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Critique de Tandarica


Tandarica
  30 avril 2020
Ah, comme j'aimerais bien tomber sur des lutins qui la nuit « accomplissent complaisamment les tâches ménagères et disparaissent au matin ». Je dois cependant me contenter de l'aide de mes deux filles pour ce faire et je les gratifie en partie en leur proposant de beaux livres comme celui-ci.

Je précise tout d'abord que l'illustration de couverture et les dessins de l'intérieur sont signés de Sylvain Bourrières et que j'ai, pour ma part, beaucoup apprécié son travail. On est bien loin des représentations de fées à la Walt Disney et c'est tant mieux. Vraiment ! La couverture suggère fort bien des éléments clés de cette histoire, dont notamment les ruines d'une forteresse et une belle et délicate Mélusine. le dessin de la fin du chapitre 3 propose par exemple de beaux effets de lumières et d'ombres, au clair de lune.

Dans sa postface Michèle Perret rappelle qu'elle adapte (c'est également indiqué en sous-titre « d'après le roman de Jean d'Arras, XIVe siècle ») ici une histoire déjà écrite (et traduite de l'ancien français par ses soins comme indiqué dans la bibliographie, Jean d'ARRAS, Mélusine, roman du XIVe siècle. Préface de Jacques LE GOFF, traduction et postface de Michèle PERRET, Stock, 1979) :

« “Telle est la véridique histoire de la puissante forteresse de Lusignan en Poitou et de la noble lignée qui est issue de la fondatrice de cette forteresse, lignée qui régnera jusqu'à la fin du monde…” nous dit Jean d'Arras, un auteur de talent dont nous ne connaissons que le nom et qui, en pleine guerre de Cent Ans, écrivit en français la légende de Mélusine sur les ordres de son seigneur Jean de Berry, un prince du sang qui venait de reprendre la forteresse de Lusignan aux Anglais et se croyait un peu parent avec la fée poitevine. »

C'est donc le fruit d'un travail de longue haleine qui nous est restitué ici. le résultat est charmant, romanesque à souhait.

Insister sur la véracité de l'histoire me semble être une marque de croyance dans les éléments surnaturels ou féeriques qui est propre au conte. C'est aussi un moyen de capter l'attention comme cette touche d'humour de la part de Michèle Perret qui insert une note de bas de page à l'attention des (petits) lecteurs lors qu'il s'agit d'allumer un feu : « pas d'allumettes, bien sûr, à cette époque », ou bien de nous expliquer ce que se signer voulait dire « il ne s'agit pas seulement de s'attirer la protection de Dieu, comme aujourd'hui avant de faire quelque chose de difficile (tirer une question à un examen ou un penalty au foot !) [...] ».

C'est en revanche avec beaucoup de sérieux que d'autres nombreuses notes nous aident à mieux comprendre le contexte historique légendaire, comme celle-ci : « Léger anachronisme : les canons existaient à la fin du XIVe siècle, à l'époque où Jean d'Arras racontait la légende de Mélusine, mais ils n'existaient certes pas encore dans les temps reculés où sont supposés avoir vécu Mélusine et Raymondin ».

De nombreuses belles phrases péremptoires comme « mérite vaut mieux que beauté » ou « et les jugements de Dieu sont si mystérieux que nul homme ne peut les comprendre avec son esprit limité » trottent encore dans l'esprit du lecteur bien après la fin de la lecture.

Le roi Élienor perd sa femme la fée Pressine qui donne naissance à trois filles : Mélusine, Mélior et Palestine. C'est ainsi que commence ce conte de Mélusine où ils sont nombreux à expier des fautes et où on est souvent convié à célébrer un mariage ! Deux appendices nous renseignent sur le sort des deux autres soeurs.

Très belle découverte, au hasard heureux des amitiés qui se nouent sur babelio !
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