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Critique de sylvieboop24


sylvieboop24
  20 décembre 2020
L'histoire nous transporte à la Havane, nous dépeint avec talent une époque, un contexte, un pays. Nous découvrons Juan del Monte Jonava, un chanteur dont la voix extraordinaire lui a valu le surnom de « Don Fuego ». Une gloire vieillissante, tout comme le régime castriste. le Buena Vista a changé de propriétaire et Juan, à 60 ans, est remercié et cours le cachet.
Il ne vit que pour sa musique, et lui qui a chanté devant les plus grands ne comprends pas que l'on ne veuille plus de lui. Il traine, déambule dans cette ville de la Havane qui est sienne depuis toujours.
Extrait p.61 : « Sans la musique, je ne suis qu'un écho anonyme lâché dans le vent. Je n'ai plus de veines, et donc plus de sang ; je n'ai plus d'os pour tenir debout ni de face à voiler. »

Il vit chez sa soeur Serena où s'empile divers membres de la famille (sa soeur, le mari de cette dernière, leurs 3 enfants, la belle-soeur de Serena avec son mari et leur bébé, une cousine). Il y partage d'ailleurs sa chambre avec son fils, Ricardo, cet inconnu. Sa fille, elle vit avec sa mère. A la Havane, il est courant que les familles vivent à plusieurs dans un logement.
Extrait p.50 : « Depuis 1959 et la révolution castriste, la population a centuplé, mais la ville n'a pas bougé d'un poil, comme si une malédiction la retenait captive d'un passé aussi flamboyant que l'enfer. »

Lors de ses déambulations, « Don Fuego » croise une jeune fille, sa cadette de 40 ans.
Mayensi à la chevelure aussi rouge que le soleil se couchant sur l'océan. Mayensi si mystérieuse. Et le feu de Don Fuego se rallume pour cette belle, ce dernier amour, ce dernier tour de piste. Pour elle il veut briller. Encore. Décrocher la lune. Toujours. Mais les apparences peuvent être trompeuses ; voir mortelles. Son ami Panchito l'a pourtant mis en garde …
Extrait P.96 : « Tu vas te gargariser et crier sur tous les toits que tu n'es pas une marionnette, poursuit-il comme s'il lisait dans mes pensées. Pour preuve, tu montres que tu n'as pas de ficelles aux bras ni aux pieds. N'empêche, tu es plus à plaindre que les poupées en chiffon car le marionnettiste qui te manipule, c'est toi, et tu ne le sais pas. »

Mais même fleurter avec la mort vaux la peine, lorsque cela permet de vivre et croire encore... Même un instant. Et puis la mort, en le rejetant, lui a rendu sa fille. Et ça c'est un vrai cadeau !
Et ce n'est pas le seul. A 64 ans voilà notre Juan sur les routes, chanteur d'un groupe….
Extrait p.255 : « Il faut faire une croix sur ce qui est fini si l'on veut se réinventer ailleurs. Panchito savait de quoi il parlait. Il m'a fallu du temps pour l'admettre, mais j'y suis parvenu. Après tout, qu'est-ce que la vie sinon une interminable mise à l'épreuve. Celui qui se relève de ses faux pas aura gagné l'estime des dieux. de toutes les couleurs qu'on lui en a fait voir, il construira un arc-en-ciel. »

C'est beau, c'est triste, c'est nostalgique.
L'espoir et l'amitié brillent à travers les mots et leurs échos.
Merci à Yasmina pour ce roman.
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