Moi, Hervé Pierra, ayant mis six jours à mourir... de
Gilles Antonowicz
Parfois, la vie dérape...
Enfant, Hervé Pierra portait en lui toutes les promesses de l'existence. Rien ne le distinguait des autres petits garçons de son âge. Même innocence, même entrain, même curiosité, même étonnement face aux découvertes du monde. Même fragilité aussi... Une vie familiale sans histoires, marquée par son unité autour de ses parents, Paul et Danièle, et de ses deux sœurs, Christelle et Virginie, avec ce qu'il faut de rires et de larmes, de joies et de chagrins, de fêtes et de peines. Une scolarité sans problème, avec son cortège de professeurs qui savent, pour certains, donner le goût des choses, et de camarades qui peuvent devenir, pour quelques-uns, des amis.
Hervé est sensible, gai, affectueux, hyperactif. Il aime le sport et notamment le tennis : en 1983, du haut de ses 5 ans, il a partagé l'enthousiasme des «grands» pour la victoire «historique» de Yannick Noah aux internationaux de France de Roland-Garros. Quelques semaines plus tard, encouragé par son père, il essaie sa première raquette et tape dans ses premières balles, lesquelles connaissent les trajectoires les plus fantaisistes... Il fait également du vélo. Là encore, la ferveur populaire qui accompagne les victoires de Bernard Hinault - auteur en 1985 d'un fameux doublé, Tour de France et Tour d'Italie - n'est pas étrangère à sa passion pour cette discipline qu'Hervé pratique avec une assiduité telle qu'il est un jour victime d'une chute... pour s'être endormi, épuisé de fatigue, en pédalant.
Mens sana in corpore sano, cet état auquel aspirait Juvénal et qui demeure trop souvent le privilège de l'enfance, Hervé Pierra l'a connu.
> lire la suite