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Citations de Sophie Darblade-Mamouni (2)


ninachevalier   25 août 2018
La Dame de la manufacture de Sophie Darblade-Mamouni
Pas un bruit n'arrive aux oreilles de Suzan quand elle pousse la grille de l'usine ce lundi 11 janvier 1909. D'habitude, les machines ajoutent à la cacophonie des conversations des ouvriers qui relatent la fête religieuse de la veille ou celle du cochon. Sans oublier le va-et-vient des charrettes pleines de balles de laine qui partent dans les magasins de conditionnement public pour être stockées. Suzan n'est pas vraiment surprise. Elle pressentait que son personnel participerait à la grève générale lancée par le syndicat des ouvriers.
Gérard, le responsable syndical, la rejoint dans son bureau. Six heures du matin, il gèle à pierre fendre. Le poêle à charbon n'a pas été alimenté depuis le samedi. Suzan ajoute quelques bûches, coupées la veille par Edmond Bertel dans la forêt. L'odeur du bois qui brûle réchauffe les sens. Elle peut s'informer des propos tenus lors des dernières réunions.
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ninachevalier   25 août 2018
La Dame de la manufacture de Sophie Darblade-Mamouni
Après la mort de Richard, Sara avait merveilleusement soutenu son ainée. Une écoute attentive. De l'empathie. Une disponibilité à toute épreuve. Venue vivre chez Suzan, elle s'occupait très bien des enfants. Ce n'était pas une femme d'affaires. Elle n'avait qu'un but dans la vie : venir en aide aux autres. Peut-être trouverait-elle sa voie en France ? Elle n'avait pas hésité à suivre Suzan dans cette aventure. Jeune veuve, celle-ci avait courageusement repris les affaires de la maison en main. Pour les jumeaux, il fallait tenir le coup. Son travail dans une galerie d'art couvrait les frais d'éducation et le quotidien de la petite famille. Elle gérait bien son affaire, mais ne retrouvait pas sa joie de vivre d'autrefois. Lucide, tous les soirs, elle exprimait les mêmes sentiments. Le jeudi 30 août 1900, elle écrivait dans son cahier : "Je ne vais pas avoir le courage de rester toute ma vie à New-York. Trop de souvenirs qui me ramènent à notre bonheur. J'ai mal dans mon corps. La douleur de son absence me traverse. Je vais avoir trente ans. Quoiqu'il m'en coûte, il me faut prendre une décision. "
La France l'avait toujours fascinée par ses monuments, la diversité des paysages, le charme de villes comme Mazamet, dans le Tarn, où vivait le cousin Auguste Desbordes. Il venait voir John Douglas une fois par an. Ses récits fascinaient Suzan qui avait décidé d'apprendre le français par amour pour ce pays. Elle maîtrisait parfaitement cette langue, alors pourquoi ne pas tout laisser et faire le grand saut vers l'inconnu, ou presque? En route pour la France.
En ce soir de juin 1901, à bord du transatlantique qui l'emporte vers une terre d'accueil, Suzan ne trouve pas le sommeil. Elle ouvre son cahier, véritable confident des jours sombres comme des jours lumineux. ....
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