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Par gill, le 08/05/2013
Monsieur Lecoq : D'Émile Gaboriau. Préface d'Yvan Audouard de
Emile Gaboriau
Le 20 février 18..., un dimanche, qui se trouvait être le dimanche gras, sur les onze heures du soir, une ronde d'agents du service de la sûreté sortait du poste de police de l'ancienne barrière d'Italie.
La mission de cette ronde était d'explorer ce vaste quartier qui s'étend de la route de Fontainebleau à la Seine, depuis les boulevards extérieurs jusqu'aux fortifications.
Ces parages déserts avaient alors la fâcheuse réputation qu'ont aujourd'hui les carrières d'Amérique.
S'y aventurer de nuit était réputé si dangereux que les soldats des forts venus à Paris avec la permission du spectacle, avaient l'ordre de s'attendre à la barrière et de ne rentrer que par groupe de trois ou quatre.
C'est que les terrains vagues, encore nombreux, devenaient, passé minuit, le domaine de cette tourbe de misérables sans aveu et sans asile, qui redoutent jusqu'aux formalités sommaires des plus infimes garnis....
(extrait du premier chapitre du volume paru à "La bibliothèque mondiale" en 1954)
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Par StrayKat, le 22/12/2008
L'affaire Lerouge de
Emile Gaboriau
Au milieu des ténèbres, la plus humble veilleuse brille comme un phare.
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Par zazimuth, le 21/05/2012
Le Petit Vieux des Batignolles de
Emile Gaboriau
J'avais là, pour trente francs par mois, service compris, une chambre meublée qui en vaudrait bien cent aujourd'hui : si vaste que je passais très aisément les manches de mon paletot sans ouvrir la fenêtre. (p.17)
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Les gens de bureau de
Emile Gaboriau
Le chef qui ne fait rien :
Paraît au bureau tous les deux ou trois jours, et c'est vers deux heures qu'il y arrive.
Il confère alors dix minutes avec son sous-chef, qui est un homme capable.
Ensuite, il lit son journal, fait sa correspondance particulière, et donne quelques signatures. Ces signatures à donner l'ennuient beaucoup.
Le bureau du chef qui ne fait rien marche admirablement. Ses employés l'aiment, car ils n'ont pas affaire à lui. Son sous-chef encourage et exploite la nonchalance de son supérieur au profit de son ambition.
On dit dans l'administration que le chef qui ne fait rien a de grandes capacités.
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Les gens de bureau de
Emile Gaboriau
Le chef qui fait tout :
Arrive de bonne heure, veille tard, et emporte du travail chez lui.
Ne laisse pas écrire une ligne même à son sous-chef.
Ne supporte pas qu'un de ses employés travaille, et s'il lui en vient un qui soit laborieux, il lui cherche des querelles pour lui faire quitter le bureau.
Cet homme, qui a la manie du travail, se plaît à dire que tous ceux qui l'entourent sont des idiots ; il a si peu confiance en eux qu'il fait tout, absolument tout par lui-même. Il rédige, copie et recopie lui-même, fait les projets, les minutes et les expéditions.
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Les gens de bureau de
Emile Gaboriau
Ah ! la poussière ! comme la cendre du Vésuve qui a enseveli Pompéi, elle couvre de son linceul morne cette nécropole bureaucratique, et l'araignée file le crêpe de ce deuil.
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Emile Gaboriau
Il faut avoir vu une réunion d’actionnaires au lendemain d’un désastre, il faut avoir vu les poings crispés, les faces convulsées, les yeux hors de la tête et les lèvres frangées d’écume, pour savoir à quelles contorsions épileptiques la rancune de l’argent réduit des hommes assemblés.
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Emile Gaboriau
Il faisait effort pour paraître calme, insouciant, enjoué… Mais la contraction de ses lèvres trahissait d’horribles angoisses et son regard avait l’étrange mobilité de l’œil des bêtes fauves, quand, à demi forcées, elles s’arrêtent un instant, écoutant les hurlements de la meute.
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affaire Lerouge, L' de
Emile Gaboriau
Le jeudi 6 mars 1862, surlendemain du Mardi gras, cinq femmes du village
de La Jonchère se présentaient au bureau de police de Bougival.
Elles racontaient que depuis deux jours personne n’avait aperçu une
de leurs voisines, la veuve Lerouge, qui habitait seule une maisonnette
isolée. À plusieurs reprises, elles avaient frappé en vain. Les fenêtres
comme la porte étant exactement fermées, il avait été impossible de jeter
un coup d’oeil à l’intérieur. Ce silence, cette disparition les inquiétaient.
Redoutant un crime, ou tout au moins un accident, elles demandaient
que la « Justice » voulût bien, pour les rassurer, forcer la porte et pénétrer
dans la maison.
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Emile Gaboriau
On emprunte mille écus à sa caisse, puis dix mille francs, puis cent mille… Oh ! sans mauvaise intention, assurément, et avec la ferme résolution de les rendre… Mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut, on a les événements contre soi ; si on joue à la Bourse pour combler le déficit, on perd… Il faut emprunter de nouveau, découvrir saint Pierre pour couvrir saint Paul… Puis, on a peur d’être pris, on est obligé, bien malgré soi, d’altérer les écritures… Enfin, un beau jour, on se trouve avoir détourné des millions, et la bombe éclate !
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