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Critique de Squirelito


Deux femmes, Noura et Maya. Deux destins. Toutes les deux journalistes. Toutes les deux ont fui la Syrie pour le Liban.
Noura sera assassinée en août 1978, en pleine guerre civile, suite à son obstination à écrire la vérité au sujet du suicide de sa soeur. Peu de temps avant d'être abattue elle avait mis au monde un petit garçon, fruit de sa liaison passionnée avec Kamal issu d'une minorité de Turquie.
Des années plus tard, en 1994, Maya, maman aussi d'un petit garçon et jeune veuve, découvre lors d'un tournage une mallette dans un immeuble en ruines. Ce sont des photos, le journal intime de Noura et les lettres enflammées de Kamal.
Au milieu, une troisième femme, Sabbah, l'amie énigmatique de la disparue qui permettra de rassembler les morceaux de ce puzzle. Et le début d'un retour en arrière avec toute la complexité de l'histoire syrienne, libanaise et turque, ce labyrinthe de religions, de politiques autoritaires, de diversités, de conflits plus intimes avec cette domination patriarcale.
La journaliste et anthropologue Imane Humaydane permet par ce roman de mieux percevoir l'imbroglio géopolitique et de confirmer, une fois encore, que la tragédie syrienne et la crise turque remontent à des décennies. Pris en tenaille, le Liban déchiré.
Aux personnages fictifs se greffent des personnages réels comme la diva égyptienne Oum Kalthoum, le cosmonaute Youri Gagarine dont la disparition reste étrange et surtout la chanteuse et actrice Asmohan dont le décès reste également mystérieux. Beaucoup d'énigmes dans un orient qui sent autant l'encens que la poudre…
Votre serviteur n'a pas grignoté ce récit, il l'a dévoré car une fois que vous êtes entré dans le hall, vous voulez monter jusqu'au grenier pour lire le dénouement même s'il est relativement prévisible dès la moitié du livre. La petite noisette qui vous fait chavirer : la splendeur des lettres de Kamal à Noura, poétiques, sensuelles, aimantes, cet amant qui « embrasse les yeux » de sa bien-aimée. Malgré l'enfer de la réalité, la fiction donne l'impression d'avaler… cinquante grammes de paradis.
Lien : http://squirelito.blogspot.f..
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