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Critique de Franz


Franz
  27 avril 2022
Que reste-t-il de nos âmes mûres ?
Dans l'aurore violette, quelque part sur la côte rocheuse au-dessus de la mer Tyrrhénienne, une femme quarantenaire, le regard farouche, va faire le saut de l'ange d'une hauteur vertigineuse. Il s'agit de Marie, amoureuse à vingt ans de Raphaël. A l'époque, ils s'étaient faits le serment, enregistré sur une cassette VHS, de se retrouver âgés de quarante ans, à Rome, la ville éternelle, pour une nuit, quelle que soit leur situation du moment. Raphaël ne veut même pas y penser d'autant que sa vie est avec Sophia mais il y songe tout le temps depuis qu'il a reçu par colis postal la fatidique cassette et la promesse juvénile, lui rappelant ce qu'il a été, avec ses rêves et ses désirs enfuis. La visionnant en pleine fiesta avec ses potes et Sophia, Raphaël déchiffre les paroles muettes de Marie car, heureusement, obsolescence du matériel oblige, il y a l'image, sans le son. Prêts à bouleverser leurs existences, Marie et Raphaël s'embarquent pour Rome chacun de leur côté.
Premier volume d'un diptyque conséquent, Une nuit à Rome raconte les atermoiements d'un quarantenaire dont la velléité agace et la détermination d'une femme énergique hantée par la nostalgie du lendemain. La force de l'album réside pour une grande part dans son découpage et sa mise en page. L'histoire banale en soi est ainsi dynamisée au point de capter l'attention jusqu'au bout. le romantisme niaiseux d'adolescents attardés ne plombe nullement le récit. Cela tient en partie au fait que l'auteur ne s'enlise pas dans une psychologie fastidieuse mais relate l'enchaînement des menus gestes, des attitudes anodines, des réflexions sommaires pour construire un quotidien probable dans lequel le lecteur peut s'immerger. Les dialogues sonnent bien et juste. Certaines remarques fouillent la mémoire du lecteur. le graphisme clair et délié, fin et précis ne s'accorde pas toujours aux couleurs qui le noient parfois. N'empêche ! L'ensemble reste de haute tenue et de bonne facture. Il ne sera pas facile de filmer une telle histoire tant l'art du scénariste et dessinateur Jim est fin et personnel.
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