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Nationalité : France
Le fort d`Alésia est un lieu mythologique parce qu`il n`a cessé d`exciter l`imaginaire collectif qui voit en lui un site et un moment fondateurs de l`histoire de France. C`est aussi un lieu mythologique à proprement parler, en ce sens qu`il s`agit d`un espace sacré (Alésia est « le foyer et la métropole de toute la Celtique », selon l`historien Diodore) où un héros exemplaire, Vercingétorix, a en quelque sorte réactualisé une bataille cosmique bien connue des peuples d`origine indo-européenne au cours de laquelle la divinité affronte les démons. C`est ce dont témoigne une pièce de monnaie arverne de 52 avant notre ère sur laquelle figure en légende le nom VERCINGETORIXS et la face du grand dieu gaulois Lugus représentée casquée sur certaines émissions. L`homme en guerre y est mêlé au dieu guerrier, l`histoire au mythe.
L`objet de l`histoire officielle d`aujourd`hui consiste à démythifier Alésia et à réduire l`écart entre la réalité historique et sa relation mémorielle. Alésia aurait été le champ d`une simple opération militaire. C`est, à mon sens, tomber dans l`excès inverse, car l`opinion publique, relayant la mentalité dite mythique, préfère donner à cette bataille le caractère symbolique indiqué supra. Je tiens qu`il n`est pas nécessaire de mépriser l`imagination, « la reine des facultés », d`après Baudelaire.
Les localisations successives d`Alésia : Alise-Sainte-Reine, Alaise, Chaux-des-Crotenay… ont ceci de navrant qu`elles enterrent Alésia et se révèlent fossoyeuses de la Gaule. Fixer Alésia ici ou là, c`est marquer une faille irrémédiable et séparer la Gaule d`elle-même. La boutade « Alésia, connais pas », dans sa paradoxale sagesse, refuse qu`il y ait là une plaie mortelle et une fin. En réalité, la Gaule a continué d`exister par sa langue, ses institutions et ses usages bien après le sacrifice de Vercingétorix. Fernand Braudel a raison de penser que la Gaule n`a pas disparu comme l`Atlantide. Les débats en question sont inutiles, parce que cette localisation est inutile. Fouiller est un geste de matérialiste. le bon peuple est idéaliste.
L`idée que les Gaulois sont les ancêtres des Français est née au XVIe siècle et a été reprise par les historiens du XIXe siècle Amédée Thierry et Henri Martin, puis sous la IIIe République, dans les manuels scolaires. C`est une vieille découverte qui n`est pas remise en question. Comme l`a écrit Paul-Marie Duval : « La Gaule, c`est nous ! ». de fait, cet auteur observe que les Français sont les seuls à revendiquer les Gaulois comme ancêtres (antecessores « ceux qui ont foulé le sol avant »).
Cette sélection a été chronologique. Instruire le dossier a consisté à citer les sources, César et tous les historiens antiques, puis tout ce qui a été écrit de marquant par les principaux commentateurs, du IXe au XXIe siècle, a été retenu : du délire politico-mystique des auteurs de la Renaissance aux vues, qui se veulent scientifiques, des historiens d`aujourd`hui, en passant par les exposés des fouilles ordonnées par Napoléon III, les interprétations du patriotisme revanchard de la IIIe République et les découvertes récentes qui remettent en question la localisation officielle.
Avoir des ancêtres donne confiance en soi. Nous sommes secrètement fiers des Gaulois, de ces hommes sortis de la Protohistoire qui ont manifesté des qualités que nous admirons. À côté de notre culture gréco-latine, et à présent planétaire, nous leur trouvons, avec un état d`âme qui va de l`attendrissement à l`ironie, des valeurs éternelles, qui traversent souterrainement la monarchie de l`Ancien Régime et la République : le panache, l`amour du sol, l`amour de la gloire, la conviction d`avoir à faire rayonner l`humanité, le désir d`immortalité et tout simplement l`innocence mystérieuse des origines.
Les filles du feu et Aurélia, de Gérard de Nerval.
Aucun, jamais.
Les confessions, de Jean-Jacques Rousseau.
Les Misérables de Victor Hugo.
Le Don Quijote de Cervantes .
Le Petit Prince, de Saint-Exupéry.
« Nous n`aimons rien tant qu`être pris au sérieux », Hölderlin.
Le Littré.
Bellina la Guerrière et l'oracle de Lutèce de
Jean-Paul Savignac
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Qui a dit ?|
Qui a dit : "Le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comédie en tout le reste."
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