Rodolphe de Beauvoir-Lacoste n est plus que l ombre de lui-même. Riche propriétaire d un vignoble réputé, il paie de sa santé les frasques des années passées. Un jour, victime d un malaise dans sa vaste demeure, il est secou... > voir plus
Romain de terroir, se déroulant dans les années 60, un vignoble, des saisonniers, un maître du domaine, une gouvernante.
Florine recherche son père, pour se venger, car elle est le fruit d'un viol.
Ensuite, cette jeune fille très instruite et intelligente va tirer les ficelles pour arriver à ses fins.
La suite n'est certes pas de sa faute mais elle y a contribué grandement.
Roman qui se lit rapidement, sans trop se casser la tête et qui est sobre.
Les femmes avaient déjà dans l'esprit le travail qui les attendait comme à chaque retour à la maison : la pile de linge sale, les journées de repassage et parfois le mari intempérant et brutal.
Château-Brezon n'était qu'une étape, un arrêt parmi d'autres, et les soucis allaient recommencer après quelques jours où les repas étaient tout prêts trois fois par jour et où on ne se préoccupait pas du ménage.
Quant aux hommes, après ce temps de vendanges sans chef d'atelier, sans contremaître sur le dos, sans ordres ni remarques, libres au grand air, pouvant discuter sans craindre le geste maladroit face aux lames d'une machine ou d'un outil, ils avaient en général goutté cet entracte dans leur vie plus sereinement que les femmes.
Ces petits malheurs, ces coups, ces entailles, ces "tours de reins", les yeux qui brûlent à cause d'un début de conjonctivite due au soleil, ne donnaient pas lieu à des arrêts dans le travail. Chacun était conscient que les 30 francs par jour plus la prime éventuelle en fin de vendanges obligeaient à une activité permanente. Quand l'un d'eux rechignait à l'ouvrage, le regard des autres en disait long. Il y avait émulation mais aussi l'amour-propre. Pas question qu'une femme ait un meilleur rendement qu'un homme....
Il fallait donc résister, être dur au mal, serrer les dents, oublier ses contractures et, en toutes circonstances, faire bonne figure.
Les remorques de vendanges arrivaient régulièrement dans la cour.
L'attelage s'engageait sur un plan incliné, s'enfilait par une large porte et une fois le chargement déposé, Albert repartait sans attendre poster le tracteur de façon à recevoir à nouveau le contenu des hottes des porteurs. Et les rotations se succédaient.
Le vieux Massey-Harris rouge, pétaradant et fumant, était toujours bon pour le service. Chaque soir, Albert était quand même bien obligé de le garer en haut de la cour, face à la pente pour, le lendemain matin, faciliter son départ tout en démarrant directement en seconde - si ce dernier voulait bien, cependant.
Auprès du Berliet c'était l'effervescence, la bonne humeur régnait : la prime promise avait été versée.
Les conversations allaient bon train...
"Alors, on se voit en octobre à l'usine aux champignons....Je dois y être le 6.
- Moi, je pars aux châtaignes d'ici quinze jours. Ça me changera de la vigne !"
Et ainsi selon les besoins du ménage, les grossesses, l'état de santé, régulièrement les uns, épisodiquement pour les autres, la vie continuait, simple et contraignante.
Le Berliet transportant l'équipe de vendangeurs arriva vers 20 heures.
En habitué, sitôt le porche franchi, le chauffeur tourna sur la droite pour aller stationner devant la grange et fermait le coté est de la cour du Château Brezon, domaine de M. Rodolphe de Beauvoir-Lacoste, propriétaire récoltant.