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Critique de Calimero29


Calimero29
  01 février 2018
Découverte de cette auteure et énorme coup de coeur pour ce livre poignant, tout en tension psychologique ou comment une femme aimante (Emilie) sombre petit à petit, dominée par un mari pervers narcissique (Bernard).
Il s'agit de violence conjugale même si elle n'est pas physique mais les mêmes ressorts sont à l'oeuvre : Bernard veut partir à la campagne, Emilie est isolée de sa famille, de son amie; elle arrête de travailler; Bernard lui impose de plus en plus de choses inacceptables : héberger des femmes dont il fait ses maîtresses devant sa femme pour qu'elles lui servent soi-disant d'amies afin de combattre sa solitude, puis ne plus être associée aux sortie, puis devoir accepter les enfants d'une de ses "amies", puis céder sa chambre, puis être enfermée sans autre visite que Bernard et son bouillon de légumes assaisonnée de gélules.
Chaque fois, elle souffre terriblement mais accepte car c'est elle l'épouse et qu'elle est persuadée que Bernard lui reviendra toujours si elle lui fait plaisir. Bernard augmente alors chaque fois d'un cran les humiliations, la violence psychologique jusqu'à ce qu'Emilie abandonne toute volonté de résistance; elle se dévalue, se trouve veule, pleureuse, jalouse; alors qu'elle dépérit, Bernard,lui, est le mâle sûr de lui, aux conquêtes nombreuses qui lui permettent de se croire un être exceptionnel. On dirait une mante religieuse homme qui se nourrit de sa partenaire jusqu'à la dévorer.
Emilie a deux enfants qui sont présents les premières années après l'installation à la campagne; Laura, la fille, a compris la situation est essaye de remuer sa mère; nous avons envie de crier avec elle, de remuer Emilie. Complètement sous l'emprise de son mari, elle n'écoute pas sa fille qui de guerre lasse, commence à mépriser sa mère pour sa lâcheté ce qui isole encore plus Emilie puis elle finit par quitter la maison tout comme son frère Paul, plus jeune, qui a bien senti que quelque chose d'anormal se passait dans sa famille avec toutes ces "taties" qui s'installaient chez eux, partaient, suivies d'une nouvelle tatie. Emilie est alors complètement livrée à la perversion de son bourreau. Elle sera sauvée in extrémis et ses enfants la défendront alors contre leur père contre son gré, elle qui continuait à aimer son mari et à vouloir retourner avec lui.
Cette mécanique implacable qui asservit, annihile toute volonté, conduit à une auto-dévaluation est parfaitement rendue par Alma Brami; c'est d'autant plus glaçant que tout le récit est raconté par Emilie elle-même qui accepte tout ce que son mari lui fait endurer et l'excuse, le comprend. On assiste impuissant à la lente déchéance de cett femme, sous l'emprise d'un monstre.
Ce roman m'a marquée encore plus qu'un article ou un reportage sur la violence psychologique et c'est tout le talent d'Alma Brami que d'instiller un climat de tension extrême sans que jamais il n'y ait de violence physique. On s'identifie à cette femme que l'on veut sauver malgré elle.
Une vraie réussite. Un beau roman. Une lecture qui restera gravée dans mes meilleurs souvenirs littéraires.
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