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Dernières critiques
ManonLB
  02 novembre 2017
Le roman comique de Paul Scarron
C'est une oeuvre qui m'a permise de renouveler mon regard sur la question du roman et sur le rôle de ce genre narratif. Comment écrire un livre ? Pourquoi écrire un livre ?

Avec la figure du narrateur qui monopolise totalement la lecture, nous avons affaire à une sorte d'entité qui prend une identité humaine et se mêle de tout ce qui concerne le récit. Il ne nous fournit aucune satisfaction de lecture, sauf au moment des nouvelles. Ce narrateur un peu trop envahissant est à rapprocher incontestablement de la motivation première de l'auteur : écrire un roman sur le roman.
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Walkyrie29
  24 octobre 2017
Pentes douces de David Hury
« Pentes douces » ou vertige photographique. Un roman original, 50% photographies, 50% texte, une histoire racontée avec des mots et des images. Un objet livre délicat, soigné et de qualité, un objet parfois difficile à prendre en main et à manipuler dans le cadre d’une lecture conventionnelle, format carré, lourd, objet aussi littéraire que visuellement artistique. Roman, objet, tout est qu’il mérite d’être découvert. Qu’en est-il précisément du contenu ?



Un roman donc une intrigue racontée par un narrateur, auteur également, vivant au Liban, mais sur le point de quitter le pays pour retourner à une vie parisienne, qui parallèlement à ses tribulations avec une sublime femme fantôme et fuyante, cherche à écrire un roman, agrémenté de photographies avec tout un concept, une forme propre d’autobiographie ? L’histoire du livre dans le livre ?



L’histoire mêle réalisme et onirisme, réalité et fiction, l’auteur y a certainement apporté beaucoup de lui – même dans ce héros, fan de Belmondo, éperdu d’amour pour une femme qui l’a quitté sans un au revoir, un matin à l’île de Ré, séjour qui aurait du être heureux et significatif, pourtant, elle a fuit, ne lassant aucune trace. Les jours passent, les nouvelles ne viennent pas, Joanna a disparu et ne semble pas vouloir être retrouvée. Ainsi commence les recherches du narrateur, dans le passé de celle qu’il aime, libanaise aux boucles brunes, ses origines familiales, son histoire, en quête d’indice ; est-elle vivante ? Une ombre insaisissable, « une femme en cavale, un homme à ses trousses ».



« Nous étions comme deux enfants qui jouions à des jeux d’adultes. Pour elle, j’oubliais l’heure du dîner, j’oubliais de me laver les mains avant de passer à table, j’oubliais de dire s’il vous plaît et merci. Je prenais. J’arrachais. Je me régalais, je m’en mettais partout et je m’en foutais. Nous n’attendions que ça l’un et l’autre. Elle était aussi avide que moi. Nous étions des ogres.«



Globalement à travers cette histoire, on suite la quête d’un homme sur deux points, retrouver la femme de sa vie, cet amour perdu, et écrire, finaliser et diffuser son roman. Beaucoup d’échanges avec des personnages secondaires, énormément d’introspection personnelle, une action qui balade le lectorat à travers le Liban et plus particulièrement à Beyrouth, mais aussi en France entre Paris et la Normandie, avec de petites escales à Dubaï et à Kiev. L’ensemble est alimenté de scènes de sexe à la fois douces, sensuelles, érotiques, très détaillées parfois épris de crudité. On salue la variété, le choix de mots osés, même si elles n’enfièvrent pas forcément le lecteur, elles restent essentiellement visuelles.



« – Je repensais à un film que j’aime bien, avec Depardieu, dis-je en me penchant au-dessus d’elle et en posant la main gauche sur son jean, juste là, au niveau de ce pli merveilleux où sa cuisse et sa fesse s’épousaient. Je vais te faire l’amour, mon amour.

– Baise-moi plutôt.«



Les photographies, des clichés en noir et blanc, un bon choix, plus expressif, plus énigmatique que la couleur, beaucoup de profondeur dans ses images, peut-être l’œil du photographe qui transperce, qui capte ce que le commun des mortels ne voit pas ou plus, des photographies de qualité, où la clarté côtoie le trouble, le contraste le flou. Elles sont variées et parfaitement bien placées, toujours dans l’idée de faire appel à un fragment du texte.



A l’image de la playlist proposée en couverture par l’auteur, le roman joue beaucoup avec le contraste et la dualité, tant sur l’histoire qui joue entre réalité et imagination que sur son rythme et les photographies. Ainsi, si l’on peut être happé par certains points de l’histoire, pour d’autres, il y a aussi des longueurs.



En bref, un roman – photo de qualité, qui malgré quelque défauts liés essentiellement à des pertes de vitesse, joue beaucoup sur les contrastes, un aspect qui le rend plutôt intéressant. Les photographies sont belles et variées, l’objet soigné et la sensualité règne au cœur de ses pages où un auteur amoureux cherche vainement une femme libre. Et la fin ne gâche rien, bien au contraire. Une chouette expérience !



Je remercie Babelio et son partenaire les éditions Riveneuve pour l’envoi de ce très bel ouvrage.
Lien : https://songesdunewalkyrie.w..
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Marti94
  18 octobre 2017
Les vibrants de Aïda Asgharzadeh
J'ai lu "Les vibrants" de Aïda Asgharzadeh après avoir vu la pièce jouée par la compagnie Teknaï au studio théâtre des Champs-Élysées à Paris, dans une mise en scène de Quentin Dufalt.

L’intrigue tourne autour du traumatisme que ressent d'un soldat nommé Eugène Fontel après avoir été défiguré par un éclat d’obus durant la première guerre mondiale. On assiste à la réhabilitation progressive de cet homme brisé qui se rattache à son amour pour une comédienne, Blanche Dufresne.

Mais c'est la très grande comédienne Sarah Bernhardt, elle-même estropiée et qui multipliait les visites dans les hôpitaux militaires, qui va lui permettre de réparer sa "gueule cassée" grâce au théâtre. Elle va l'aider à jouer Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand en portant un faux nez. Ce masque sera la preuve qu’on peut se relever de toute épreuve et qu’il est un vibrant, quelqu’un qui, bien que blessé, bien que vacillant, survit et est capable d’émouvoir les autres par son talent et pas par son état.

Même si j'ai beaucoup aimé le rôle de Sarah Bernhard, je n'ai pas été entièrement convaincue en raison du dénouement un peu trop idyllique. Mais c'est plutôt une belle histoire, née grâce à l’exposition "1917" du centre Pompidou de Metz, qui montrait les moulages de certaines gueules cassées et racontaient les opérations chirurgicales effectuées, qui a inspirée Aïda Asgharzadeh.



Lu en octobre 2017

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