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Critique de ATOS


ATOS
  04 janvier 2014
Isoler le flamenco de la tauromachie est impossible.
Ils font partie du même théâtre : la tragédie antique.
Le choeur répond, attise, autorise, accompagne, se tait.
L'expression des solitudes de l'homme face à sa peur.
Amour, séduction, passion, mort sont intimement liés.
Dialogue incessant.
Moment de vérité et de mort.
«  Eros et Thanatos se confondent ».
Inséparables.
L'un et l'autre sont des arts communautaires éphémères, intemporels.
Il faut pour le comprendre revenir à leur naissance. Ces deux arts ont les mêmes origines, la même histoire. L'un et l'autre n'ont pas toujours été des arts politiquement corrects, des icônes exotiques, des hochets pour touristes...
L'un et l'autre correspondent à une culture de la marginalité.
Ils ont tous deux à un moment de leur histoire été récupérés par l'appareil d'état et religieux qui devant leur impuissance à les faire taire ont préféré les encadrer les dominer les réglementer.
L'un est l'autre sont enfants du fleuve Guadalquivir, de la terre et du ciel, Enfants des sables, enfants gitans .
Arts du rituel, de la transe, du transport, arts du passage.
« L'obscur racine du cri » comme le désignait Frederico Garcia Lorca.
Chant profond. L'origine. Violence, combat. Percussions du sol, écriture de la matière élémentaire.
L'eau, le feu, la terre, l'air : chemins de poussière. L'homme trace et ne grave rien.
Inspiration, improvisation : Geste, souffle, parole, tout se construit à l'instant, et rien n'en subsistera. Mémoire originelle.
Actes tragiques et ironiques.
Recherche, quête de l'Autre, cet autre et ce moi même.
Dualité constante : communauté/individu, féminin/masculin, homme/ divin.
Petit traité anthropologie culturelle qui nous permet de réaliser que le Sacré ne relèvera jamais d'aucune morale.
Ce sont des arts profanes, dans le sens de la profanation, de l'insoumission.
Voilà sans doute pourquoi il y aura toujours autour de ces deux arts autant de questionnement, de fascination, de peur, de répulsions, d'incompréhension. C'est dans le risqe de leur parole que ces deux arts conjuguent leur destin.
Le chant profond de l'homme n'est pas une berceuse, il exprime l'authenticité de l'humain.
L'homme , cet éternel Eros malgré tout, héros par lui même, ce sensible mortel, ce sauvage labyrinthique.

Astrid Shriqui Garain
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