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Critique de April-the-seven


April-the-seven
  16 décembre 2015
Un très grand merci aux Éditions Michel Lafon et Camille de m'avoir envoyé ce roman, dans le cadre de notre partenariat. C'est vrai, je lis peu d'histoires basées sur des faits réels, mais j'avais envie de me faire une idée sur la question. D'autant plus que je n'avais jamais entendu parler de cet événement qui avait fait grand bruit à l'époque.

Dans ce livre, Philippe Brassart retrace le périple de six Indiens issus du peuple osage au XIXème siècle. Leur voyage les amène au Havre, en France, avec dans l'idée de rencontrer le Grand-Père Blanc (le roi de France) et surtout de découvrir la culture occidentale. de déconvenue en déconvenue et de découvertes en surprises, les osages vont traverser bien des endroits et surtout croiser bien des visages. Ils connaîtront un succès sans précédent où les gens les traiteront en prince et en princesse, et seront aussi exhibés comme des bêtes curieuses dans une foire aux monstres. Sur des terres froides et sans coeur, l'auteur nous dépeint notre propre culture, à travers les yeux de six prétendus sauvages.

Si je m'étais seulement attendue à ce charivari d'émotions, à ce bouleversement… le voyage chez les Yeux-Pâles ne m'a pas laissée indifférente, on peut le dire ! Ma lecture a été aussi grisante que stupéfiante. J'ai été sidérée par le genre humain, celui que l'on cultive dans notre société qui se veut idéale.

Mais commençons d'abord par les Indiens. Au nombre de six, on apprend progressivement à les connaître, à saisir leurs tempéraments et je ne vais pas vous mentir : ils m'ont touchée en plein coeur. Ils sont déconcertants dans leur façon de voir le monde et s'arrêtent sur des choses qui nous, occidentaux, nous semblent parfaitement normales. Ils remettent en question des principes auxquels on n'avait jamais réfléchi et démontent des théories avec une candeur désarmante. Ces Amérindiens communient avec la nature et ont appris à aimer la vie comme elle est, sans chercher à bouleverser son sens. Ils forment un contraste monumental avec les Français qui croisent leur route.

C'est là que je vais être un peu moins calme. J'ai tout bonnement été écoeurée (et encore, le mot est faible) par la suffisance des Français. Lorsque les osages arrivent sur leur terre, ils sont traités avec suffisance, sont raillés par les journalistes et font l'objet de nombreux quolibets. Les osages cherchent sincèrement à comprendre leur mode de vie, mais leurs croyances et leur manière de considérer le monde ne sont écoutées que d'une oreille distraite. Alors qu'ils sont splendides dans leur simplicité.

Au lieu de saisir la beauté qu'ils dégagent, la plupart des Français, les rapaces en puissance, essaient de surfer sur cette vague de célébrité afin de se remplir les fouilles. Et comme il fallait s'y attendre, l'engouement qu'ils finissent par engendrer s'estompe, au point que ses “sauvages” deviennent des indésirables. C'est là qu'on se pose deux minutes et qu'on se dit : “Mais c'est quoi notre problème, à nous les occidentaux” ? D'où vient cette prétendue supériorité qui nous donne le droit de malmener de simples visiteurs, venus de contrées lointaines, aux coutumes fascinantes, au mode de vie qui force le respect… Quand on voit que les premiers temps, ces gens-là défrayent la chronique et puis quelques mois plus tard… plus rien, on est en droit de se poser des questions sur cet égoïsme à grande échelle.

Je ne m'attendais pas à être autant passionnée par le sujet, à vrai dire. Ce livre m'a permis d'apprendre énormément de choses, j'ai emmagasiné des histoires passionnantes et j'ai adoré ces six osages qui étaient très touchants. Leur bonté n'est pas feinte, leur naïveté, elle, ne s'arrête qu'aux portes de cette société qui bouge trop vite. En réalité, ce sont eux qui ont tout compris. Ils s'émerveillent d'un rien et nous émerveille, nous aussi.

Et même si on se sent bien souvent en colère pour eux, avec des désirs de revanche, il n'empêche que certaines personnes bien intentionnées peuvent arriver là où on ne les attend pas. À travers cette histoire, Philippe Brassart redonne espoir en le genre humain. Merci pour ça, car ça m'a vraiment pris aux tripes.

En résumé, le voyage chez les Yeux-Pâles est un carton plein ! C'est un roman qui s'inscrit dans une réalité pas toujours rose, mais qui nous prend tout entier et nous empêche de le lâcher. Grâce à cette histoire, j'ai appris un nombre incalculable de choses et j'ai été conquise du début à la fin. Ne laissez pas ce roman vous passer sous le nez, derrière cette couverture un peu austère se cache un véritable bûcher ardent !

Lien : http://april-the-seven.weebl..
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