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Critique de JIEMDE


JIEMDE
  30 avril 2018
Une nuit et deux vies ; une nuit et deux souffrances ; une nuit et deux cris ; une nuit et... une rédemption. Sale Boulot de Larry Brown, vous fait passer une nuit pas comme les autres.

War is a dirty job but somebody has to do it ! Et en l'occurrence, Braiden et Walter l'ont fait ce sale boulot, il y a un peu plus de vingt ans, au Vietnam. Et ont eu la chance d'en revenir. La chance ? Pas si sûr.

Car Braiden n'a plus ni bras, ni jambes, cloué 24h/24 sur un lit d'hôpital militaire au sein duquel Diva, infirmière black au grand coeur, tente d'apaiser son quotidien. Comme ses membres ne fonctionnent plus, la tête de Braiden devient son outil de mobilité, lui permettant de s'évader vers son Afrique ancestrale où il déroule sa vie non vécue, ou de dialoguer en direct avec Jésus sur le sens de la vie et l'abrogation de ses souffrances.

Walter a tous ses membres, mais le visage quasi-défiguré et sa tête lui joue des tours à travers des fulgurances amnésiques et traumatiques que son alcoolisme chronique n'arrange pas. Sa vie a t-elle plus de sens que celle de Braiden ? Pas sûr. Sauf que depuis peu, il a rencontré Beth...

C'est une énième crise qui va amener le temps d'une nuit Walter sur le lit voisin de Braiden. Ils vont s'observer, se jauger, puis converser et s'apprivoiser. La bière et le shit aidant, le passé va se verbaliser sans pour autant jamais s'expier.

Larry Brown nous parle de la guerre, un peu ; mais aussi des souffrances qu'elle inflige à des hommes dont la génération ascendante avait déjà été marquée par les mêmes séquelles ; mais aussi de ces américains délaissés du grand sud, si loin de Washington, végétant dans leur misère jusqu'à ce que l'oncle Sam ait besoin d'eux. Ailleurs. Un coin des États-Unis où noirs et blancs commencent tout juste à essayer de bien vivre ensemble, où la récolte du coton est encore une forme d'esclavage des temps modernes, où les différends se règlent entre hommes, et rarement par le compromis.

Et en toile de fond de Sale boulot, il y a l'après, le repos de l'âme, la rédemption. Braiden l'implore de Jésus et de ses anges. Walter a mis 22 ans à trouver sa lueur d'espoir avec Beth, deux souffrances appelées à se rejoindre. Si la vie le permet...

Sale boulot est un grand livre de guerre, atypique et attachant par ses deux personnages, où Brown écrit comme ils parlent : direct, haché, sans mot de trop. Mention particulière donc à Francis Kerline pour sa traduction qui donne un atout supplémentaire à cette belle histoire noire.
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