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Critique de Sachenka


Sachenka
  22 août 2019
Imaginez un photographe de guerre prend un cliché, celui d'un jeune soldat croate en déroute pendant le conflit en Bosnie. Imaginez aussi que, quelque temps plus tard, ce jeune soldat soit capturé, reconnu à cause de la photo qui a paru dans des magazines, puis qu'il soit torturé. Et que sa famille soit retrouvée et exécutée. Ouf ! Ce jeune soldat, Ivo Markovic, fera tout pour retrouver le photographe qui, plusieurs années plus tard, s'est converti à la peinture, son premier amour. Ce photographe/peintre, Faulques, a acquis une tour dans le sud de l'Espagne et a entrepris de composer une grande circulaire fresque représentant le paysage intemporel d'une bataille. Toutes les horreurs commises tout au long de l'humanité y figurent… à donner des frissons.

C'est là que Markovic le retrouve pour se venger. Mais attention, ce roman n'est pas un thriller ni un polar. C'est un roman d'introspection. Ainsi, avant d'exercer sa vengeance, Markovic veut comprendre. Et il veut que Faulques comprenne. Il s'ensuit des échanges qui s'étirent sur plusieurs jours où il est question de guerre, de drames humains, de responsabilité, de foi et de Dieu, d'art, etc. D'amour, aussi. Ces échanges, je les ai trouvé réellement intéressants. On y aborde des thèmes universels comme la nature humaine et d'autres, plus sombres, sur lesquels on n'a pas l'habitude de se pencher (heureusement !).

Arturo Pérez-Reverte est un auteur que j'adore. Comme toujours, il s'est très bien documenté. le monde de la photographie de guerre m'est assez inconnu et il a su le rendre crédible à mes yeux. (Peut-être qu'on professionnel y trouverait à redire mais, moi, il m'a suffit.) J'y ai cru. Aussi, toutes ces références aux conflits de l'ère moderne, de l'Éthiopie à l'Afghanistan, en passant par la Bosnie, toutes ces références à l'art et à la peinture, ces flashbacks dans lesquels il se promène au palais Pitti ou dans d'autres galeries reconnues où il s'extasiait devant des toiles que j'ai vues, je les ai saisies. Ainsi, ce roman, le peintre de batailles, m'a plu et il a su m'intriguer. Peut-être pas autant que je l'aurais souhaité mais suffisamment.

Toutefois, il ne m'a pas complètement convaincu. Sa prémisse de départ et la façon dont Markovic s'immisce dans la vie de Faulques, toute cette situation, elle m'a paru un peu artificielle. Comme si le point de départ avait été ces échanges sur la vie, la mort, la violence, la bêtise humaine et la culpabilité (ou l'absence de culpabilité) et que l'auteur n'avait trouvé que tardivement cette histoire de photographe de guerre pour y arriver. Les fils ne sont pas blancs mais on les a un peu trop étirés pour les raccorder. Bref, ça manquait de naturel, ça semblait forcé. le dénouement, aussi, plus on y approchait, devenait prévisible. Mais pour tout le reste, je suis preneur. le peintre de batailles est un roman troublant, de ceux qu'il est bon de lire de temps à autre. Pérez-Reverte ne donne pas de leçon, il expose, livre des pistes de réflexion. Ce sera au lecteur de se faire une tête.
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