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Par BMR, le 30/07/2008
Malavita de
Tonino Benacquista
[... discussion entre les deux ados de la famille ... ]
- Trois mois qu'il s'enferme dans sa putain de véranda, dit-il, tout son vocabulaire doit y passer plusieurs fois par jour.
- Dis que ton père est analphabète ...
- Mon père est un Américain de base, tu as oublié ce que c'était. Un type qui parle pour se faire comprendre, pas pour faire des phrases. Un homme qui n'a pas besoin de dire vous quand il sait dire tu. Un type qui est, qui a, qui dit et qui fait, il n'a pas besoin d'autres verbes. Un type qui ne dîne, ne déjeune et ne soupe jamais : il mange. Pour lui, le passé est ce qui arrivé avant le présent, et le futur ce qui arrivera après , à quoi bon compliquer ? As-tu déjà listé le nombre de choses que ton père est capable d'exprimer rien qu'avec le mot "fuck" ?
- Pas de cochonneries, s'il te plait.
- C'est bien autre chose que des cochonneries. "Fuck" dans sa bouche peut vouloir dire : "Mon Dieu, dans quelle panade me suis-je fourré !", ou encore : " Ce gars-là va me le payer cher un jour", mais aussi "J'adore ce film". Pourquoi un type comme lui aurait besoin d'écrire.
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Par petitours, le 04/03/2011
Homo Erectus de
Tonino Benacquista
Tu sais, l'avantage d'une pute, c'est pas tant qu'elle fasse tout ce que tu veux, mais qu'elle s'en aille juste après
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Par TINUSIA, le 11/08/2010
Malavita de
Tonino Benacquista
Fred s'interrogeait sur les mystère du point-virgule. Le point, il savait, la virgule, il savait, mais le point-virgule ? Comment une phrase pouvait-elle à la fois se terminer et se poursuivre ? Quelque chose bloquait mentalement, la représentation d'une fin continue, ou d'une continuité qui s'interrompt, ou l'inverse, ou quelque chose entre les deux, allez savoir. Qu'est-ce qui, dans la vie, pouvait correspondre à ce schéma ?
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Par Jollanne, le 22/04/2010
Saga de
Tonino Benacquista
Elle sent toujours aussi bon. Comme une odeur naturelle qui se ferait passer pour un parfum.
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Par ChezLo, le 27/11/2010
Quelqu'un d'autre de
Tonino Benacquista
Il ne tient qu'à nous de partir à la recherche de ce quelqu'un d'autre. Qu'est-ce qu'on risque ?
[...] -... De se perdre en chemin.
- C'est un bon début.
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Par TINUSIA, le 11/08/2010
Malavita de
Tonino Benacquista
Le beurre imprègne les tissus, il bouche, il durcit, il sédimente, ça vous fait l'aorte comme une crosse de hockey. L'huile d'olive vous effleure l'intérieur et file, en ne laissant derrière elle que son parfum.
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Par TINUSIA, le 11/08/2010
Malavita de
Tonino Benacquista
Maggie se demandait pourquoi les rédacteurs tenaient à donner la meilleure place du journal à toute cette triste et banale misère quotidienne. Elle hésita entre plusieurs réponses : la violence de proximité est ce qui intéresse le plus le lecteur qui adore d'indigner et se faire peur. Ou bien : le lecteur aime à penser que sa ville n'est pas l'antre de l'ennui et qu'il s'y passe autant de choses qu'ailleurs. Ou encore : l'homme rural constate un peu plus chaque jour qu'il subit les inconvénients d'une métropole, sans profiter de ses avantages. Il y avait une dernière hypothèse, la plus triste, l'éternel poncif : rien n'est plus passionnant que le malheur des autres.
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Par joedi, le 04/01/2012
Malavita de
Tonino Benacquista
Frederick Blake était de ces rares individus dont on préfère se faire un ami sans même le connaître. Son apparition dans un groupe inquiétait et rassurait à la fois, et changeait radicalement la donne jusqu'à inverser les forces et les faiblesses ; d'un seul regard mauvais ou d'une simple poignée de main, il avait le pouvoir de faire d'un faible un fort et d'un fort un faible.
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Par csapin, le 09/09/2011
Homo Erectus de
Tonino Benacquista
Ce qu'on dit appartient aux autres. Ce qu'on tait est un bien éternel.
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Par Inextenso, le 24/02/2011
La commedia des rates de
Tonino Benacquista
Les Napolitains ne connaissent qu'une version très expurgée du code de la route, elle se résume à une seule règle d'or : "N'arrête jamais de rouler, des fois qu'on te vole un pneu".
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Par chartel, le 12/10/2007
Les Morsures de l'aube de
Tonino Benacquista
Après tout, oui, c'est bien ce que nous sommes, des parasites, sans fierté et sans honte. L'image s'est imposée à moi quand un serveur de passage m'a tendu la première coupe: deux petites puces fainéantes et douillettement accrochées à l'échine d'un fauve insatiable. Deux souris malignes qui se sont laissées enfermer dans le garde-manger où trône le gâteau d'anniversaire, avec ses cerises confites et ses bougies. Après tout, les bougies sont aussi importantes que le gâteau.
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Par Eipoca, le 01/04/2011
Quelqu'un d'autre de
Tonino Benacquista
Méfie-toi de la sagesse des autres. Rien n'a de sens. Tout se contredit, même les vérités premières. Personne ne peut savoir où tu vas puisque tu ne le sais pas toi-même. Les chemins tortueux que tu vas prendre vont paraître obscurs, ils le sont, mais veille à ce que personne ne t'en détourne.
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Par julinou, le 24/07/2010
Quelqu'un d'autre de
Tonino Benacquista
[...] nous assistions à un championnat de patinage artistique en direct des Etats-Unis. [...] A un moment, une des filles a glissé et s'est retrouvée à terre dans une position ridicule. La pauvre s'est relevée comme si de rien n'était et a continué jusqu'au bout, comme elles le font toutes. Les téléspectateurs, à cette seconde précise, se divisent en trois catégories. La première, sûrement la plus courante, sont ceux qui attendent le ralenti. Ils ont vu cette fille se casser la gueule et quelque chose de formidablement excitant les pousse à revoir un moment aussi terrible. [...] La seconde catégorie serait celle qui plaint sincèrement la malheureuse. Ils laissent échapper un petit cri la première et la seconde fois qu'ils voient la chute. "Oh, la pauvre ... !". [...] Et puis il y a une troisième catégorie, extrêmement rare, dont tu fais partie. Au moment du ralenti, je t'ai vu détourner brusquement le regard. Tu ne voulais en aucun cas revoir ça. Trop pénible. On ne sait pas à quoi tu pensais, peut-être au vrai drame de cette fille, à ces mois ou ces années d'entraînement acharné pour en arriver là, ce petit instant atroce, devant des millions d'yeux.
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Par luocine, le 28/10/2009
Quelqu'un d'autre de
Tonino Benacquista
Les arrogants seront serviles un jour. En d’autre termes, plus on marche sur la tête des faibles, plus on est enclin à lécher les bottes des forts
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Par tex_242, le 08/05/2009
Le serrurier volant de
Tonino Benacquista
Marc s'arrêta rue des Petits-Champs, hésita un instant et s'engagea rue Vivienne. Il arrêta son scooter sur un terre plein, face à un large portail qui ouvrait sur un petit parking privé, encadré de deux portes grillagées qui donnaient accès à un grand bâtiment en U. Il lui proposa de descendre et posa un doigt sur sa bouche avant qu'elle ne demande pourquoi. Il farfouilla un instant dans son top-case et y saisit une lampe de poche et un lourd jeu de clés parmi lesquelles il trouva celle qu'il cherchait.
- J'ai travaillé ici...
- Où que nous soyons, vous n'allez pas me faire le coup une deuxième fois!
Ils passèrent facilement la première porte grillagée, puis ils contournèrent le premier bâtiment principal pour aboutir à une sortie de secours, fermée la nuit par une chaîne et un verrou. Une fois à l'intérieur, Cécile se laissa guider dans un dédale de bureaux et de couloirs anciens jusqu'à une gigantesque salle entièrement dans la pénombre. Il lui demanda de se poster au milieu et d'attendre un instant. La pleine lumière lui fit tourner la tête jusqu'au vertige. Elle se retrouva au cœur de la salle principale de la Bibliothèque Nationale, ovale, immense, avec ses millions de volumes, son lustre, l'ébène des ses tables, le métal doré de ses lampes. Un tourbillon lumineux où la passion des livres se gorgeait d'histoire.
Marc avait peu lu mais il savait ouvrir les portes.
- C'est fermé au public, même de jour, dit-il, assez fier.
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La commedia des rates de
Tonino Benacquista
[Les pâtes] C'est le royaume suprême de la forme. C'est de la forme que naîtra le goût. [...] C'est là qu'on s'aperçoit que l'arrondi a un goût, le long et le court ont un goût, le lisse et les stries aussi. [...] C'est parce que la vie elle-même est si diverse et si compliquée qu'il y a autant de formes de pâtes. Chacune d'elles renvoie à un concept. Chacune va raconter une histoire. Manger un plat de spaghettis, c'est comme imaginer le désarroi d'un être plongé dans un labyrinthe, dans une entropie inextricable de sens, dans un sac de noeud. Il lui faudra de la patience et un peu de dextérité pour en venir à bout. Regardez comment est fait un plat de lasagnes, vous n'y verrez que la couche apparente, le gratin qu'on veut bien vous montrer. Mais notre individu veut voir les strates inférieures, parce qu'il est sûr qu'on lui cache des choses profondément enfouies. Pour s'apercevoir petu-être qu'il n'y a rien de plus qu'en surface. [...] Il n'y a rien de plus creux, de plus vide, et de plus mystérieux que dans un simple macaroni. En revanche, le ravioli, lui, renferme quelque chose, on ne sait jamais vraiment quoi, c'est une énigme dans un coffre qu'on n'ouvre jamais, une boîte qui va intriguer notre sujet par ce qu'elle recèle. Vous savez, on prétend qu'à l'origine ces raviolis étaient destinés aux navigateurs. On enveloppait des restes de viandes et de bas morceaux hachés dans une fine couche de pâte, en espérant que le marins ne chercheraient pas à savoir ce qu'il mangeaient.
-Vraiment ? Et le tortellini, ça peut rappeler quoi? L'anneau, la bague ?
-Pourquoi pas le cercle, tout simplement. L'histoire sans fin. La boucle. Partir. Pour retourner forcément là d'où l'on vient.
(fin)
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Par ageffroy, le 28/05/2008
Malavita de
Tonino Benacquista
-Si on m'avait dit un jour que je vivrais dans le pays de la crème fraîche, dit Richard
-C'est pas que c'est pas bon, j'ai rien contre, mais notre estomac n'est pas habitué, reprit son collègue.
-Hier, au restaurant, ils en on mis dans la soupe, et puis sur l'escalope, et pour finir sur la tarte aux pommes.
-Sans parler du beurre.
-Le beurre!Mannagia la miseria! S'exclama Vincent.
-Le beurre, c'est pas naturel, Maggie.
-Qu'est ce que vous voulez dire?
-L'organisme humain n'a pas été conçu pour affronter un corps gras de ce calibre.Rien que d'imaginer ça sur les parois de mon estomac, j'en ai des suées.
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Par joedi, le 03/01/2012
Malavita de
Tonino Benacquista
... Bill Clunan avait appris l'italien pour devenir gangster. Imaginez ce type, Irlandais de père et mère, ouvrir des bouquins d'argot rital, bouffer tous les jours chez Spagho, s'entraîner à jurer,catholique qu'il était, c'était ça qui devait le plus lui écorcher la gueule, blasphémer comme font les Italiens, traiter la Madone de pute, ça c'était le plus dur, mais qu'est-ce-que vous voulez, il avait préféré rejoindre les rangs de Fat Willy plutôt qu'une bande irlandaise.
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Par zorazur, le 08/11/2011
Malavita de
Tonino Benacquista
Pourquoi préfère-t-on les histoires de vengeance aux histoires de pardon ? Parce que les hommes ont une passion pour le châtiment.
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Par quenlore, le 31/10/2011
Saga de
Tonino Benacquista
Nous étions quatre : Louis avait usé sa vie à Cinecittá, Jérôme voulait conquérir Hollywood, Mathilde avait écrit en vain trente-deux romans d'amour, et moi, Marco, j'aurais fait n'importe quoi - mais n'importe quoi ! - pour devenir scénariste. Même écrire un feuilleton que personne ne verrait jamais. «Saga», c'était le titre.