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Par BMR, le 30/07/2008
Malavita de
Tonino Benacquista
[... discussion entre les deux ados de la famille ... ]
- Trois mois qu'il s'enferme dans sa putain de véranda, dit-il, tout son vocabulaire doit y passer plusieurs fois par jour.
- Dis que ton père est analphabète ...
- Mon père est un Américain de base, tu as oublié ce que c'était. Un type qui parle pour se faire comprendre, pas pour faire des phrases. Un homme qui n'a pas besoin de dire vous quand il sait dire tu. Un type qui est, qui a, qui dit et qui fait, il n'a pas besoin d'autres verbes. Un type qui ne dîne, ne déjeune et ne soupe jamais : il mange. Pour lui, le passé est ce qui arrivé avant le présent, et le futur ce qui arrivera après , à quoi bon compliquer ? As-tu déjà listé le nombre de choses que ton père est capable d'exprimer rien qu'avec le mot "fuck" ?
- Pas de cochonneries, s'il te plait.
- C'est bien autre chose que des cochonneries. "Fuck" dans sa bouche peut vouloir dire : "Mon Dieu, dans quelle panade me suis-je fourré !", ou encore : " Ce gars-là va me le payer cher un jour", mais aussi "J'adore ce film". Pourquoi un type comme lui aurait besoin d'écrire.
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Par bgodefro, le 23/01/2012
Saga de
Tonino Benacquista
Ne me dites pas que vous n'avez pas apprécié à sa juste valeur le personnage du brave type qui sort de Sciences Po?
[...]
Au début, je me suis demandé ce qu'il faisait là, et puis j'ai compris qu'ils allaient lui donner progressivement de l'importance. En trois séquences, on fait de lui un individu responsable, ambitieux, altruiste et désintéressé. En trois séquences! Le tout ficelé avec un talent qui m'a rendu jaloux. Sens de l'humour, petits défauts qui le rendent humain, sans oublier le cas de conscience qui fait de lui un gars bien. Si ce personnage-là n'a pas été créé de toutes pièces pour réconcilier les masses avec la politique, c'est à désespérer!
[...]
Au risque de passer pour un paranoïaque de la manipulation, je dirais que, pour le rôle du petit étudiant, ils vont sûrement trouver un acteur qui a des faux airs de présidentiable, un élu parfait.
[...]
Si on venait m'annoncer que cet épisode 81 a été écrit pendant le dernier Conseil des ministres, ça ne m'étonnerait pas plus que ça.
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Par Amy97, le 26/01/2012
Saga de
Tonino Benacquista
Etonnant Benacquista ! c'est le 2ème livre que je lis de cet auteur avec Homo Erectus ; bonne critique sur l'audiovisuel et la fabrication des soaps !!! j'ai moins aimé la fin.
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Par TINUSIA, le 11/08/2010
Malavita de
Tonino Benacquista
Fred s'interrogeait sur les mystère du point-virgule. Le point, il savait, la virgule, il savait, mais le point-virgule ? Comment une phrase pouvait-elle à la fois se terminer et se poursuivre ? Quelque chose bloquait mentalement, la représentation d'une fin continue, ou d'une continuité qui s'interrompt, ou l'inverse, ou quelque chose entre les deux, allez savoir. Qu'est-ce qui, dans la vie, pouvait correspondre à ce schéma ?
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Par petitours, le 04/03/2011
Homo Erectus de
Tonino Benacquista
Tu sais, l'avantage d'une pute, c'est pas tant qu'elle fasse tout ce que tu veux, mais qu'elle s'en aille juste après
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Par Jollanne, le 22/04/2010
Saga de
Tonino Benacquista
Elle sent toujours aussi bon. Comme une odeur naturelle qui se ferait passer pour un parfum.
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Par ChezLo, le 27/11/2010
Quelqu'un d'autre de
Tonino Benacquista
Il ne tient qu'à nous de partir à la recherche de ce quelqu'un d'autre. Qu'est-ce qu'on risque ?
[...] -... De se perdre en chemin.
- C'est un bon début.
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Par TINUSIA, le 11/08/2010
Malavita de
Tonino Benacquista
Maggie se demandait pourquoi les rédacteurs tenaient à donner la meilleure place du journal à toute cette triste et banale misère quotidienne. Elle hésita entre plusieurs réponses : la violence de proximité est ce qui intéresse le plus le lecteur qui adore d'indigner et se faire peur. Ou bien : le lecteur aime à penser que sa ville n'est pas l'antre de l'ennui et qu'il s'y passe autant de choses qu'ailleurs. Ou encore : l'homme rural constate un peu plus chaque jour qu'il subit les inconvénients d'une métropole, sans profiter de ses avantages. Il y avait une dernière hypothèse, la plus triste, l'éternel poncif : rien n'est plus passionnant que le malheur des autres.
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La commedia des rates de
Tonino Benacquista
[Les pâtes] C'est le royaume suprême de la forme. C'est de la forme que naîtra le goût. [...] C'est là qu'on s'aperçoit que l'arrondi a un goût, le long et le court ont un goût, le lisse et les stries aussi. [...] C'est parce que la vie elle-même est si diverse et si compliquée qu'il y a autant de formes de pâtes. Chacune d'elles renvoie à un concept. Chacune va raconter une histoire. Manger un plat de spaghettis, c'est comme imaginer le désarroi d'un être plongé dans un labyrinthe, dans une entropie inextricable de sens, dans un sac de noeud. Il lui faudra de la patience et un peu de dextérité pour en venir à bout. Regardez comment est fait un plat de lasagnes, vous n'y verrez que la couche apparente, le gratin qu'on veut bien vous montrer. Mais notre individu veut voir les strates inférieures, parce qu'il est sûr qu'on lui cache des choses profondément enfouies. Pour s'apercevoir petu-être qu'il n'y a rien de plus qu'en surface. [...] Il n'y a rien de plus creux, de plus vide, et de plus mystérieux que dans un simple macaroni. En revanche, le ravioli, lui, renferme quelque chose, on ne sait jamais vraiment quoi, c'est une énigme dans un coffre qu'on n'ouvre jamais, une boîte qui va intriguer notre sujet par ce qu'elle recèle. Vous savez, on prétend qu'à l'origine ces raviolis étaient destinés aux navigateurs. On enveloppait des restes de viandes et de bas morceaux hachés dans une fine couche de pâte, en espérant que le marins ne chercheraient pas à savoir ce qu'il mangeaient.
-Vraiment ? Et le tortellini, ça peut rappeler quoi? L'anneau, la bague ?
-Pourquoi pas le cercle, tout simplement. L'histoire sans fin. La boucle. Partir. Pour retourner forcément là d'où l'on vient.
(fin)
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Par TINUSIA, le 11/08/2010
Malavita de
Tonino Benacquista
Le beurre imprègne les tissus, il bouche, il durcit, il sédimente, ça vous fait l'aorte comme une crosse de hockey. L'huile d'olive vous effleure l'intérieur et file, en ne laissant derrière elle que son parfum.