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Critique de LaGeekosophe


LaGeekosophe
  21 janvier 2018
Amoureuse de l'Irlande, je souhaitais continuer mes lectures d'auteurs originaires de l'île d'émeraude avec Cecelia Ahern. Plus connue pour ses romans contemporains, romances ou chick-lit, j'ai découvert qu'elle avait écrit une dystopie young adult qui n'avait pas fait tant de bruit. Du coup, je suis allée voir par curiosité. Qu'en est-il ?

J'ai beaucoup apprécié cette lecture. Même si l'écriture reste simple et fluide, l'auteure parvient à développer des thèmes intéressants : notamment sur l'éthique, le respect des règles et le conformisme. La société décrite est née peu après les scandales financiers. Basée sur un principe de moralité stricte, elle punit les individus ayant commis des erreurs (mensonges, trahison, manque de loyauté...) qui ne sont pas à proprement parler des crimes. Les coupables se voient marqués au fer rouge et doivent ensuite obéir à des règles qui les mettent au ban de la communauté.

Dans un premier temps, j'ai trouvé ce système un peu excessif et pas très crédible dans le sens où cela dépassait le sens commun. Mais lorsqu'on sait que d'autres sociétés pratiquaient des punitions similaires (prenons la lapidation) jusqu'à il y a une dizaine d'années et toujours aujourd'hui, ça ne semble pas si fantaisiste. D'autant plus que la réponse aux abus exposés reste très proche de nous, personne n'est assez naïf pour s'imaginer que les organismes financiers ont cessé toute pratique frauduleuse pour s'engraisser. Je m'égare ? Non, car je trouve que Cecelia Ahern a eu l'idée habile de créer un système défendable au niveau éthique : un individu qui blesse volontairement un autre mérite-il de vivre encore en société ? Là où le système de Destiny devient pervers est que même lorsqu'on parle d'erreur et non de faute morale, la punition est la même. Nous sommes privés de deuxième chance.

L'autre point fort du livre est de développer des personnages cohérents. Celestine, notre héroïne, appartient clairement à la classe dominante de la société. Elle soutient donc naturellement un système qu'elle estime juste car elle n'a jamais eu à passer de l'autre côté de la barrière. Un système où elle est privilégiée depuis sa naissance. Ensuite, elle est d'autant plus acquise à la cause du gouvernement qu'elle tend à avoir une vision très manichéenne de la société. Il y a le bien, le mal, la perfection, l'imperfection. Celestine est par nature très cartésienne. Ce n'est pas une rêveuse, c'est une pragmatique. Elle estime donc que le monde dans lequel évolue punie les gens qui ont commis une faute (ou une erreur) et que c'est mérité. Ce n'est pas une personne qui a tendance à la rébellion ou qui va à l'encontre des règles, contrairement à de nombreuses autres dystopies où le héros est déjà un élément perturbateur.

Mais elle fait preuve de logique et de bon sens, et elle tentera de s'opposer à la première injustice à laquelle elle sera confrontée. Une erreur qui mettra en lumière les failles du système qu'elle défendait. La société est injuste et corrompue. Les gens qui la soutiennent se targuent d'être parfaits, traitent les autres en bouc émissaire pour ne pas avoir à se remettre en question. Destiny dénonce une société qui manque d'empathie, les personnes qui préfèrent se cacher derrière le système plutôt que de réfléchir et de voir les défauts de la société dans laquelle ils évoluent.

En ce sens, ce roman allie la fluidité d'une lecture Young Adult, avec ces personnages jeunes et rebelles, à une critique plus profonde qu'il n'y paraît sur certaines tendances de la sociétés et de la pensée humaine. Une bonne lecture si vous étiez en manque de dystopies Young Adult de bonne facture.
Lien : https://lageekosophe.com/
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