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Hana Jaber (Traducteur)
EAN : 9782072694950
232 pages
Éditeur : Verticales (11/05/2017)

Note moyenne : 3.22/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Revenue à Beyrouth en 1994, Maya découvre, au cours du tournage d’un documentaire sur la reconstruction du centre-ville, une sacoche abandonnée dans un immeuble en ruine. À l’intérieur, parmi des photos et documents d’avant la guerre civile, le journal posthume d’une certaine Noura, journaliste syrienne en exil, et les lettres d’Istanbul de son amant Kamal. Dès lors, elle se sent investie d’un devoir impérieux : reconstituer l’histoire tragique de ce couple. Son enq... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
nilebeh
  29 mai 2017
Maya, documentariste, est venue à Beyrouth en 1994 pour y tourner un film sur la reconstruction de la ville après de multiples années de guerre. Comme souvent dans les romans, elle découvre dans les ruines une sacoche qui contient des photos et surtout le journal de Noura, journaliste syrienne réfugiée au Liban, ainsi que les lettres de son amant, Kamal, opposant turc résidant à Istanbul.
Noura raconte comment, vers 1968, sa soeur Hana s'est suicidée en avalant du désherbant, enceinte et abandonnée par son amant. Pour établir la vérité, Noura a rédigé une nouvelle où elle ne tait ni les noms ni les faits. Sa famille lui en veut mortellement de l'avoir ainsi traînée dans la boue.
Maya, la Libanaise de passage à Beyrouth, intriguée et émue par sa lecture, rencontre Sabiah, une amie proche de Noura.
Et nous découvrons une jeune femme passionnée de musique qui écrit sur Asmahân, grande chanteuse orientale qu'elle compare à Oum Kalsoum. On découvre la vie de sa grand-mère arménienne dont les parents ont été assassinés à Alep, son père, le militant de gauche enfermé par la police d'Assad et dont la peine entraîne le refus de laisser l'amant de Hana l'épouser, à cause de la honte. Elle raconte comment sa famille a laissé faire, couvert l'infamie. Et la vengeance familiale arrive, implacable, sous la forme d'assassins à bord d'une voiture rapide. Noura n'écrira plus.
Maya la Libanaise qui vit à Paris, redécouvre son pays, sa culture, la condition faite aux femmes dans ce livre où se croisent et se mêlent les chemins de Syrie, de Turquie et du Liban. Vues par un Européen, il n'était pas si clair que ces cultures sont si étroitement imbriquées, résultantes e l'ancien empire ottoman.
Attentats, disparitions inexpliquées, la violence aveugle et les agressions au nom de l'État ou de l'honneur familial servent de toile de fond à ce roman intéressant et émouvant qui donne la parole à des femmes mais qui met aussi en avant de beaux personnages masculins dont celui de Kamal, l'amant éperdu qui apprend la mort de Noura, sa bien-aimée, et part vers un nouvel avenir.
Un roman parfois difficile à suivre en raison de la multiplicité des lieux et dates et des personnages qui se croisent sans avoir eu le temps de prendre un peu d'épaisseur.
Lu dans le cadre de Masse critique sur Babelio.
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de
  14 septembre 2019
Ton silence te tue à petit feu… Parle !
Août 1978, la violence, Noura et son amie Sabah, une lettre de sa soeur Hana, « une sensation d'étouffement, une envie de hurler », le suicide d'Hana, « Et pour se débarrasser du foetus, elle avait mis fin à sa propre vie », Beyrouth, « Beyrouth est gouvernée par la peur et le silence, humiliées par un officier syrien, un soldat israélien ou des miliciens, tour à tour ou conjointement », un pistolet et une mort, « Sur la banquette arrière, on trouve le cadavre d'une femme, la nuque et le chemisier de coton bleu sanguinolents, la tête dépassant du siège, les cheveux et le corps parsemés de tessons »…
Maya. Une sacoche abandonnée, « une mallette en cuir marron, poisseuse sur le coté, poisseuse, cabossée sur le côté », des photos et des documents antérieurs à la guerre, un journal posthume. La Syrie, le Liban et Istanbul. Noura et son amant Kamal.
Imane Humaydane mêle les histoires, les pertes et les souffrances, les amours, les personnes et les lieux. L'histoire de l'une et de l'autre découverte par lettres et photos interposées. La recherche du passé, la confrontation aux « incapables de vivre hors des cloisons qui délimitent les appartenance », la ville de Beyrouth, « un visage lifté révèle la violence d'une mémoire bafouée », la vie à Paris et celle à Istanbul, la mémoire d'une histoire récente et la quête des éléments d'une histoire plus ancienne, plus incertaine…
Les lieux et leur effacement, une correspondance d'Istanbul, le puzzle d'une histoire, les souvenirs et la mémoire, l'amie d'autre fois et l'attente d'un Ahmad, la mort à un jet de pierre, les amoureuses tensions, la perte de deux points cardinaux, le manque et le désir de vivre, l'« honneur des femmes », une affiche de Youri Gagarine, Asmahân, les questions, « J'ai du semer le chaos dans l'esprit de Sabah », les traces noirâtres sur le coeur…
L'autrice nous entraine dans une quête ou plus exactement une collecte de morceaux de vie, un puzzle dans les violences de la guerre et des pesanteurs sociales, les écrits de l'une sur l'autre et la lecture par une troisième femme, une poupée russe toujours incomplète. Elle restitue l'épaisseur à des personnes – plus particulièrement des femmes – en soulignant des éléments de contexte, les migrations et les exils, « L'oppression, le plus souvent masculine, oblige les femmes à prendre la fuite et à émigrer », l'omniprésence de la mort, les silences et les mensonges, « Après le suicide d'Hana, la famille a évité de s'interroger sur les raisons réelles de sa mort. Ils ont préféré se taire, tous. le silence est une économie sociale : une économie dans laquelle il n'y a ni épargne, ni investissement, juste une perte cumulée au fil du temps. Ils ont fermés les yeux, le prix de la vérité aurait été trop élevé, personne ne voulait s'en acquitter », la tristesse, « S'il existait une banque pour y déposer la tristesse, je serais parmi les plus riches »…
Chacun·e conte et raconte, les visages et les villes, « Cette ville palpitante danse sur ses blessures. A mon tour de danser sur les miennes », les manques et les passages « de la légèreté érotique à la pesanteur du réel », la mort et la fuite, les récits construits pour murer le mensonge, les grossesses et les enfants attendus, l'amour perdu, l'odeur et le tempo de la haine, « Et pourquoi les meurtres de femmes augmentent à mesure que les pieux prolifèrent ? », les miroirs des cités d'origine…
Et vient le temps d'une autre rencontre, « Qu'espères-tu de cette rencontre avec l'auteur de lettres vielles de dix-huit ans et adressées à une inconnue ? », la lecture stupéfiante de la dernière page du journal de Noura, le surgissement du passé, un coeur battant au rythme de la peur…
Et malgré ou justement pour cela, dans cette intrication particulière des dominations, la fenêtre de l'espoir, le désir d'émancipation de femmes, la première phrase du roman qu'écrit Maya : « Je ne savais pas que nous deviendrons les personnages d'une histoire qu'il nous restait à vivre »…
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Carole75
  21 juin 2017
Ce roman raconte le destin croisé de deux femmes, de passage à Beyrouth à vingt ans d'intervalle.
Maya, libanaise qui vit à Paris, se rend dans les années 1990 à Beyrouth, pays de son enfance, pour y réaliser un documentaire sur la reconstruction de la ville. Elle trouve par hasard une valise qui lui ouvre les portes du destin de Noura, journaliste syrienne réfugiée à Beyrouth dans les années 70. Cette valise contient le journal posthume de Noura, dans lequel elle retrace notamment le suicide de sa soeur. Elle contient également des lettres son amant, Kamal, opposant turc vivant à Istambul. Noura, qui pour avoir voulu porter l'histoire de sa soeur au grand jour à travers une nouvelle, sera assassinée sur commande de sa propre famille. Maya décide alors de remonter les traces de la vie de ce couple, et s'engage dans une enquête qui va la conduire vers une issue inattendue.
Ce livre décrit la vie des civils pendant la guerre du Liban mais aussi après le conflit. Il se penche en particulier sur le sort des femmes, les relations familiales, la difficulté d'aimer librement, le prix à payer pour oser braver l'honneur familial ou le respect des règles édictées par l'Etat, mais aussi les relations entre syriens, libanais et turcs, pris dans une histoire à la fois complexe et très imbriquée.
Ce livre n'est ni un récit historique, ni politique mais bien un roman, qui relate davantage l'atmosphère pendant la guerre du Liban, puis au moment de la reconstruction de Beyrouth. L'approche d'avoir donné la parole à deux femmes, tout en croisant leurs destins à vingt ans d'intervalle est assez originale. Il m'a toutefois manqué des descriptions de tableaux de Beyrouth pour m'immerger encore plus dans l'ambiance.
Lecture réalisée dans le cadre d'une masse critique Babelio
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Squirelito
  05 septembre 2017
Deux femmes, Noura et Maya. Deux destins. Toutes les deux journalistes. Toutes les deux ont fui la Syrie pour le Liban.
Noura sera assassinée en août 1978, en pleine guerre civile, suite à son obstination à écrire la vérité au sujet du suicide de sa soeur. Peu de temps avant d'être abattue elle avait mis au monde un petit garçon, fruit de sa liaison passionnée avec Kamal issu d'une minorité de Turquie.
Des années plus tard, en 1994, Maya, maman aussi d'un petit garçon et jeune veuve, découvre lors d'un tournage une mallette dans un immeuble en ruines. Ce sont des photos, le journal intime de Noura et les lettres enflammées de Kamal.
Au milieu, une troisième femme, Sabbah, l'amie énigmatique de la disparue qui permettra de rassembler les morceaux de ce puzzle. Et le début d'un retour en arrière avec toute la complexité de l'histoire syrienne, libanaise et turque, ce labyrinthe de religions, de politiques autoritaires, de diversités, de conflits plus intimes avec cette domination patriarcale.
La journaliste et anthropologue Imane Humaydane permet par ce roman de mieux percevoir l'imbroglio géopolitique et de confirmer, une fois encore, que la tragédie syrienne et la crise turque remontent à des décennies. Pris en tenaille, le Liban déchiré.
Aux personnages fictifs se greffent des personnages réels comme la diva égyptienne Oum Kalthoum, le cosmonaute Youri Gagarine dont la disparition reste étrange et surtout la chanteuse et actrice Asmohan dont le décès reste également mystérieux. Beaucoup d'énigmes dans un orient qui sent autant l'encens que la poudre…
Votre serviteur n'a pas grignoté ce récit, il l'a dévoré car une fois que vous êtes entré dans le hall, vous voulez monter jusqu'au grenier pour lire le dénouement même s'il est relativement prévisible dès la moitié du livre. La petite noisette qui vous fait chavirer : la splendeur des lettres de Kamal à Noura, poétiques, sensuelles, aimantes, cet amant qui « embrasse les yeux » de sa bien-aimée. Malgré l'enfer de la réalité, la fiction donne l'impression d'avaler… cinquante grammes de paradis.
Lien : http://squirelito.blogspot.f..
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beberoots
  30 mai 2017
J'aime quand Babelio propose des envoies de livres !! Même si je ne suis pas sûr d'aimer je tente ma chance car c'est une découverte à chaque fois ! Alors je remercie Babelio et les éditions Verticales pour ce roman fraîchement sorti !
Beyrouth, Année 70, Noura, journaliste syrienne exilée au Liban, découvre les raisons qui ont poussé sa soeur au suicide. Elle doit tout raconter, pour sa soeur qui a préféré mettre fin à ses jours plutôt que de salir son honneur et celui de sa famille. Mais en ce temps d'avant-guerre c'est Noura qui prend de gros risques à dévoiler la vérité. Elle va en payer le prix fort car ses détracteurs la pousse de force dans une voiture avant de la faire explosée. Toute cette histoire, Maya la découvre dans une sacoche abandonnée dans les décombres d'un immeuble du centre-ville alors qu'elle participe au tournage d'un documentaire. Elle parcours le journal de Noura, les lettres enflammées de Kamal son fiancé, trouvent des photos et part à la rencontre des personnes qui lui étaient proches... Cette histoire de famille se mêle à celle du Liban, de la Turquie et la Syrie dont les destins tragiques se croisent et va bouleverser la vie de Maya.
Malheureusement je ressors mitigée de cette lecture. Ce qui est assez rare pour un roman libanais, et j'en suis déçue. Mais l'auteur m'a perdue parmi tous ces personnages, dans les villes, dans l'histoire des pays... J'aurai préféré un roman plus intimiste et plus clair.
Certains personnages m'ont cependant touchée, l'auteur nous accorde de beaux passages de féminisme avec Noura, d'amour et de poésie avec Kamal et de doute avec la détresse de Maya face à son rôle de mère. Ils essaient tous de faire au mieux face aux guerres, aux conflits, malheureusement ils n'ont pas que ça à gérer, s'immisce les querelles familiales, les égos surdimensionnés, les honneurs à laver, les femmes meurtries.
Lien : https://lesmotschocolat.word..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
SquirelitoSquirelito   05 septembre 2017
Je désirais m’éloigner. J’ai donc accepté de venir ici. De ne plus retourner en Syrie. Mais pour cela, il fallait écrire. Je ne serais pas la première femme à m’exhiler pour ne pas mourir. Mon histoire viendra s’ajouter à celles de bien d’autres, contraintes de quitter leur pays
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dede   14 septembre 2019
Beyrouth est gouvernée par la peur et le silence, humiliées par un officier syrien, un soldat israélien ou des miliciens, tour à tour ou conjointement
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dede   14 septembre 2019
Après le suicide d’Hana, la famille a évité de s’interroger sur les raisons réelles de sa mort. Ils ont préféré se taire, tous. Le silence est une économie sociale : une économie dans laquelle il n’y a ni épargne, ni investissement, juste une perte cumulée au fil du temps. Ils ont fermés les yeux, le prix de la vérité aurait été trop élevé, personne ne voulait s’en acquitter
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dede   14 septembre 2019
Sur la banquette arrière, on trouve le cadavre d’une femme, la nuque et le chemisier de coton bleu sanguinolents, la tête dépassant du siège, les cheveux et le corps parsemés de tessons
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beberootsbeberoots   01 juin 2017
Les étoffes bougent au gré de ces corps féminins éreintés qui, par fierté, abritent leur fatigue derrière un voile, paravent de Dieu.
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