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Critique de Takalirsa


Takalirsa
  17 juin 2020
Voici un roman atypique, très introspectif et un brin philosophique, qui m'a rappelé certaines lectures de développement personnel. Il y est question du retour à la nature cathartique d'une trentenaire accompagnée de sa mère, après le double deuil de son fils et de son frère. On n'en saura guère plus dans ce récit mi-contemplatif mi-réflexif d'une femme qui se reconstruit tant bien que mal. La seule action réside dans un « événement » un peu obscur (une agression ? Par qui ? Pourquoi?) duquel elle ressort brisée physiquement.

Je me suis laissée bercer par les mots, tantôt séduite, tantôt indifférente. Certaines idées ont fait écho en moi, notamment le désir, plus ou moins durable, de s'isoler au calme, loin de l'agitation du monde, pour mieux en apprécier les richesses. Dans ce roman la nature est aride, en plein coeur d'un hiver glacial, mais pas hostile pour autant. Elle oblige à revenir à l'essentiel. A se débarrasser du superflu (« Nous vivons avec peu de choses, coupées du monde. Je sens que je suis mieux lorsque peu d'objets m'entourent »). A prendre le temps. Observer la beauté de la forêt enneigée. Elle favorise l'introspection autant que le détachement : « Ne pas ruminer le passé, ne pas se projeter dans le futur, vivre ici et maintenant. Être dans le présent, de façon absolue, profonde, totale ».

Les deux femmes se concentrent l'une sur l'autre, sans effusion – ce n'est pas dans leur caractère (« Maman ne laisse que peu de choses transparaître »). Mère et fille n'ont pas de relation fusionnelle mais sont attentives l'une à l'autre. Se comprennent sans s'exprimer guère autrement que par lecture interposée, choisissant les phrases des autres pour exprimer leur ressenti le plus justement possible. Les sentiments profonds sont tus, ils finiront par disparaître dans le froid qui envahit les corps et les esprits. Ces longues semaines passées dans la cabane isolée, où tout vient à manquer (« Venir en ville est toujours une épreuve »), est « comme une sorte de purge ». Une façon de faire son deuil (« l'hiver anesthésie les peines ») et aussi « d'aller chercher dans les profondeurs nos ressources enfouies », à travers une démarche qui se veut initiatique (« C'est un chemin à faire »). Mais si « cette terre dure vous met à l'épreuve » c'est, on l'espère, pour mieux renaître avec le printemps, pour « sortir de moi et de tout cela plus forte », et à défaut d'être heureuse à nouveau, un jour, de se sentir apaisée.
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