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  05 janvier 2012
Hier la démocratie était ”mobilisée” dans la lutte contre le totalitarisme du socialisme réellement existant mais ni contre le régime de l'apartheid en Afrique du Sud ni contre la dictature de Pinochet au Chili, aujourd'hui elle est ”exportée” au bout des fusils en Irak ou en Afghanistan. Dans le même temps, certains ”intellectuels” critiquent ”l'individualisme démocratique” ou l”égalitarisme” source d'un nouvel totalitarisme.

Comme l'indique Jacques Rancière, il convient de remonter au scandale du gouvernement du peuple et saisir les liens complexes entre démocratie, politique, république et représentation.

Son petit livre est composé de quatre chapitres « de la démocratie victorieuse à la démocratie criminelle », « La politique ou le pasteur perdu », « Démocratie, république, représentation » et « Les raisons d'une haine ».

L'auteur nous rappelle que le mouvement démocratique est « un double mouvement de transgression des limites, un mouvement pour étendre l'égalité à l'homme public à d'autres domaines de la vie commune, et en particulier à tous ceux que gouverne l'illimitation capitaliste de la richesse, un mouvement aussi pour réaffirmer l'appartenance à tous et à n'importe qui de cette sphère publique incessamment privatisée. »

En reliant démocratie , république et représentation, l'auteur s'éloigne, à juste titre, des désincarnation abstraite de la démocratie, idéal toujours souhaitable mais surtout non-applicable pour ceux qui n'acceptent pas l'égalité réelle entre les humains ; dois-je rappeler ici, la notion d'universalisme, hier limité aux hommes (donc excluant les femmes), aujourd'hui limitée aux nationaux (excluant des populations vivant et travaillant sur le territoire).

La naturalisation des phénomènes sociaux et en particulier du marché, ne laisse plus beaucoup de place aux débats politiques et aux choix, donc à la démocratie. L'exemple du référendum sur la ”constitution européenne” montre, néanmoins, que contre la ”seule” solution réellement existante prônée par la majorité du personnel politique, les journalistes et les experts de toutes sortes, il est non seulement possible de mener les débats sur le fond, mais aussi de réhabiliter l'idée, et de la faire devenir majoritaire, de nécessaires choix politiques « La principale surprise du référendum a été celle-ci : une majorité de votants a jugé, à l'inverse, que la question était une vraie question, qu'elle relevait non de l'adhésion de la population mais de la souveraineté du peuple et que celui-ci pouvait donc y répondre non aussi bien que oui. »

Dans les relations entre les humains,les relations sont socialement construites, historiques situées, rien ne justifie un ”hors débat”, des décisions confiscatoires de la dispute politique. Contre les visions dominantes l'auteur nous rappelle que « La nouvelle haine de la démocratie n'est donc, en un sens, qu'une des formes de la confusion qui affecte ce terme. Elle double la confusion consensuelle en faisant du mot ”démocratie” un opérateur idéologique qui dépolitise les questions de la vie publique pour en faire des ”phénomènes de société”, tout en déniant les formes de domination qui structurent la société. »

Reste, après ces analyses réjouissantes, à débattre des formes et conditions possibles de l'exercice de la démocratie : égalité réelle, incursions dans la propriété privée, pluripartisme, articulation entre représentation directe et représentation universelle, place du tirage au sort, etc…..

Contre les confiscations par le marché ou par les experts de toutes sortes, il faut réaffirmer la puissance subversive de l'idée démocratique, du gouvernement du souverain par lui-même, de l'auto-organisation des populations.

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