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Critique de beatriceferon


beatriceferon
  20 décembre 2015
Franz Stangl a toujours été le grand amour de Theresa, « parce que les raisons de ne plus l'aimer, moi je les ai contournées ; je m'en suis détournée comme on détourne le regard sans avoir vraiment vu, sans avoir voulu voir ; je les ai même oubliées finalement, au point qu'une seule évidence demeurait dans le chaos, c'était que je portais son nom ; je m'appelais Theresa Stangl, Frau Stangl parce que je l'avais choisi pour mari, lui, Franz Stangl, que depuis le début je l'avais aimé, que j'étais sa femme. »
Mais peut-on aimer envers et contre tout ? Peut-on fermer les yeux sur les actions commises par celui qu'on aime ? Car enfin, Franz Stangl, ce n'est pas n'importe qui. C'était le commandant de Sobibor, puis de Treblinka, deux camps d'extermination nazis.
Le livre est très court, puisqu'il ne compte que cinquante pages, mais chacune est dense, âpre, dure. Nicole Malinconi se glisse dans la tête de Theresa et la place face à un dilemme : aurait-elle pu faire quelque chose au lieu de choisir la voie de la facilité et de faire semblant de ne rien savoir ? Theresa se paie de belles paroles, tout comme Garcin dans « Huis clos », auquel Inès lance : « Tu n'es rien d'autre que tes actes ».
Theresa s'est persuadée qu'elle avait mené une « vie honorable » parce que cela l'arrangeait. Pourtant, quand elle a « vu sa photo, en uniforme, dans les journaux, et lu qu'on avait arrêté le commandant de Sobibor et de Treblinka, et su enfin qu'au lieu des travaux de construction, c'étaient des milliers de mises à mort qu'ils avaient dirigées comme on dirige une entreprise, que c'était lui le commandant », elle ne peut plus se leurrer. « Il m'avait menti, lui, cet homme honorable, à propos d'une chose si déshonorante ; il était des leurs et il me l'avait caché. »
J'ai donc trouvé ce texte très intéressant, car Nicole Malinconi pénètre dans les pensées, les interrogations de Theresa qui, pendant des années s'est permis de croire à une belle histoire d'amour et a excusé, en son nom, non seulement l'atrocité des actes commis par Franz, mais a occulté sa part de responsabilité personnelle.
Une terrible et intéressante réflexion, malgré la brièveté de l'oeuvre.
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