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Citations sur Résolu par le feu (6)

Résolu par le feu
extrait 3
  
  
  
  
Pierres ébranlées souches rabattues
j’ai donné l’arbre à mes os
dans mes vertèbres choquées pousse son nom
la mémoire ligneuse de son frère obstiné
bien que tendre infiltre
les deux mains bègues que la scie a tenues ensemble
je les vois pendre
à la hache est entré le cri

où dois-je descendre à présent pour former
l’arbre l’entendre
à nouveau ventre ou cerveau
comme on entend un fleuve
prolonger tout l’être par un écrit
qui en suivrait les méandres

Tout ce que j’ai vu m’échappe et dire
que je l’ai voulu
reste quand même une forme
lumineuse place nette
la mémoire abîmée dans les paumes
tremblantes
lignes désœuvrées
et l’idée
lente dans le sang
un feu certain qui brûla qui brûle encore
des cendres
dans le sol altéré
les racines obsédantes remontant
audacieuses
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Résolu par le feu
extrait 6
  
  
  
  
Sous la surface d’un jardin
je travaille
des veines courent orange
et or
roses éblouissantes
que je tire
chirurgicale
ortie chiendent
de grandes artères gonflées
j’arrange les vaisseaux d’une carte
que je lis
liant le souterrain et l’aérien



J’allume un feu et ferme la porte
je prends la rangée rouge des arbres
et l’affairement des oiseaux
un charme attend encore et un érable
je pense au chiendent
un mort étranger me rend visite
c’est suffisant pour rendre la nuit agréable


Ruine insigne
la ronce s’y était mise
au goût de mûre
et de gravats
le plâtre froid grossi
éclot au ventre des murs
le lierre franchit des ponts
invisibles
le sol s’enfonce
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Résolu par le feu
extrait 4
  
  
  
  
Pas un amandier
à la bouche
la nuit venue
consent ce
jardin adverse tout aussi brun
des souches et
un feu certain
qui me devance et
la plaine révolue



Apparition de
sous le tilleul
la brouette abreuve
ce qui fait danse
concentriquement
où bras et branches sont
des rayons
consentis

les oiseaux pleuvent
un affairement insatiable
et bruyant

cet air pensif ?
ne consentir à rien
qu’à cette soif
qu’à cette danse


Collant à la phrase
comme la terre à la pierre
que j’extrais extraction je souffle
la poussière ce dépôt
de matière qui sauve
je parle avec le visage découvert
chacune des pierres porte les traits
sédimentaires
de son caractère
gestes précipitations
ce mouvement extrêmement lent qu’on nomme
assise
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Résolu par le feu
extrait 2
  
  
  
  
Quelques degrés délient un peu l’espace entre les eaux
plus souples
une source différente le jeu entre les herbes ouvertes
l’humidité le souffle rendus sur les fenêtres des traces de pas enfin
sur le sol
et quoi ? L’oiseau de mars !

J’attends dehors près du brasier
ce point insuffisant de chaleur
je vois des oiseaux heurter le sol cogner à la pâleur
trop sonore
le merle d’hier est mort tourné sur le côté
bec pointé vers l’arbre son cou tors raidi déjà
il manque un cri
opposé noué à la gorge d’effroi
de l’oiseau gélif

alors tu allumes une lampe et j’entre
les portes se ferment mal jointées
sur la neige
aujourd’hui toute entière un théâtre livide
et le reste de vie
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Résolu par le feu
extrait 5
  
  
  
  
Rompue s’éveille
à l’instant prodigue de la levée
courbée sur elle-même sursaute
avec les pierres
avec la terre
les armoises amères
la rue nuageuse
les bourgeons pourpres ou vert tendre des lilas
rangées de pierres cercles de cendres poussières
racines et terre
tricot d’or âpres premières
orties torses
ombres
poussières poussières poussières
dans le rayon essor
de réversibles entrelacs
tu peux renverser la vie
que ravivent
toutes pensées soudain visibles
en un instant
tendre gravité profonde
verte joie haute
la mémoire mouillée
où manque encore un mot
comme à chaque naissance
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Résolu par le feu
................
extrait 1
  
  
  
  
Au miroir
voyage en hiver
traversée de névés durs à la face tremblante
miroirs dormants sur la plaine ouverte
pas d’amorce pas d’espace
dessus une herbe foulée comme mer
il faut mon regard agir que le miroir encerclant comme feu rabat
                                      et contient tout un
et que le vent a dispersé
je cherche longuement celui qui rabattu vers
miroir celui qui me parle splendide effort vers l’œil
me déverse jusqu’à une autre étendue et fera
l’image avec moi
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