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Fleitour
  25 août 2019
Aller simple pour Pyongyang de Jean-Louis de Montesquiou
Qui peut bien être assez zinzin pour lire "Aller simple pour Pyongyang", qui met en scène le régime actuel de la Corée du Nord ? Qui s'intéresse à ce pays en dehors de Trump, et moi me direz vous ? Personne.



C'était bien Kim Il-sung, qui régnait en maître, le grand leader avait été placé à la tête du pays par l'URSS et un certain Staline. Depuis ce jour, le pays va évoluer dans une autarcie totale coupant tous ses liens avec le monde extérieur, soit communiste, soit capitaliste. Le Ghana était comparable aux deux Corées, le Ghana est loin devant la Corée du Nord aujourd'hui.





Le 17 juillet 1994 le président-fondateur de la RPDC meurt, dans une hystérie collective orchestrée par le parti, donc l'armée. La population convulse, hurle, glapit, hulule, brandit des mouchoirs dégoulinants, sautille sur place en serrant les poings. Tous les visages ruissellent, terrassés par une douleur collective.





Ce jour qui aurait pu être béni par tous les cambrioleurs, fût un jour totalement consacré au père de la nation et à son fils le dauphin Kim Jong-il, qui, ne jouait pas à l'urgentiste même quand le père était terrassé par son cœur .





Alors comment expliquer la présence de GI américains dans la DMZ, ce 15 Août 62, sans doute pas pour la Vierge Marie. Il faut revenir aux années de guerre où une zone démilitarisée sépara la Corée du Nord de la Corée du Sud. Des soldats se perdaient et s'aventuraient impunément sur le territoire de la Corée du Nord





Que peut-on faire de soldats américains, hors programmes, les relâcher, les liquider, les emprisonner, rien, surtout ne prendre aucune initiative au risque de se retrouver dans un camp de redressement à la Kim Il-sung le grand leader.





Le roman de Jean-Louis de Montesquiou raconte par le menu la vie totalement irréaliste de quatre Américains, à qui l'on va imposer de devenir des citoyens modèles. L'apprentissage commence par la Bible du Grand leader la philosophie du Juché. Pour nos américains la solution sera d'identifier 10 citations permettant de se sortir d'une longue séance de réflexes idéologiques. Comme page 127 : "le Juché apporte des solutions scientifiques à tous les problèmes relatifs à la réalisation de la destinée humaine".





La confession ou l'art de piéger des coupables (même les militaires formés à ces taches ne connaissent qu'une faute la critique du Guide) , la question demeure la matrice par où chaque individu en résidence surveillée (une cabane pas chauffée) est soumis avant de retrouver la liberté (qui n'existe plus en Corée du Nord). Cette évaluation scientifique suis la codification du grand leader, je menace, je gratifie, je cogne...





Les récompenses ou la dérive des délices du sexe sont des armes redoutables. James reçoit les service d'une Cook, en réalité la cuisinière, aussi offerte pour ses fabuleux talents nocturnes. Comme il finit par le découvrir, cette jeune et jolie lycéenne de

la ville de Sinuju, à la frontière chinoise, a été tôt détectée par l’Organisation.

Cette unité d'élites est dévouée au confort et au réconfort nocturne de Kim Il-sung et de sa clique.





Pour ne pas vouloir consommer, la jeune femme cook offerte à sa gourmandise, Abshier compagnon de James, est sous la menace d'une confession musclée. Libre de jouir ou pas est impossible, en RPDC il faut consommer ou disparaître,





Kim Guk-tae est le seul coréen qui sort du lot. Il est reconnaissable à sa chapka cinte d'Orange, il se distrait en pratiquant la pêche, emmitouflé dans une couverture, il se dissimule pour que personne ne le repère. Il ne dit rien, ne fait que des gestes, simples, et construit, avec James une amitié durable et muette. Il porte un lourd secret que nous ne pourrons pas connaître, mais il protège sa fille , a t-elle, elle aussi été identifiée pour rejoindre le Harem du Guide !





Cet "Allez simple pour Pyongyang" donne assez bien l'idée que nous sommes en 2019 à examiner un fossile de l'histoire. A la mort du Kim Il-sung l’économie est dans un état de délabrement avancé. En 2018 baisse de plus de 4% du Pib ! L’îlot dit communiste résistera t-il longtemps encore ?





Notre regard en 2030 sera encore plus cocasse, j'entends mes petits enfants rirent de trouver une telle Organisation de la vie publique. Dis pépé après la Roumanie et la RDA il a vraiment existé un pays la RPDC du Nord avec autant d'espions, de micros, de passages à confession, et une grande famine ( celle de 1997 je pense). Et pas encore de télévision pour tous les enfants ajouterait pépé..





Alors on écrira d'autres vestiges de ce pays entouré de DMZ . L'histoire retiendra la confession d'un amiral fait prisonnier,t avouant publiquement ses fautes à la télévision, terminant sa confession en lâchant le papier écrit d'avance, déclara sur mon île quand on est heureux on fait ce geste, un bras d'honneur qui ne fut ni compris, ni puni.

James ne s'étonnait plus de rien le pays était devenu autiste isolé de tous et en particulier des humoristes.

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mazou31
  03 août 2019
La Taupe rouge de Julian Semenov
Formidable découverte. Roman célébrissime en Russie, paru à la fin des années 60, objet d'une série TV en 73, il est enfin traduit et édité en France. Écrit par un écrivain aventurier de haut vol, Julian Semenev, fils de dignitaire soviétique déchu, boxeur, polyglotte (quatre langues européennes, trois langues asiatiques, pachtoune et dari !), harcelant Staline (une gageure !) pour la libération de son père, agent probable du KGB, reporter de guerre, interprète auprès de Khrouchtchev, ami de Simenon, des Rockfeller, des Kennedy, d'Hemingway… et on en passe ! Considéré comme un héros en Russie, décoré par Brejnev, il reste encore un inconnu en France !

Dans ce roman, le deuxième je crois, il mélange habilement l'Histoire et la fiction. Son héros, infiltré depuis des années très près des hauts dirigeants nazis (Himmler, Bormann, Muller), a pour mission de faire capoter, dans l'intérêt de la mère patrie soviétique, les négociations qui se trament au tout début 1945 entre le général Wolff des Waffen-SS, représentant Himmler, et Allen Dulles, dirigeant à l'OSS américaine. Les Américains sont prêts à beaucoup de compromissions avec le régime nazi pour enrayer l'emprise du communisme sur l'Europe de l'Est car chaque semaine de guerre supplémentaire augmente les pertes humaines mais surtout, surtout, fait avancer les troupes soviétiques de plus en plus à l'Ouest ! Quant aux nazis, conciliants et accomodants, ils espèrent sauver leur petite personne, leur avenir et le fruit de leurs pillages !

Sur cette trame authentique, se développe un roman captivant et d'une grande précision, zigzaguant habilement en Allemagne et en Suisse mais aussi dans la chronologie. Tous les ingrédients du roman d'espionnage y sont : filatures, écoutes, doubles jeux, coups tordus entre dignitaire nazis tentant de sauver leur peau, tortures suggérées, quelques assassinats expéditifs ; ingrédients consolidés par des références historiques qui leur donnent une saveur particulière.

En plus de l'action on apprécie les quelques émotions perdues dans le cynisme ambiant mais aussi les cheminements intellectuels des dignitaires pour se sortir de la situation désespérée où ils ont accompagné leur Führer de moins en moins bien-aimé.

On pense évidemment à John le Carré et à Philipp Kerr, plus tardif, voire parfois à un Ian Flemming dépouillé de son cinéma.

Un grand roman d'espionnage dont je brûle de voir ses compagnons.
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LinhSam
  22 mai 2019
La Taupe rouge de Julian Semenov
Lire la critique du journal Le Monde ici : https://www.editionsducanoe.fr/livres/la-taupe-rouge
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