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Critique de sandrine68


sandrine68
  04 mai 2016
comme tout le monde j'imagine en ce moment, je m'interroge sur les dérives sectaires, et la manière dont la religion (qui à la base diffuse un message d'amour) sert de prétexte aux pires atrocités.
Ce livre a l'avantage de rompre avec des préjugés qui présentent les terroristes comme des personnes pas éduquées, qui ne réfléchissent pas, influençables, dérangées psychologiquement... en fait l'auteur montre que ce sont souvent des gens élevés dans des bons milieux sociaux, parfois laïcs, qui ont fait des études. C'est justement parce qu'ils sont instruits qu'ils ont l'esprit disponible pour un nouveau mode de pensée qui remet en cause la vérité officielle et une argumentation qui sait se rendre séduisante. Internet va permettre de diffuser des thèses qui grâce à une clarification cognitive offrent une vision simple et rassurante de la vie moderne complexe et frustrante.
L'auteur définit le terrorisme comme "une adhésion inconditionnelle à un énoncé théorique qui entraine des conséquences pratiques"
Il cite en exemple des sectes, comme le Temple solaire, qui ont conduit leurs membres à des actes terroristes ou à des suicides collectifs.
Il explique comment des personnes peuvent se mettre à croire au surnaturel en raison des statistiques (même un voyant amateur ne peut pas se tromper tout le temps...). du coup, un événement anodin peut être interprété comme un signe du destin. La personne se sent élue, mise en valeur. Les explications monocausales offrent une vision du monde rassurante.
De plus, le raisonnement des sectes procède par étapes. C'est la loi de la grenouille ébouillantée ou de m'escalier, on ne s'aperçoit de rien au début, on admet des petites vérités. L'exemple de l'art moderne est amusant: l'auteur montre comment au début, les artistes prennent leurs distances avec la tradition pour peu à peu arriver vers des oeuvres aberrantes qui n'ont plus grand chose à voir avec l'art et la quête du beau (par exemple, les 90 boîtes de "merde d'artiste" produties parManzoni en 1961)
L'initiateur montre la conformité d'un idéal (la démocratie) avec la réalité (les inégalités, la pauvreté), utilisant les rancoeurs créées par une société où beaucoup de personnes se sentent éligibles sans que le nombre global d'élus augmentent. Par exemple, le nombre de bacheliers et d'étudiants a explosé, mais à l'arrivée, combien accèdent à des carrières prestigieuses? Ensuite, le conformisme avec le groupe d'adoption fait le reste.
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