J'ai dévoré
Le chat comme un félin s'envoie un saumon frais : tout cru, direct, en me léchant les babines. J'ai senti cependant, dès cette première dégustation, que les couches de lectures étaient si nombreuses qu'un second passage m'attendait. C'est ce que j'ai fait et voici pourquoi j'ai eu envie d'en parler…
C'est un livre d'une force hallucinante et d'une finesse rare à la fois. C'est un roman qui se décline en arômes multiples, notes de tête, notes de fond, poudres finales. À moins qu'il ne s'agisse d'un tableau impressionniste au sein duquel on se laisse surprendre par un point de couleur, de blanc ou de noir, qui lui même en annonce un autre pour finir par former ce chef d'œuvre aérien qu'on n'apercevra qu'à la fin. La couverture évoque à merveille cette finesse, cette montée en puissance, en révélant l'intrigue sans la trahir, à travers ces fantômes sur fond bleu qui participent de la composition finale ; composition que l'on continuera de porter avec soi longtemps après l'avoir admirée pour la première fois.
J'ai adoré la force des symboles, du couteau à l'abat-jour, la quête à la fois tranquille et désespérée d'une lumière maîtrisée. Quant au rôle des chats dans l'intrigue, c'est brillant.
Mais ce qui me frappe le plus chez
Danielle Pouliot, c'est la douceur de sa plume, malgré l'extrême dureté des rochers sur lesquels on se cogne avec elle. Une valse-hésitation entre le brut et le doux. Et le doux qui finit par l'emporter pour tout dénouer à la fin, une douceur clairvoyante qui relève presque du divin. Danielle est vraiment allée au bout du "Pardonner, c'est comprendre" en y ajoutant une sacrée pincée de tendresse (à la fois humaine et féline) qui change tout. J'irai même jusqu'à dire que se dessine, entre les lignes de ce roman étonnant, une forme de poésie du pardon. Un pardon plein de rimes, de résonnances, de perspectives d'avenir nouvelles, de renaissances.
Merci Danielle, pour cet étonnant voyage. Il me tarde déjà de lire votre prochain ouvrage !