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Par Couperine, le 28/10/2010
Lancelot ou Le Chevalier de la charrette de
Chrétien de Troyes
Le Chevalier, à pied et sans lance,
S'avance vers la charrette
Et voit sur les limons un nain
Qui, en bon charretier, tenait
Dans sa main une longue baguette.
Et le Chevalier dit au nain:
Nain, fait-il, pour Dieu, dis-moi tout de suite
Si tu as vu par ici
Passer ma dame la reine.
Le nain perfide et de vile extraction
Ne voulut point lui en conter des nouvelles,
Mais se contenta de dire: Si tu veux monter
Sur la charrette que je conduis,
D'ici demain tu pourras savoir
Ce qu'est devenue la reine.
Sur ce, il a maintenu sa marche en avant
Sans attendre l'autre l'espace d'un instant.
Le temps seulement de deux pas
Le Chevalier hésite à y monter.
Quel malheur qu'il ait hésité, qu'il eût honte de monter,
Et qu'il ne sautât sans tarder dans la charrette!
Cela lui causera des souffrances bien pénibles!
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Par Orphea, le 10/05/2009
Erec et Enide de
Chrétien de Troyes
Le vilain dit dans son proverbe :
chose que l'on dédaigne
vaut bien mieux qu'on ne le croit.
Aussi faut-il approuver celui qui s'applique
à faire œuvre sage, quelle que soit son intelligence
car qui néglige cette tâche
risque fort de passer sous silence chose
qui plus tard viendrait à beaucoup plaire.
C'est pourquoi Chrétien de Troyes affirme
que tout homme, s'il veut être raisonnable,
doit à tout moment penser et s'appliquer
à bien dire et à bien enseigner ;
et il tire d'un conte d'aventure
une fort belle composition :
par elle, on a la preuve et la certitude
que n''est pas sage
qui ne diffuse pas sa science,
autant que Dieu lui en donne la grâce.
Ce conte est celui d'Erec, le fils de Lac :
devant rois et devant comtes,
il est souvent corrompu et réduit à l'état de fragments
par ceux qui content pour gagner leur vie.
Maintenant, je peux commencer l'histoire
qui à tout jamais restera en mémoire,
autant que durera la chrétienté.
Voilà de quoi Chrétien s'est vanté.
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Par Couperine, le 29/10/2010
Chrétien de Troyes : Oeuvres complètes de
Chrétien de Troyes
D'Amour qui m'a ravi à moi-même
sans vouloir me garder pour lui,
je me plains tout en lui accordant
de faire de moi son plaisir.
Pourtant, je ne puis m'empêcher
de m'en plaindre, et voici pourquoi :
ceux qui le trahissent, je les vois
souvent atteindre le bonheur,
et moi j'y échoue par ma bonne foi.
Si Amour, pour glorifier sa loi,
veut convertir ses ennemis,
il a raison, à ce que je crois,
car il ne peut faillir aux siens ;
et moi qui ne peux me séparer
de celle devant qui je l'incline,
je lui envoie mon coeur qui lui appartient;
mais je crois la servir bien peu
en lui rendant ce que je lui dois.
Dame, de ce que je suis votre vassal,
dites-moi si vous m'en savez gré.
Non, pour autant que je vous aie bien connue,
mais il vous déplaît de m'avoir à votre service.
Du moment que vous ne m'acceptez pas,
je vous appartiens dès lors malgré vous ;
mais si jamais de quelqu'un vous devez
avoir pitié, souffrez ma présence,
car je ne puis servir une autre personne.
Jamais je n'ai bu du philtre
dont Tristan fut empoisonné,
mais je suis rempli d'un grand amour
par un cœur loyal et une ardente volonté.
Je dois consentir à cet amour de mon plein gré
car je n'ai subi aucune contrainte :
je n'ai fait que suivre mes yeux
qui m'ont engagé dans une voie
dont jamais je ne sortirai ni ne suis jamais sorti.
Coeur, si ma dame ne t'aime pas,
pour autant ne t'en sépare jamais :
demeure toujours en son pouvoir
puisque tu l'as commencé et entrepris.
Jamais, si tu m'en crois, tu n'aimeras davantage.
Mais que les difficultés ne te découragent pas !
Le bien s'apprivoise avec le temps,
et plus tu l'auras désiré,
plus tu auras de plaisir à le goûter.
J'aurais obtenu sa pitié, je pense,
si elle avait été à la mesure
du monde quand je l'invoque ;
mais je crois qu'elle y est étrangère.
Jamais je ne cesse, jamais je ne laisse
de prier ma douce Dame,
que je prie et supplie sans succès
en homme qui ne sait plaisanter
quand il faut servir et louer Amour.
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Par Couperine, le 27/10/2010
Cligès de
Chrétien de Troyes
Cette heure où Cligès s'en alla,
Et le congé que d'elle il prit,
Comme il changea, comme il pâlit,
Ses larmes et sa contenance,...
Sont toujours en sa remembrance,
Et aussi comment il se mit
Si humblement à deux genoux,
Comme s'il la dût adorer.
Moult lui plaît de s'en souvenir.
Après, pour bonne bouche faire,
Met sur sa langue, au lieu d'épice,
Un mot que, pour toute la Grèce,
El ne voudrait que qui le dit
Dans le sens où elle le prit
Y eût mis trompeuse pensée.
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Par hema6, le 15/02/2011
Yvain ou le Chevalier au lion de
Chrétien de Troyes
Prêtez-moi le coeur et l'oreille car la parole se perd si le coeur n'entend pas.
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Par Couperine, le 28/10/2010
Le Conte du Graal ou Le roman de Perceval de
Chrétien de Troyes
Le jeune homme entend, mais sans les voir,
ceux qui arrivent à vive allure.
Il s'en émerveille et se dit: "Sur mon âme,
elle a dit vrai, madame ma mère,
quand elle m'a dit que les diables
sont la plus effrayante chose du monde!
Elle a dit encore, pour m'enseigner,
qu'il faut, pour eux, se signer.
Mais non! Jamais je ne ferai le signe de croix,
je n'ai pas besoin de cet enseignement.
Au contraire! Je serai si prompt à frapper le plus fort
d'un des javelots que je porte
que, certes, n'approchera de moi
aucun des autres, j'en suis sûr!"
Voilà ce que se dit à lui-même
le jeune homme, avant de les voir.
Mais quand il les vit tout en clair,
au sortir du bois, à découvert,
quand il vit les hauberts étincelants,
les heaumes clairs et brillants
[et les lances et les écus,
choses qu'il n'avait jamais vues],
quand il vit le vert et le vermeil
reluire en plein soleil,
et l'or, et l'azur et l'argent,
il trouva cela vraiment beau et noble
et s'écria: "Doux Seigneur, mon Dieu, pardon!
Ce sont des anges que je vois là!
C'est vraiment grand péché de ma part,
et bien mauvaise action
d'avoir dit que c'était des diables.
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Par Paluzzi, le 20/08/2010
Perceval ou le Conte du Graal, suivi d'un choix des continuations de
Chrétien de Troyes
Un ange descendit du ciel avec une épée flamboyante d'une toise de long, et Mordrain s'arrêta tout coi sous la parole qu'il entendit: "Mordrain! Tes péchés sont si lourds que tu n'en seras délivré aucun jour de ta vie. Tes plaies ne se guériront pas; elles dureront, toujours ouvertes et tu resteras sans mourir, jusqu'au jour où viendra le Chevalier aimé de Jésus-Christ, confessé de tous ses péchés, qui te soulagera de tes fautes, et tu mourras entre ses bras. D'ici à ce jour-là, tu resteras couché entre deux draps, et tu ne goûteras nulle viande que tu ne désireras même pas, mais seulement le Pain de Vie."
Le roi Mordrain est resté dans son lit, sans en sortir ni jour ni nuit, il y aura trois cents ans cet été.
Quelques-uns disent que ce chevalier-là, dont je vous parle, est déjà sur la terre, et que même il a commencé la Quête du Graal et de la Sainte Lance. Le roi Mordrain sera guéri de tous ses maux quand Dieu les réunira tous les deux.
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Par Couperine, le 28/10/2010
Yvain ou le Chevalier au lion de
Chrétien de Troyes
La demoiselle par la main
Emmène Monseigneur Yvain
Là où il est très chèrement tenu.
Lui craint d'être mal reçu,
Et s'il le croit, c'est naturel.
Sur un grand coussin vermeil,
Ils trouvent la dame assise.
Grand peur, je vous l'assure,
Messire Yvain a eu à l'entrée
De la chambre où ils ont trouvé
La dame qui ne lui disait rien.
Ce silence l'effraya fort :
Il fut de peur si ébahi
Qu'il pensa bien être trahi ;
Et il se tint debout loin d'elle
Jusqu'au moment où la pucelle
Lui dit : « Qu'elle aille au diable
Celle qui apporte à une dame
Un chevalier qui ne s'en approche pas
Et qui n'a ni langue, ni bouche,
Ni esprit qui lui permette de penser
Et de commencer à parler ! »
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Par Orphea, le 10/05/2009
Erec et Enide de
Chrétien de Troyes
Il appartient à un roi loyal
de maintenir la loi,
la vérité, la foi et la justice.
Je ne voudrais à aucun prix
commettre tort ou déloyauté,
pas plus au faible qu'au puissant ;
et personne parmi vous ne doit avoir à se plaindre de moi.
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Par templiers, le 05/03/2009
Yvain ou le Chevalier au lion de
Chrétien de Troyes
Yvain ou le Chevalier au lion est un roman de chevalerie de Chrétien de Troyes. « Le Chevalier au lion » est l'autre nom de messire Yvain dans les chansons de gestes, ayant trait aux chevaliers de la Table Ronde.