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Critique de finitysend


Une histoire bretano-centrée . Ce qui vaut à cet ouvrage les foudres d'un certain public . Je dirais que plus on est jacobin , moins on semble l'apprécier .
C'est dommage pourtant de se priver de ce texte qui possède de très sérieuses qualités .
C'est une histoire de la Bretagne pour le grand public et finalement c'est une solide initiation pour le grand public .

Je commencerais par un aparté . Sachez que l'histoire de la Bretagne est un sujet hautement sensible en fait et de surcroit sachez qu'il faut souvent passer au tamis les travaux les plus sérieux et les plus présentables . La Bretagne , la province que nous connaissons n'est pas véritablement historiquement parlant une province .
Les celtes conquièrent ce territoire et ils le celtise partiellement . le territoire est très largement romanisé . Puis il est pacifiquement envahis par des populations de Cornouailles qui fuient les invasions saxonnes en Grande Bretagne . Ils receltisent le pays dans sa moitié occidentale . Les Carolingiens font de ce territoire une « Marche « , qui s'érigera en duché pour se constituer en royaume celtique unifié de culture insulaire . Ce royaume s'étendra vers l'est en rependant cette culture celtique alors que paradoxalement à l'écrit , le pays est gouverné en latin . Apres vannes et Dinan en gros le territoire reste de langue romane sauf vers Nantes ou la langue Bretonne domine sur la cote .
Dans ses rapports avec la France et dès le XIII ièm siècle le territoire se qualifie de duché conformément aux définitions carolingiennes et contrairement aux logiques identitaires et politiques d'origines insulaires . Dans les ambiguïtés résultant de cette riche histoire , se cache un véritable pugilat et je recommande aux lecteurs éventuels d'être très vigilants car l'histoire celtique de la région est franchement très curieusement abordé dans ce pays et curieusement de façons beaucoup moins objectives que le basque ou bien que les langues d'oc ou l'alsacien .
Bon en tout cas comme historien de l'histoire celtique de la Bretagne je vous recommande Hervé Abalain , qui aussi compétant en celtisme alors que se « tète semble bien rangée « comme on le dirais en hébreu , pour dire qu'il est d'une objectivité sans faille .

Enfin bref : Ce texte est assez court et la Bretagne possède une longue histoire et je trouve que c'est un bon résumé de cette tumultueuse histoire . .
Les auteurs traitent du moyen-âge et de l'époque contemporaine
Mon commentaire cible le moyen-âge et revient sur l'antiquité :
Les auteurs s'enfoncent courageusement et avec habileté dans les méandres des règnes des dynastes bretons et il parviennent à rendre tout cela vivant alors que c'est des questions qui sont complexes . C'est principalement de l'histoire dynastique et politique et c'est rédigé de façon très avenante .

Pour les périodes anciennes : j'ai beaucoup regretté l'absence de notes pointues et je regrette aussi que le volume de l'ouvrage ne permette pas aux auteurs d'entrer dans les détails pour des questions passionnantes et très spécifiques à la Bretagne . Des questions comme : les libertés paysannes ou encore les aspects celtiques de l'église de Bretagne avant la normalisation continentale .
ou encore aussi la féodalité bretonne qui est remarquablement singulière , de même le fait que c'est vraiment et massivement un pays de petite noblesse et l'importance de la petite noblesse a son importance du point de vue politique .

Les auteurs ne nient pas la celtisation tardive de la Bretagne ... au contraire ...
La celtisation de ce pays fût tardive et indiscutablement profonde si on se réfère à l'étude des pratiques funéraires et au très solide sentiment de solidarité inter-celtique des populations d'Armorique à l'époque de la conquête romaine ..

Par la suite la romanisation fût poussée comme partout ailleurs en gaule celtique mais pas plus qu'ailleurs .
En celtique gauloise le celte disparut au 6eme siècle (seulement si j'en crois Grégoire de Tours ? Histoire des Francs ( Historia regnum francorum ) ...
Les auteurs clarifient les modalités de la " re-celtisation " par les insulaires .
Je ferais le reproche suivant à cette histoire : les auteurs n'insistent pas assez sur l'héritage gaulois qui est attesté pourtant par la linguistique ( phonétique ainsi que par les dynamiques de la toponymie et même par des informations indirectes concernant les créations de paroisses ) .

Ce texte est néanmoins une bonne introduction au sujet et il possède l'incomparable mérite de poser la question sur de bonnes bases :
L'histoire de la Bretagne n'est pas l'histoire d'une région qui cherche à s'émanciper mais celle d'un état qui s'est efforcé d'être digéré le moins vite possible par une entité plus vaste .
Ps : pour info je ne suis pas un nationaliste breton pour la bonne raison que je ne suis pas breton ...

Des précisions donc concernant l'histoire ancienne
Relativement à l'ouest de la France et au sud de la France , les grandes densités de peuplement préceltiques et la vigueur des civilisations pré indoeuropéennes est indiscutable .
Ceci est à mettre en rapport avec l'origine méditerranéenne de la néolithisation d'une partie du sud du territoire français et qui causa l'essor du peuplement post glaciaire de ces régions .
Les monuments mégalithiques de Bretagne témoigne indiscutablement de la vigueur de ces peuplements préceltiques - mais en témoignent aussi les redoutables fortifications de la Hague. Dans le nord-est du cotentin qui protègent un immense terroir ...

La néolithisation précoce par la méditerranée a ainsi sauvé les civilisations « basques » en leur apportant une solide assise démographique et les populations du midi s'envolèrent littéralement du point de vue des effectifs .
Pour le grand ouest , les vagues celtiques furent très importantes par contre à cause de la proximité du bassin parisien et du reflux celtique danubien et rhénan .
Cependant pour ce qui est de la Bretagne disons que le fond du peuplement était non celtique dans de fortes proportions mais que culturellement la population était indiscutablement de culture gauloise et celte dès avant la romanisation avec sans doutes possibles des particularismes antéceltiques - perso je pense qu'ils étaient religieux et ruraux principalement ainsi que en rapport avec des cultes agraires avec peut-être un peu d'apports linguistiques -
Très peu de choses vont dans le sens d'un legs linguistique préceltique en Armorique et même beaucoup moins que partout ailleurs dans l'hexagone !
La toponymie témoigne pour toute la Bretagne de civilisation bretonne que dans des proportions assez importantes les populations gauloises étaient présentes dans des proportions très notables..
Pour ce qui est de la phonétique surtout c'est le Gwened Morbihan et presque jusque Nantes qui conserve peut être la trace du gaulois du point de vue phonologique -mais peut être seulement ce n'est pas certain mais c'est assez probable -

Le gaulois de Bretagne était probablement assez vivace mais très dialectalisé – Il était rural et localement et ponctuellement , le conservatoire du paganisme – Ceci à cause des élites assez romanisées ainsi que à cause d'une vie urbaine bien calée qui l'avaient certainement déjà grandement marginalisé .
La Bretagne fut outre très désorganisée par les invasions germaniques et ses élites furent déstructurées et cela influât nécessairement sur les modalités de l'implantation insulaires .Cette implantation fut pacifique et encouragée par les élites , mais localement ils y eut des conflits notamment dans de rares contextes païens mais pas seulement . Il faut insister sur le caractère très intense et très déstructurant des invasions scandinaves en Bretagne .
Par ailleurs le gaulois était une langue brittonique de même origine que les langues insulaires , de ce fait excessivement proche du breton au point que les échanges linguistiques entre ces deux langues serraient quasi indiscernables . le plus éloquent c'est les implantations très nombreuses de toponymes insulaires et la refondation des « pagus » sur de nouvelles bases politiques et territoriales -à l'est de la péninsule – Les toponymes celtique d'origines insulaires sont marqué différemment lorsqu'il croisent du roman ou du celte et il y d'autres paramètres que linguistiques les concernant ...

Concernant l'héritage préceltique breton il est ( et c'est très dommage ) : indiscernable et les mégalithes ne doivent pas cacher la foret celtique bretonne préromaine sourire ..
Le massif central et le nord des alpes ont par exemple une dynamique voisine de l'Armorique « montagnarde » . La faible densité et la faiblesse de l'urbanité . le celte semble s'y être maintenu jusque le 7e siècle . Ceci dans le massif central et dans les alpes "nordiques" , après avoir vraisemblablement connut des difficultés pour s'y installer .Pour les mêmes raisons il aura tendance à se maintenir plus tardivement dans ces régions ..
Je ne connais des langues d'oc que les textes des troubadours mais je trouves remarquable l'absence de diphtongues nasales du type : an ,in,on ,un et du u français qui est ou en oc .
Et c'est le signe d'une influence phonologique plus faible du celte en pays d'oc car cette particularité et singularité du français est un héritage celte .
Pour le sud il faut tenir compte de la " provincia " qui fut romanisée plus en profondeur et de loin que le reste de la Gaule et ce à tous points de vue ..
PS : le peuplement apparentés aux basques était dominant jusque la Garonne et les habitants de pays obtinrent d'auguste la création de l'Aquitaine et ils affirmaient à cette occasion qu'ils n'avait rien de celte et de gaulois ..
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