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Critique de kielosa



La première version de cet ouvrage est sorti en 2005. Onze ans plus tard, l'auteure a republié son livre en tenant compte de l'évolution pendant cette période.

Rebecca Solnit a écrit son opus 6 semaines après que Fiston Bush a eu l' idée géniale d'envahir l'Irak. Apparemment elle a dû être foncièrement scandalisée et ce grand chef d'État n'a toujours pas compris sa monumentale bêtise, contrairement aux réfugiés politiques qui, voilà bientôt 15 ans après, en sont les victimes innocentes. C'est en taule qu'il devrait séjourner lui et ses acolytes Dick Cheney et Donald Rumsfeld, qui forment un sinon le plus écoeurant trio dans l'histoire des États-Unis.

C'est en fait un drôle de livre, qui contient certaines considérations un brin trop américaines à mon goût, mais qui comporte aussi des constatations originales et des observations surprenantes. Rebecca Solnit, qui a 58 ans, a grandi en Californie mais est venue en France, à 17 ans pour étudier. Elle a obtenu par apres une maîtrise en journalisme à l'université de Berkeley en Californie. Toute sa vie elle a participé activement à des campagnes pour la paix, l'environnement, les droits de l'homme, la violence contre les femmes et le réchauffement de notre planète.

Déjà dans sa version de 2005, l'auteure avait noté que 2 décennies avant virtuellement personne n'avait pu prévoir la disparition de l'Union soviétique et l'arrivée d'Internet, pas plus que le prisonnier Nelson Mandela deviendrait président de son pays. Deux événements qui illustrent parfaitement son titre "Garder l'espoir" ou en langue originale "Hope in the Dark".

Entretemps, les compagnies de haute technologie ont créé et développé des capacités de surveillance et de contrôle que le Kremlin ou le FBI, en pleine guerre froide, n'auraient même pas pu imaginer.
Autre "imprévu" : le changement climatique est plus rapide, plus fort et plus inquiétant que les scientifiques ont anticipé.

La question qui se pose est de savoir ce qui domine ou devrait dominer : l'espoir ("hope") ou le noir ("dark") ?

La jeune écrivaine et blogueuse d'origine bulgare, Maria Popova, de 34 ans, l'a merveilleusement bien formulé : "La pensée critique sans espoir relève du cynisme, mais l'espoir sans pensée critique de la naïveté !"

Rebecca Solnit a tout à fait raison lorsqu'elle avance que le tout commence par le passé. Qu'il s'agisse en d'autres termes de bien connaître le passé, si l'on veut pleinement comprendre le présent et ainsi avoir la possibilité d'adopter une attitude qui permette de progresser vers l'avenir avec espoir.
Venant d'une dame qui n'a cessé d'être de toutes les luttes et combats pour assurer un meilleur monde, il va de soi que cet espoir en l'avenir implique un engagement actif. Sinon ce serait un espoir béat qui ne repose sur rien et ne mène nulle part.

Tout cela est bien beau sur du papier. N'empêche que des événements peuvent se produire qui, même avec une excellente connaissance du passé ainsi qu' une vue large et réaliste du présent, nous prennent de court, nous surprennent sans ménagement. À l'origine de tels événements se situent très souvent des erreurs humaines. le stupide Brexit en est un exemple d'école. Tout commence par un faux calcul d'un premier ministre qui lance un référendum - une arme dangereuse en démocratie représentative - sur un sujet qui permet de répandre les plus gros mensonges et d'organiser une campagne de manipulation inimaginable. Résultat : sauf quelques individus, qui peuvent compter leurs propres gains personnels (Nigel Farage, Dominic Cummings et son chef Boris Johnson et quelques autres profiteurs) tout le monde y perd, et pas seulement des Britanniques.

Je suis, par contre, absolument d'accord avec l'auteure lorsqu'elle affirme que des changements cruciaux peuvent intervenir dès lors qu'il y ait une marge de manoeuvre importante de préparation à moyen et à long terme. Un exemple très révélateur est, je crois, la considérable différence d'attitude à l'égard de l'homosexualité, aujourd'hui par rapport au passé.

C'est sûrement dans cet état d'esprit que Rebecca Solnit n'a pas arrêté, depuis 2003, comme elle le note elle-même dans la conclusion de son opuscule - qui ne compte que 176 pages - de rester vigilante et de multiplier les efforts pour les causes mentionnées plus haut.

Si j'ai parfois quelques réserves quant à certains de ses raisonnements, j'admire sa force de persuasion et surtout son engagement courageux et continu pour les causes qu'elle estime vital pour le bien-être de nous tous.
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