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Critique de Arakasi


Arakasi
  31 décembre 2012
Cazaril était un homme fort, un homme courageux, un meneur, un général… Mais tout cela, c'était avant. Avant les dix-sept ans de guerre incessante qui l'ont laissé dégouté des hommes et de lui-même. Avant les trois ans de galères qui ont suivi, trois années interminables à peiner jour et nuit sur sa rame en ployant le dos sous les coups des contremaîtres roknaris. Maintenant, Cazaril n'est plus rien : un mendiant misérable trainant sa carcasse de cité en cité à travers le royaume de Chalion dans l'espoir d'un morceau de pain et d'un coin de carrelage tiède où dormir. Par chance, la Provincara de Baocia, auprès de laquelle il avait servi comme page étant enfant, le prend en pitié. Non content de lui offrir un poste à ses côtés, elle le nomme secrétaire et précepteur de la royesse Iselle, soeur cadette de l'héritier de Chalion. Un poste de tout repos et idéal pour un homme épuisé, décidé à fuir les deux fléaux qui ont déjà brisé sa vie : les responsabilités et les intrigues politiques.

En apparence du moins. Car dans la lointaine capitale du royaume, Cardegoss, le roya Orico se meurt et fait appeler à ses côtés ses potentiels héritiers. Entre les murs blancs de Cardegoss, Cazaril va se retrouver confronté à tous ses vieux démons – anciens ennemis prêts à en découdre, vieux amis tout aussi embarrassants, trahisons et pièges en tout genre – mais également à une sombre malédiction qui plane au dessus de la famille royale, attirant siècle après siècle malheurs et drames sur ses descendants.

Coups fourrés, meurtres politiques, mariages forcés, conspirations… Autant dire que l'on ne s'ennuie pas dans cette première incursion fort réussie de Loïs McMaster Bujold dans le domaine de la fantasy. Bien que l'univers ne soit pas d'une originalité foudroyante (fantasy médiévale de base avec des petits royaumes ennemis qui tentent mutuellement de se mettre la pâtée, tandis que des courtisans corrompus les rongent de l'intérieur), la roman séduit par son intrigue bien construite, son style fluide, ses petites pointes d'humour habilement parsemées ça et là, mais surtout – et c'est la grande force de l'auteur – ses protagonistes très bien campés. Cazaril est un personnage particulièrement sympathique, un de ces incurables braves types incapables de s'adapter au milieu venimeux de la cour, car trop bornés et scrupuleux, mais que cet entêtement même rend incroyablement attachants. Comme toujours chez Bujold, les personnages de femmes sont particulièrement réussis : volontaires et intelligentes, elles volent souvent la vedette aux hommes et semblent, en général, savoir beaucoup mieux ce qu'elles veulent et comment l'obtenir.

Sans être inoubliable, ni lorgner vers la haute littérature, « le fléau de Chalion » est indubitablement un roman de fantasy très agréable à lire. Ses 700 pages se dévorent avec beaucoup de plaisir et de fluidité. Je conserve malgré tout une préférence marquée pour la saga de science-fiction « les Vorkosigan » du même auteur mais la nostalgie doit bien y être pour quelque chose…
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