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Critique de Colibrille


Colibrille
  21 janvier 2015
La très belle couverture de cet album nous plonge immédiatement dans le vif du sujet, à savoir, la bande dessinée belge ! On reconnaît sur cette couverture quelques uns des classiques qui ont construit l'histoire de la BD belge et qui sont encore la source d'inspiration de bien des auteurs : La marque jaune, le silence, Les tuniques bleues, les Dalton, les Schtroumpfs...

Cet ouvrage, à mi-chemin, entre catalogue d'exposition, histoire et critique, propose une approche originale de la BD belge. A travers la reproduction partielle de la magnifique collection de planches originales du musée des Beaux-Arts de Liège, divers auteurs prennent la parole pour nous parler de la naissance de la bande dessinée belge et ses figures emblématiques.

Qui dit "naissance de la BD" dit bien évidemment "journaux". Car c'est d'abord dans la presse que la bande dessinée acquiert ses lettres noblesses. Les auteurs évoquent bien évidemment le Journal de Tintin (dirigé par Hergé) et le Journal de Spirou (dirigé par Jijé), les deux premiers magazines qui ont contribué à l'essor de la bande dessinée belge. Entre ces deux journaux, c'est moins une concurrence commerciale qui s'installe plutôt qu'une concurrence esthétique. Hergé et Jijé s'entourent chacun de jeunes auteurs prometteurs partageant la même esthétique, la même vision de la BD qu'eux. Ainsi s'affirment deux écoles : l'école de Bruxelles, avec Hergé pour figure de proue, et l'école de Marcinelle, menée par Jijé.

Il n'y a pas de doute, la bande dessinée est un art. de nos jours, tout le monde (ou presque... il y a toujours d'irréductibles imbéciles) s'accorde sur ce point. Pourtant, cela n'a pas toujours été le cas. Il a fallu vaincre bien des préjugés avant qu'elle soit reconnue comme un art à part entière. Cette partie de l'album, interrogeant la notion d'Art de la bande dessinée, est captivante car elle nous replonge vraiment dans le contexte historique de l'époque et nous rappelle que la BD était alors loin d'être perçue positivement.

Un des nombreux autres points positifs de cet album est qu'il aborde l'aspect commercial de la bande dessinée, et plus particulièrement la valeur financière que les originaux ont acquis au fils des ans. Au tout début de l'histoire de la BD, des planches originales pouvaient s'acheter pour quelques dizaines d'euros. Si, si, je vous assure ! Jijé lui-même vendait ses planches une cinquantaine d'euros. Désormais, il faut plutôt compter des centaines d'euros (sans parler des oeuvres d'auteurs devenus célébrissimes où les chiffres peuvent s'envoler jusqu'au million...)

La dernière partie de l'ouvrage est sans conteste ma préférée. Cette partie, intitulée "Des auteurs d'aujourd'hui lisent des auteurs d'hier", propose de découvrir une planche originale et l'analyse qu'en fait un auteur contemporain. L'exercice est des plus stimulants. A la vue des planches, les auteurs nous livrent leur analyse et expriment leur émotion face à des planches qu'ils considèrent comme exemplaires. On se rend alors compte que, bien trop souvent, nous lisons les planches en oubliant de les regarder ! La composition d'une planche est tout aussi essentielle que le texte qui s'inscrit dans les bulles. Si le texte est juste mais que la composition (choix des plans - large, moyen, gros plan, plongée - taille des cases, nombre de cases etc.) ne l'est pas, la magie n'opèrera pas. Désormais, je prêterai plus d'attention à cette composition des planches qui rend le récit vivant.

Merci à Babelio et aux éditions Impressions Nouvelles de m'avoir permis de lire ce passionnant ouvrage. Je le recommande à tous les passionnés de bande dessinée mais aussi à ceux qui aimerait découvrir ou redécouvrir l'histoire de cet art populaire.
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