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jeepax
10 juillet 2017
Barclay, une histoire de haute fidélité de Thérèse Chasseguet
Présenté en grande partie sous forme d'entretiens, « Une histoire de haute fidélité (1945-1984) » de Thérèse Chasseguet tente de mettre en avant l'image du patron bienveillant et visionnaire de la légendaire maison de disques française Barclay, décédé en 2005, mais aussi son côté humain voire paternel, au travers de témoignages d'artistes, arrangeurs et techniciens qui ont travaillé pour le sémillant Édouard Ruault : le chanteur Michel Delpech (disparu l'année dernière), l'ingénieur du son Gerhard Lehner, le compositeur et arrangeur Jean-Michel Defaye et quelques autres, jusqu'à sa propre secrétaire, Denise Molvinger. Les aspects controversés du personnage et de son entreprise sont cependant largement occultés pour ne laisser transparaître que la face reluisante de la médaille. L'écriture de l'auteure elle-même (qui fut cheffe de projet artistique dans la maison de disques), chargée de superlatifs à l'égard de Barclay, est presque toute entière dédiée à cette opération de « réhabilitation ». Les entretiens sont d'ailleurs parfois assez orientés et on peut regretter cette marche forcée vers la glorification du label qui a vu passer Ferré, Brel, Aznavour et tant d'autres, ainsi que de son fondateur, au détriment d'une chronique plus nuancée. Il reste que cet ouvrage, somme toute assez court, présente des personnages plutôt attachants et illustre bien le côté « grande famille » des disques Barclay, même si certains jalons de l'histoire sont quasiment passés sous silence, comme la mort tragique de sa seconde épouse Nicole, qui joua un rôle déterminant dans l'entreprise, ou les frasques sentimentales de cette figure du monde de la musique. A vouloir à tout prix prendre le contre-pied des clichés communément véhiculés par les médias, Thérèse Chasseguet tombe dans le même travers que les tabloïds : donner une image monochrome d'Eddy Barclay, pas plus réaliste finalement que celle du jet-setteur aux multiples femmes.

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ClaireG
30 juin 2017
Le mouchoir de la duchesse - Voyage au coeur de l'artisanat d'art... de Berengere Desmettre
« Le premier mouchoir célèbre qui tombe à mes pieds et dans mon coeur est celui de la duchesse de Chevreuse" (p. 19).



Quand, à 10 ans, vous rêvez qu'un mousquetaire garde votre mouchoir brodé en souvenir de vos amours, quand Tintin, reporter célèbre, devient votre héros et que George Sand, femme libre et aventureuse, est votre deuxième maman, ne vous étonnez pas de garder un esprit romanesque et curieux, butinant de-ci de-là de quoi donner corps à votre imaginaire !



C'est en tout cas l'impression qu'il me reste de cette évasion dans le monde de l'artisanat que raconte Bérengère Desmettre. Si d'emblée j'ai pu relier le mouchoir délicat, la folie des rubans, les gants raffinés, l'éventail joliment peint, d'une duchesse se pâmant en écoutant un air de clavecin ou un archet voletant sur les cordes d'un violon, j'ai eu du mal à y associer un cadran solaire, une marionnette grimaçante et des azulejos.

Mais, faut-il nécessairement un lien pour parcourir les mille et une facettes de l'artisanat ? La preuve que non. le livre de Bérengère Desmettre ne doit pas être lu d'une traite, dans un enchaînement logique. C'est une promenade sans boussole qui permet le dépaysement au fil des pages, la rencontre avec un tailleur de pierre ou un fabricant de cannes, où l'odeur de la cire d'abeille s'accommode des santons de la crèche, où de jolis oiseaux empaillés écoutent sans trilles les sons harmonieux d'une boîte à musique.



Tout ceci est un vagabondage à travers la perpétuation d'objets anciens, techniques, usuels, ludiques, évanescents, c'est une flânerie poétique et fantasque sur papier glacé qui n'est pas que futile ; il est complété par un glossaire richement fourni et des adresses de musées ou d'artisans souvent bien efficaces si l'on veut connaître l'utilité d'un objet qui se transmet à travers le temps ou si l'on cherche à réparer une vieille girouette. Ma préférence va à la fabrication et au langage de l'éventail aussi imagé que celui des fleurs.



Que serait l‘objet d'art sans l'image correspondante ? de belles photos agrémentent les textes comme aussi des citations d'oeuvres classiques.



Il n'est pas nécessaire de posséder une rapière à la garde ciselée pour conserver dans un coffret de bois précieux le mouchoir au chiffre d'une bien-aimée. Ni d'être en amour avec Alexandre Dumas ou George Sand. Ni même d'être propriétaire d'un cabinet de curiosités. le plaisir des yeux suffit. La passion de l'auteure est partout, souvent enfantine dans la confidence, mais elle sait se faire plus soignée dans l'analyse de l'objet.



Un tout grand merci à l'opération Masse Critique à aux éditions Riveneuve qui m'ont permis ces détours dans le petit monde du savoir-faire des artisans.

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chrisylivres
29 juin 2017
Les contes de Perrault sur le divan de Pierre Sultan
Dès la fin du 19 e siècle, les contes de fées ont fait l’objet d’études. En effet, ils intriguent. Ce sont des histoires que l’on raconte aux enfants, des histoires où il se passe des choses horribles : des parents qui perdent leur progéniture dans la forêt volontairement, des maris meurtriers…. Mais ces histoires sont racontées sur un ton badin.

Dans cet essai, les explications sont claires et je pense pertinentes sauf l’analyse du conte du petit chaperon rouge qui me laisse perplexe : « l’histoire du Petit Chaperon rouge et les versions orales dont elle est issue mettent en scène cette trop grande proximité des corps où le mélange entraîne l’abrasion du singulier et la confusion identitaire. » Par ailleurs, la version originale est beaucoup plus violente. Le Petit Chaperon rouge des versions orales dévorait la chair de sa mère-grand et s'abreuvait de son sang.

Perrault a adapté des contes de tradition orale au public de la cour. Il ajoute des glaces et des parquets au logis de Cendrillon, restitue l'action du Petit Poucet à l'époque de la grande famine de 1693. Il enlève les éléments du conte pouvant choquer. Il les agrémente d’humour : « Le prince et sa belle "ne dormirent pas beaucoup" après leurs retrouvailles. » pour rappeler l’origine orale du conte, il introduit des tournures de phrase vieillies ou archaïques, « tirer la bobinette et la chevillette cherra ».

C’est un contemporain de Jean de la Fontaine. Les contes clos par une morale sont à la mode. Avec la particularité que Perrault défend la supériorité des auteurs modernes sur les anciens. Aussi, ses histoires sont inspirées par la culture orale.

Pierre Sultan a inclus cette composante dans ses analyses. Aussi, j’ai particulièrement apprécié son analyse de « la belle au bois dormant ». Il fait le parallèle avec l’histoire de Catherine de Médicis. « La mise en perspective de ces monarques de conte avec l’histoire de France du XVIe siècle nous permettra d’éclairer différemment certains mécanismes restés obscurs jusqu’ici. »

Les autres études tiennent également compte de l’histoire de France et du milieu dans lequel évolue l’auteur, comme le conte du chat botté où il égratigne la cour (en 1683, suite à la mort de Colbert son protecteur, il est jeté de toutes ses fonctions et même de l’académie).

Il a étudié les 7 contes les plus célèbres de Charles Perrault, lui rendant ainsi hommage alors que Bruno Bettelheim s’en était complètement désintéressé. Ses analyses apportent une lumière nouvelle à ces contes que l’on connaît par cœur et qui continuent à nous parler. Passionnant, distrayant !


Lien : https://chrisylitterature.jo..
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