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Critique de Presence


Presence
  22 novembre 2015
J'aime beaucoup Ketih Giffen en tant que dessinateur et en tant que scénariste et j'ai du mal à résister à une histoire qui porte son nom... même si je sais qu'il est capable de très bonnes choses (Formerly Known As the Justice League), de choses très loufoques (Showcase Presents Ambush Bug 1) et de choses moins recommandables. Ce tome qui reprend les 8 épisodes de la minisérie est à cheval entre le bon et le moins bon.

L'objectif assigné à Keith Giffen par Dan Didio (éditeur en chef de DC Comics) est de mettre de l'ordre dans la hiérarchie infernale, afin que les scénaristes tentés de s'y référer ou d'envoyer leurs personnages y séjourner sachent qui est qui et qui fait quoi. Cette histoire répond parfaitement à cette question avec une structure claire, une vision lisible de la nature de l'enfer dans l'univers DC et de ses relations avec le Créateur. Mais l'histoire en elle même est plutôt indigeste.

L'action se déroule à 95% dans les enfers. Lord Satanus et sa soeur Lady Blaze (2 personnages créés par Roger Stern et Bob McLeod en 1982) ont décidé qu'il est temps pour eux d'envahir les enfers et d'en devenir les maîtres à la place de Neron (Underworld Unleashed). Après tout ça ne concernerait pas trop les humains sauf que par mesure préventive Lilith rappelle en enfer toutes les manifestations démoniaques se manifestant sur terre. Très vite plusieurs héros s'en aperçoivent et se sentent obligés de prendre partie pour l'un des 2 camps. Pire encore, l'absence même de démons sur terre perturbe la balance cosmique et Rama Kushna est victime de malaises.

Avant de vous plonger dans la lecture de ce tome, il vaut mieux que vous soyez sûr de vos connaissances sur les personnages magiques de l'univers DC. Ainsi vous serez en mesure de facilement identifier les protagonistes de cette descente aux enfers : Zatanna et son père, Blue Devil, Detective Chimp, le groupe Shadowpact, Nightshade, Ragman, Enchanteress, Doctor Occult, Black Alice, Jason Blood, the Creeper, Kid Devil, Ralph et Sue Dibny, Doctor Fate, Deadman, Zauriel... Procédons tout de suite au test, parmi les héros de cette histoire combien en connaissez-vous et lesquels ? Et il vaut mieux que votre connaissance ne soit pas trop superficielle (rappelez-vous de la drogue DMN concoctée par Satanus et de ses effets).

Coté illustrations, le niveau de qualité est également entre deux eaux. Les dessins sont réalisés par Tom Derenick qui fait plutôt du bon travail quand il a le temps de peaufiner ses cases. Les postures de ses personnages et leurs traits trahissent une forte influence (pas toujours bien assimilée) de Neal Adams, mais il y a pire comme référence. Dans la mesure où ce comics est à destination des lecteurs de tous âges, il ne peut pas trop se lâcher sur les sévices infernaux, les corps mutilés et autres. Et du coup sa vison de l'enfer reste très sage et peu horrifique. Par contre l'encrage est effectué par Bill Sienkiewicz (un maître de l'illustration qui gâche son talent en basse besognes d'encrage) et il donne un aspect rugueux, coupant et écorché aux personnages et aux décors, ce qui rend chaque coin des enfers peu accueillant et dangereux. Mais à la longue les mornes plaines et les terrains accidentés finissent par se ressembler et par manquer d'originalité. Et les 2 styles (Derenick + Sienkiewicz) s'annihilent plus qu'ils ne se complètent.

Du coup je reste partagé dans mon jugement de valeur. D'un coté, le scénario est surchargé de phylactères au travers desquels Satanus, Blaze, Neron et Lilith expliquent les règles et le paradigme comme si on lisait un sourcebook trop dense et les dessins finissent par être repoussant et lassant. de l'autre, c'est un vrai plaisir de fan que de retrouver ces personnages méconnus parfaitement décrits et que de disposer d'une présentation claire des enfers de l'univers DC.
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