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Critique de Horizonetinfini


Horizonetinfini
  17 mars 2019
L'essai de Frank Westerman couvre une large période d'enquête basée sur différents types d'actions armées et d'actes terroriristes, nous découvrons « la méthode hollandaise », cette volonté d'une issue sans violence ou au moins avec le minimum d’agissements brutales possibles.

La terre natale de l'auteur est très présente dans la première partie du livre avec la découverte du village d'Ossendrecht 2, utilisé comme espace d'entraînement pour la police et les futurs médiateurs.

L'auteur pour écrire ce livre a pris le chemin de l'immersion complète fréquentant les lieux qui lui permettront de mieux comprendre la naissance et l'évolution du rôle de négociateur et l'évolution du terrorisme.

En décembre 1975 au Pays Bas, a lieu une double prise d'otage par des réfugiés Moluquois au consulat général d'Indonésie qui fait un mort et la prise en otage d'un train — la première du genre — dure treize jours. le bilan sera de trois morts. La reconstruction de cette dernière action est minutieuse et permet aussi de connaître l'histoire des Moluquois.

Après le déclin de la Compagnie de Indes Orientale Hollandaise, nombre de Moluquois intégrèrent les rangs de l'armée Néerlandaise. Ce ne fut pas sans conséquence après l'indépendance de l'Indonésie dans les années 50 quand ils tentèrent de créer une république autonome violemment combattue par l'Indonésie, alors qu'ils étaient abandonnés par les Hollandais. Une importante communauté Moluquoise Chrétienne s'enfuit aux Pays-Bas où leur situation est assez comparable à celle des Harkis en France.

Quelle récit basé sur la rencontre avec Abé Sahetapy, le terroriste qui se faisait appeler Carlos dans la prise d'otage du train de 1975 et qui, après avoir purgé sa peine, devint poète et exemple de déradicalisation, sa vie mériterait un livre qui lui soit dédié.

Le voyage se poursuit avec l'analyse des attentas de Moscou en 2002 suivi nos tout récents actes accablants perpétrés à Paris en 2015 on y voit la difficulté de négocier avec des terroristes qui ont déjà décidé que mourir est plus qu'une option.

L'écrivain nous entraine dans son investigation grâce à sa solidité journalistique mais également grâce à sa plume et sa façon brillante de nous décrire son incursion dans le monde de la parole contre la violence.

Je terminerai par une citation qui se trouve dans Les annales du Disque-Monde, tome 2 le huitième sortilège de Terry Pratchett :

« Ainsi Quimby périt-il sous les coups d'un poète mécontent au cours d'une expérience menée dans l'enceinte du palais pour prouver la justesse controversée du proverbe : « La plume est plus forte que l'épée », lequel proverbe on rectifia en sa mémoire par l'ajout de la phrase : « Seulement si l'épée est très courte et la plume très pointue »».

L'usage de la contrainte et d'interventions armées est bien évidemment parfois nécessaire et inévitable néanmoins, les émissaires de la parole, les porteurs du dialogue restent une force dont nous avons besoin.

Je crois à la supériorité du verbe, du savoir et de la tolérance sur toute forme de violence, À Paris où l'imagination fut brièvement au pouvoir en 1968, comme le dit l'auteur l'espérance d'un monde de dialogue reste présente.

Livre intéressant qui permet une réflexion importante sans jamais donner de leçons, 335 pages qui se lisent avec plaisir, je le conseille vivement.


Merci à Babelio et aux éditions
Christian Bourgois pour cette découverte !
Lien : https://blog.lhorizonetlinfi..
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