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Citation de Noctenbule


Selon un code de lois Babylonien datant du XVIIIe avant JC, il est dit que, si une femme tente de se défaire de son foetus, elle sera empalée et privée de sépulture. Si c'est un homme qui le lui fait perdre en la frappant, il n'aura qu'une amende. Au IIe siècle avant JC, Hippocrate, dans son serment, proscrit l'avortement. Les praticiens qui bravaient les interdits étaient passibles de condamnations. Les femmes encouraient à la fois à la sanction des lois... et les dangers des méthodes barbares. On pratiquait les saignées..., les lavements à base de décoctions diverses. Les femmes portaient de lourdes charges, se sanglaient le ventre, buvaient des dérivés de poison... La liste des maladies et des mutilations était infinie = perforation utérine, embolie pulmonaire, péritonite, hémorragie, septicémie, tétanos, annexite, stérilité à vie. Beaucoup succombaient des suites de l'intervention. Et tant d'autres se suicidaient pour ne pas l'affronter. Au début du XXe siècle apparaissent des courants de pensée en faveur de la régulation des naissances. En France, une loi interdit, en 1920, l'avortement et sa propagande. En 1939, des brigades policières sont chargées de traquer les "faiseuses d'anges". Si certaines pratiquent des avortements clandestins pour aider des femmes en détresse, la plupart cherchent à arrondir leurs fins de mois. Elles n'ont aucune notion de médecine et ne respectent aucune règle d'hygiène. Sous le régime de Vichy, l'avortement devient un crime contre la sûreté de l'état, passible de la peine de mort. En 1943 se tient le procès de Marie-Louise Giraud, coupable d'avoir pratiqué 23 avortements. Pour l'exemple, elle est condamnée à la peine capitale. Au début des années 1960, le mouvement français pour le planning familial ouvre des centres d'accueil encore illégaux. Ils informent sur la régulation des naissances et proposent des consultations médicales et des contraceptifs. La loi Neuwirth, en 1967, légalise la pilule contraceptive. Avril 1971, "Le nouvel observateur" publie le "Manifeste des 343" dans lequel des femmes connues ou non, déclarent avoir avorté. Simone de Beauvoir rédige le document. Du fait d'une couverture de "Charlie Hebdo", le manifeste restera célèbre sous le nom des "343 salopes". Octobre 1972, l'avocate Gisèle Halimi obtient l'acquittement d'une mineure de 17 ans qui a eu recours à l'avortement après un viol. Le retentissement médiatique contribue à l'évolution des mentalités et à remettre en cause la loi 1920. Février 1973, est publié un autre manifeste où 331 médecins déclarent avoir pratiqué des avortements. En avril 1973 est créé le mouvement pour la liberté de l'avortement et la contraception, qui rassemble les féministes, syndicalistes, militants de gauche et le planning familial. Le MLAC regroupait près de 350 comités à travers la France. Chaque comité tenait une permanence. la demande était forte. Ils pratiquaient illégalement des interruptions de grossesse pour lutter contre l'inertie générale persistante. Le MLAC organisait aussi des départs en car pour l'Angleterre ou la Hollande, où l'avortement était autorisé.
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