur lot de surprises.
Jusque-là, rien de spécialement original. Mais ça le devient avec le personnage de Yan. Cette femme est un bon flic, elle aime son boulot. Elle cache à tous une profonde souffrance. Elle vit avec ce qu'elle surnomme l'araignée, l'endométriose. Un sujet intime dont elle ne veut pas discuter avec ses collègues, qui sont pourtant aussi ses amis. Des crises de douleurs qui surviennent n'importe où, n'importe quand, durant de plus en plus longtemps, et qui la laissent pliée en deux, en sueur. Elle prend des antalgiques, beaucoup. Mais elle est assez lucide pour se rendre compte de certaines choses. Elle redoute le moment où elle deviendra accro, elle a peur qu'une crise survienne alors qu'elle est sur le terrain. Qui va gagner ? Yan et sa volonté ou l'araignée ? Quel sera le prix à payer ?
Un personnage fort, phare de ce roman.
Comme toujours avec Sacha, nous suivons une histoire intelligemment menée, qui titille notre curiosité, avec des personnages à la psychologie étudiée. Elle sait rendre ses protagonistes très vivants. Ils ne sont pas de super flics sans âme et sans vie privée. Ils ont tous leurs faiblesses, il y a parfois « des coups de gueule » entre eux. Je dirais qu'ils nous ressemblent, qu'ils sont proches de nous. Donc forcément, on a envie de les accompagner.
Proches…je rebondis sur ce mot. Tout au long de ma lecture, je me suis dit que c'était le roman le plus proche de Sacha que j'ai lu. Quelque chose qui lui ressemble, presque intimiste. Ne me demandez pourquoi, je ne saurais pas vraiment le dire, mais j'ai eu la sensation que ce livre était plus qu'un livre pour elle. Et j'en ai eu la confirmation, tout comme vous l'aurez, à la fin du livre.
L'auteure est futée. Elle a utilisé Yan pour nous parler sans en avoir l'air de cette maladie qui reste méconnue en l'incluant dans une enquête de police... On ressent les souffrances de Yan, ses craintes, ses espoirs aussi. L'influence que cela peut avoir sur sa vie de tous les jours, sur ses rapports avec ses collègues. Et tout cela en nous livrant une enquête (enfin deux) fort intéressante(s) à suivre et pleine(s) de rebondissements. Une osmose parfaite puisque cette maladie a son rôle à jouer dans l'histoire. C'est vraiment très très bien fait.
En bref, une histoire bien menée et captivante, avec des mots qui frappent, un style fluide et dynamique, sans temps mort. Une façon ludique de faire passer un message, à travers une intrigue qui nous tient en haleine.
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